Adoption du projet de loi bioéthique : qu'ont voté vos députés de Centre-Val de Loire ?

Les députés ont adopté à une large majorité le projet de loi bioéthique en première lecture mardi 15 octobre. Dans cette loi figure notamment le droit à l’assistance médicale à la procréation pour les couples lesbiens et les femmes seules.

473 suffrages ont été exprimés lors du vote sur la loi bioéthique en première lecture.
473 suffrages ont été exprimés lors du vote sur la loi bioéthique en première lecture. © Alexis Sciard - MAXPPP
Emmanuel Macron est en passe de respecter une de ses promesses de campagne. Le projet de loi bioéthique a été adopté en première lecture à une large majorité (359 pour, 114 contre) à l'Assemblée nationale mardi 15 octobre. Ce texte élargit notamment la procréation médicalement assistée (PMA) ou assistance médicale à la procréation (AMP) aux femmes seules et aux couples de femmes homosexuelles.

Si les trois premiers articles ont attiré l'attention médiatique et politique, d'autres concernent la recherche et l'évolution de la science. "Le texte a été polarisé sur les trois premiers articles, les plus importants sont peut-être ailleurs", regrette François Jolivet, seul député LREM de la région Centre-Val de Loire à s'être prononcé contre le texte. Le texte a été modifié à partir d'amendements venus de députés de l'ensemble du spectre politique.


Comment ont voté vos députés ?

Tous les députés de la région étaient dans l'hémicycle ou se sont fait représenter pour exprimer leur suffrage. Liberté totale a été accordée aux députés de la majorité La République en marche.

François Jolivet fait partie des 8 marcheurs à s'être prononcés contre ce texte. C'est le seul de la région. Son principal argument : l'ouverture de la PMA aux femmes seules. "La PMA pour deux femmes, je suis pour. Mais je ne crois pas au projet parental pour les femmes seules. Il y a pour moi un problème de fond. Qu'est-ce qui va par exemple advenir d'une jeune femme de 18 ans, seule, qui fait recours à la PMA ? Je n'ai pas la réponse, mais je ne crois pas à ce point", explique le député de l'Indre qui ne souhaitait pas pour autant s'abstenir. "Je ne crois pas qu'il faille s'abstenir sur des questions sociétales." 

L'élu, qui se dit favorable à la majorité des articles et loyal envers le programme présidentiel, affirme avoir voté "en conscience". Si Loïc Kervran s'est abstenu, les autres députés LREM ont voté pour ce texte, comme 250 des 304 membres du parti présidentiel. Les députés de droite sont plus vigoureusement opposés au projet. Les sept élus de la région ont voté contre - seuls douze suffrages pour sur 104 au niveau national. Chez les UDI, Sophie Auconie s'est abstenue et Pascal Brindeau a voté contre. Ce dernier craint, comme le nouveau président de LR Christian Jacob, que l'adoption de la PMA entraîne celle de la GPA ou "d'autres demandes sociétales. On ouvre des portes notamment à un courant en faveur d'une libéralisation totale de la filiation et de la famille. La PMA déstructure le droit de la filiation".
  L'élu UDI tenait également à revenir sur d'autres articles, plus méconnus qui fragiliseraient "les principes éthiques, le respect de la dignité humaine, et la marchandisation des humains". Il fait notamment référence à l'autorisation d'implantation de cellules embryonnaires humaines dans des cellules animales à des fins de recherche. Il souhaitait, en vain, qu'une limite de développement de l'embryon soit fixée.

Le texte se dirige désormais vers le Sénat, où les élus Les Républicains sont majoritaires. Avant une éventuelle deuxième lecture. "Ce n'est pas parce que le texte est passé en première lecture qu'on ne peut pas affirmer et défendre nos convictions", conclut Pascal Brindeau.
 

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Ils ont voté contre : 
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