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CARTE. Les départements qui prévoient de rester à 80 km/h et ceux qui reviendront aux 90 km/h

Les routes secondaires en France limitées à 80km/h depuis juillet 2018 / © Johan BEN AZZOUZ - Max PPP
Les routes secondaires en France limitées à 80km/h depuis juillet 2018 / © Johan BEN AZZOUZ - Max PPP

Certains départements ont bataillé dur pour revenir sur le passage des 90 au 80 km/h. En Centre-Val de Loire par exemple, les contestataires étaient en majorité. Deux départements sur six s'interrogent encore sur leur position de revenir sur la mesure ou non.  

Par Fabienne Marcel

A peine un an après la mise en place des 80 km/h sur les routes départementales par le gouvernement d'Édouard Philippe, certains départements vont finalement faire le choix de revenir à l'ancienne limitation. 400.000 kilomètres de routes secondaires à double sens et sans séparateur central sont concernées par cet amendement au projet de loi d'orientation des mobilités.
La loi doit être promulguée pour que les départements reviennent aux 90 km/h. Si pour l'heure, plusieurs département comptent bien aller, au moins, jusqu'au bout de l'expérimentation jusqu'à l'été 2020 avant de trancher, nos confrères de France Inter en ont recensé sept, une majorité de départements ont d'ors-et-déjà déclaré qu'ils revenaient aux 90 km/h.  

En Centre-Val de Loire, les premiers présidents de Conseil départementaux à s'être déclarés favorables au retour aux 90 km/ sont les présidents de l'Indre et du Loir-et-Cher. Il faut dire que dans l'Indre, les voies secondaires représentent 98 % du réseau routier. Dès juillet 2018, le département avait demandé que la mesure ne soit pas mise en place. Le Premier ministre, avait, en janvier 2019, défendu le bilan de sa mesure impopulaire au regard des chiffres de la mortalité sur les routes. 

En 2018, c'est un fait, sur le réseau à 80 km/h, il y a eu 116 morts en moins. C'est pas rien, 116 morts en moins,

avait alors déclaré Edouard Philippe.

L'hésitation de l'Eure-et-Loir et de l'Indre-et-Loire

Responsabilité trop grande, logistique trop complexe voire coûts trop importants, il y a des conseils départementaux réfractaires au recul du gouvernement. Ils vont donc maintenir la mesure des 80 km/h. Pour l'instant ils seraient 7. Et puis, il y a ceux qui hésitent. L'Eure-et-Loir  fait partie de ces départements. Pour l'heure, Claude Térouinard (LR), président du Conseil départemental d’Eure-et-Loir a demandé à Daniel Guéret, vice-président en charge des Relations extérieures et institutionnelles, de piloter une mission d’évaluation relative à la limitation de vitesse sur les routes départementales. 
La Touraine aussi n'a pas encore pris une décision. 

Quand les élus pourront-ils repasser à 90 km/h ?

Après l'annonce faite par le Premier ministre le 17 mai, les députés ont voté en commission un amendement au projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) permettant aux exécutifs départementaux de déroger aux 80 km/h sur les routes secondaires qu’ils gèrent. Le 18 juin 2019, le projet de loi a été adopté, en première lecture, avec modifications, par l’Assemblée nationale. 

Avant qu’un changement de la limitation de vitesse entre en vigueur, il faut que la loi soit votée, promulguée et que la procédure (de dérogation aux 80 km/h, ndlr) qui sera fixée dans la loi soit suivie,

rappelle le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. 

Sur notre carte ci-dessous, vous pouvez découvrir la position de chaque département. 17 départements restent pour l'heure incertains de revenir sur la limitation de vitesse (Somme, Seine-Maritime, Aisne, Val d'Oise, Eure-et-Loir, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Doubs, Savoie, Lot et Garonne, Gironde, Landes, Ariège, Lot, Lozère, Bouches-du-Rhône, Alpes-de Hautes Provence). 

Ceux qui restent à 80 km/h : les Ardennes, le Gard, la Loire-Atlantique, la Meurthe-et-Moselle, les Pyrénées-Orientales, le Rhône et le Var.
Les autres départements repassent à 90 km/h. 

Evolution de la mortalité sur les routes 2010-2018 : une baisse globale

Un premier rapport d'évaluation, confié à trois organismes le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), l'ONISR (L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière) et l'Ifsttar, (l’Institut français des sciences et technologies des transports), a confirmé la déclaration du Premier ministre sur la baisse de la mortalité sur les routes  : "La comparaison de la mortalité hors agglo avec celle de l’ensemble des autres réseaux de France métropolitaine permet d’objectiver l’efficacité de la mesure 80 km/h. La mortalité baisse partout de fin 2017 à mi 2018, mais seulement hors agglo au 2e semestre 2018." Le détail de cette évolution de la mortalité à voir sur la carte ci-dessous. 
Pour chaque accident corporel (soit un accident survenu sur une voie ouverte à la circulation publique, impliquant au moins un véhicule et ayant fait au moins une victime ayant nécessité des soins), des saisies d’information décrivant l’accident sont effectuées par l’unité des forces de l’ordre (police, gendarmerie, etc.) qui est intervenue sur le lieu de l’accident. Ces saisies sont rassemblées dans une fiche intitulée bulletin d’analyse des accidents corporels. L’ensemble de ces fiches constitue le fichier national des accidents corporels de la circulation dit " Fichier BAAC " administré par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière "ONISR". / © BAAC (Base de données accidents corporels de la circulation)
Pour chaque accident corporel (soit un accident survenu sur une voie ouverte à la circulation publique, impliquant au moins un véhicule et ayant fait au moins une victime ayant nécessité des soins), des saisies d’information décrivant l’accident sont effectuées par l’unité des forces de l’ordre (police, gendarmerie, etc.) qui est intervenue sur le lieu de l’accident. Ces saisies sont rassemblées dans une fiche intitulée bulletin d’analyse des accidents corporels. L’ensemble de ces fiches constitue le fichier national des accidents corporels de la circulation dit " Fichier BAAC " administré par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière "ONISR". / © BAAC (Base de données accidents corporels de la circulation)



 









 

 

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