"L'éducation nationale ce n'est pas un jeu", colère face aux 19 postes supprimés dans les établissements du Cher

Dans le département du Cher, la suppression de 19 postes d'enseignants est attendue dans la nouvelle carte scolaire qui sera détaillée mardi 13 février. Une situation que n'acceptent pas la centaine de parents, professeurs et élus qui ont manifesté ce dimanche.

Ils étaient une centaine, devant les locaux de la direction académique des services de l'éducation nationale du Cher, dimanche 11 février pour dire "non" à la nouvelle carte scolaire du département. "On va perdre 19 postes, c'est énorme", souligne Kévin Dupleix, co-secrétaire départemental de la FSU.

Une carte scolaire détaillée dans deux jours  

Le détail du nombre des classes ouvertes ou fermées sera annoncé mardi 13 février. "On se bat pour plus de moyens. Pour avoir une carte scolaire à peu près satisfaisante il faut 37 postes en plus", ajoute Kévin Dupleix. Aux antipodes, donc, de ce qui est prévu actuellement. 

Avoir des effectifs un peu plus allégés ça permet de travailler beaucoup mieux. 

Kévin Dupleix, enseignant et co-secrétaire départemental de la FSU

À la rentrée de septembre 2024, les classes du Cher compteront 500 enfants de moins. C'est la raison invoquée pour ainsi réorganiser les effectifs. 

Mobilisation un dimanche pour montrer la détermination

Une manifestation organisée un dimanche, ce qui est peu commun, mais voulu "pour rassembler le plus de monde possible, parents d'élèves, enseignants, élus" explique Kévin Dupleix. 

Plusieurs élus ont demandé un moratoire sur cette nouvelle carte scolaire. "Aujourd'hui on peut régler la question avec une rallonge budgétaire uniquement de 100 millions d'euros au niveau de la France. Autrement dit trois fois rien", assure Nicolas Sansu, député de la 2e circonscription du Cher. 

L'éducation nationale ce n'est pas un jeu et on ne s'amuse pas à réduire les dépenses à ce sujet.

Nicolas Sansu, député de la 2e circonscription du Cher.

"Tous les enfants ont besoin d'être bien encadrés, besoin que les enseignants soient plus nombreux et mieux formés", poursuit-il. 

Estelle Lauvrejat-Trépin, enseignante, rit jaune : "C'est facile d'avoir de la communication, de dire que l'école est une priorité, mais de ne pas mettre le budget pour avoir les moyens pour faire de l'école publique une vraie priorité". 

Un enjeu à échelle nationale

À ceux qui ont les yeux rivés sur les mauvais résultats de la France dans les études PISA elle répond : "il faut regarder le nombre d'élèves moyen dans les pays de l'OCDE, il est à 19, et en France c'est presque 22".  

"On va fermer des classes où ils sont 22 en moyenne, là où ce sont de bonnes conditions pour apprendre, c'est complètement illogique" poursuit la co-secrétaire de la FSU SNUIPP.

Des communes en danger face aux fermetures de classes

Au Chautay, 260 habitants, l'école accueille 16 élèves de la petite section jusqu'au CM2 "et on veut la fermer, se désole Mélanie Bau-Barat, parent d'élève. C'est une des dernières classes uniques du Cher". Là aussi, la raison, c'est le faible nombre d'élèves "pourtant chaque année depuis trois ans on a des effectifs qui augmentent". 

Notre école est le symbole de la vie en ruralité dans le Cher. Si elle ferme, la commune meurt avec. Chaque école qui ferme c'est un village qui se retrouve dans une situation extrêmement délicate.

Mélanie Bau-Barat, parent d'élève dans la commune de Chautay

"Mon fils a cinq ans, il est en grande section, il sait lire, parler anglais, il sait compter jusqu’à bien plus que ce que prévoient les programmes. C'est une pédagogie magnifique. La classe unique c'est une famille, des valeurs de solidarité", insiste Mélanie Bau-Barat, pancarte à la main. 

Avec Meerajh Vinayagamoorthy

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