Centre-Val de Loire : les arboriculteurs et viticulteurs luttent contre le risque de gel

L'aspersion est une technique qui permet de protéger les bourgeons du gel, en protégeant le végétal par une poche de glace. / © Alain Heudes / France Télévisions
L'aspersion est une technique qui permet de protéger les bourgeons du gel, en protégeant le végétal par une poche de glace. / © Alain Heudes / France Télévisions

Alors que des risques de gelées sont annoncées cette semaine sur la région Centre-Val de Loire, les arboriculteurs et viticulteurs mettent en place des dispositifs pour éviter de perdre en une nuit l’ensemble de leur récolte. Car les bourgeons sortent plus tôt que d'habitude.

Par Julie Postollec

- 4°C la nuit, c’est ce qu’attend dans le secteur de Jargeau Nicolas Gidoin. Cet arboriculteur cultive des pommes, poires, abricots, cerises et prunes à Férolles (Loiret).
Dans la nuit du lundi 23 au mardi 24, il a déjà protégé 12 hectares de ces arbres fruitiers, grâce à plusieurs systèmes, qu’il nous détaille.

Le système majoritaire c’est l’aspersion, c’est-à-dire qu’on arrose par-dessus le verger. L’eau qui tombe se transforme en glace, vu qu’il gèle. Au milieu de la poche de glace qui se forme autour du végétal, il fait moins froid qu’à l’extérieur, un peu comme au milieu d’un igloo.

Bougies et machines soufflantes

Nicolas Gidoin utilise aussi des bougies pour les plantes qui ne supportent pas l’eau, c’est-à-dire

un pot de cinq litres de paraffine permet de ‘chauffer’ le verger. On a aussi des machines qui soufflent de l’air chaud, qui marchent soit au gaz soit au bois.

L’arboriculteur s’attend pour les trois nuits qui arrivent à "se prendre la même chose avec des températures qui vont atteindre les - 4°C".

Comme on a une masse d’air froide qui descend du Nord-Est, c’est très froid donc on est obligés de protéger.

On retrouve en effet cette information climatique sur ce tweet de l’association Météo Centre.
 

Des tours anti-gel dans les vignes

Les arboriculteurs du Loiret ne sont pas les seuls concernés, les viticulteurs aussi ont protégé leurs vignes la nuit dernière. 

Dominique Girault, vigneron à Noyers-sur-Cher, est le président de la CUMA (coopérative d’utilisation de matériel agricole) Protect’gel dans le Loir-et-Cher.

Lui a fait fonctionner des tours anti-gel, ou tours à vent :

L’air froid est plus lourd que l’air chaud, donc s’il y a -2°C au sol, à une vingtaine de mètres d’altitude, la température est positive. Le principe des tours est donc de brasser l’air pour homogénéiser les couches d’air, et par conséquent rendre l’atmosphère moins froide dans les vignes.

En plus ça crée du vent et ça assèche. Et un bourgeon sec est moins sensible au gel, ajoute Dominique Girault.

La première fois en mars

Si ce dispositif existe depuis 2004, notamment dans la Vallée du Cher, "c’est la première fois qu’on le met en route au mois de mars, car la végétation est très en avance".

On n’a pas eu d’hiver, précise-t-il. Nos vignes ont démarré, c’est-à-dire que sur certaines variétés on voit déjà les feuilles sur les bourgeons, alors que normalement c’est au 15 avril que c’est comme ça. Donc on a 3 semaines d’avance.

Grâce aux tours anti-gel, il n’y a pas de dégât constaté, mais les viticulteurs craignent les jours voire les semaines à venir, car les risque de gelées vont durer jusqu’à début mai.

C’est une période stressante car en une mâtinée , on peut perdre toute notre récolte.

Le coronavirus plus inquiétant que le gel

Mais le gel actuel n’est pas la priorité de tous les viticulteurs. Jean-Vivien Martellière s’occupe d’une exploitation familiale à Montoire-sur-le-Loir dans le Loir-et-Cher. "On aura un peu de dégât sur les cépages précoces, comme les Chardonnay qui vont avoir pris un coup."

Mais d’après lui, les bourgeons des autres cépages seront ouverts plus tard, en mai. Or "ce sont les gelées de mai l’année dernière qui nous avaient vraiment fait du mal", se souvient-il.

Je suis personnellement plus inquiet sur le confinement. On essaye de maintenir nos entreprises. Toutes les foires au vin, salons, etc. sont annulés, on n’a aucune vente de vin.

Jean-Vivien Martellière attend donc le mois de mai. Et d’ajouter : "si l’entreprise existe à la fin de la pandémie de coronavirus".


► Reportage de France 3 Centre-Val de Loire en avril 2019 sur la lutte contre le gel dans les vignes :


 

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