Coronavirus : ces entreprises de la région Centre-Val de Loire mobilisées pour fabriquer du gel hydroalcoolique

Le site Boiron de Montrichard dans le Loir-et-Cher va commencer la production de gel hydro-alcoolique pour les pharmacies du Loir-et-Cher et de l'Indre-et-Loire dès mardi 24 mars. / © Marine Rondonnier-France télévisions
Le site Boiron de Montrichard dans le Loir-et-Cher va commencer la production de gel hydro-alcoolique pour les pharmacies du Loir-et-Cher et de l'Indre-et-Loire dès mardi 24 mars. / © Marine Rondonnier-France télévisions

Boiron à Montrichard, Dior à Saint-Jean-de-Braye, Givenchy et Guerlain à Chartes, Tereos à Artenay... Plusieurs entreprises de la région Centre-Val de Loire sont mobilisées pour fabriquer du gel hydroalcoolique. L'objectif : fournir les hôpitaux et les pharmacies en rupture de stock.

Par Marine Rondonnier

Nous allons d'abord pouvoir fournir les médecins généralistes et les infirmières puis la population en gel hydroalcoolique grâce à cette nouvelle fabrication. 

Parfois c'est simple comme un coup de fil. Le pharmacien de Neuvy-le-Roi en Indre-et-Loire connaît bien l'équipe du laboratoire Boiron à Montrichard.

Du gel à destination de 300 pharmacies d'Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher

Romain Pineau, pharmacien et membre du bureau du Syndicat des pharmaciens FSPF, a appelé la directrice du site du Loir-et-Cher pour lui demander si ses équipes pouvaient produire du gel hydroalcoolique en vrac.

Ce sera pour fournir du gel à environ 300 pharmacies en Indre-et-Loire et dans le Loir-et-Cher. Ensuite il sera distribué aux médecins généralistes et aux infirmières en priorité puis à la population s'il en reste.

La directrice du site Boiron de Montrichard a tout de suite accepté

Carine Jaubertie, la directrice du site Boiron à Montrichard a tout de suite accepté de produire du gel hydroalcoolique pour les pharmacies du Loir-et-Cher et d'Indre-et-Loire. Spécialiste des produits homéopathiques, le site a l'expérience des produits hyrdoalcooliques.

Produire du gel même en vrac ne se fait pas en un jour. La matière première arrive demain, mardi 24 mars, ensuite une personne travaillera à la fabrication et deux sur le conditionnement. Le gel sera conditionné dans des bidons de 5 litres.

Carine Jaubertie, directrice du site Boiron à Montrichard dans le Loir-et-Cher / © Marine Rondonnier-France Télévisions
Carine Jaubertie, directrice du site Boiron à Montrichard dans le Loir-et-Cher / © Marine Rondonnier-France Télévisions

Le gel hydroalcoolique sera prêt en début de semaine prochaine

Une fois fabriqué, le gel doit reposer 72 heures pour une maturation avant de pouvoir être utilisé.;

Les premiers bidons de 5 litres de gel hydroalcoolique seront prêts en début de semaine prochaine. Ensuite ce sont les pharmacies qui organiseront la distribution.

Le syndicat des pharmaciens va récupérer la totalité des stocks puis les grossistes vont répartir les bidons sur le territoire de façon équitable.

Il y a urgence. Les pharmaciens sont à sec. Dès les premiers jours de l'épidémie, on vendait  en moyenne 5 litres en deux jours. On a voulu en fabriquer nous-mêmes mais malgré l'autorisation des douanes, j'attends toujours ma livraison de matières premières. Je les ai commandées il y a 10 jours. Pour Boiron, c'est plus simple parce qu'ils commandent de grandes quantités.

raconte Romain Pineau, pharmacien à Neuvy-le-Roi en Indre-et-Loire. 

Il conclut avec une pensée pour les salariés de Boiron à Montrichard :

Je les trouve tellement courageux et je voulais les remercier. Alors qu'ils ont appris il y a à peine dix jours que leur site allait fermer fin 2021, ils sont mobilisés pour fabriquer du gel et continuent à travailler avec toute la motivation qu'on leur connaît. Merci à eux vraiment.

Les entreprises de la filière cosmétique autorisées à convertir une partie de leur outil de production pour assurer la fabrication de gel hydroalcoolique

Depuis le 13 mars dernier, un arrêté ministériel autorise les entreprises de la filière cosmétique à convertir une partie de leur outil de production pour assurer la production de gel hydroalcoolique.

La Cosmetic Valley, chargée de coordonner la filière "parfumerie-cosmetique", a lancé un appel  à toutes les entreprises :

Nous avons été sollicités par de nombreux établissements hospitaliers afin d'identifier les capacités de production des entreprises qui relèvent du secteur et de mettre leurs sites industriels directement en lien avec les établissements de santé ayant besoin dans l'urgence de produit essentiels à la désinfection.

Une plateforme de dimension nationale a été mise en place.  

Plus de 50 entreprises ont répondu à l'appel de la Cosmetic Valley 

Le laboratoire "Inavive lab" à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), a donné 1700 flacons de gel hydro-alcoolique aux pharmacies nogentaises, suivant l'initiative de grandes entreprises telles que LVMH (Dior à Saint-Jean-de-Braye (Loiret), Givenchy et Guerlain à Chartes (Eure-et-Loir)).

En moins de 24h, plus de cinquante entreprises ont répondu à cet appel en France. C'est aussi le cas de Reckitt Benkiser à Chartres. 
Une mobilisation que salue le président du pôle Cosmetic Valley, Marc-Antoine Jamet :

Une filière qui atteint l’excellence lorsque les temps sont calmes ne peut rester l’arme au pied devant une crise qui multiplie les malades et plonge les Français, tous les Français, dans l’angoisse. Nous avons reçu l’autorisation de fabriquer du gel hydroalcoolique. Nous en avons les capacités industrielles. Nous en avons la volonté.

Certains de nos grands adhérents ont commencé à produire dès dimanche (15 mars NDLR) et à livrer dès lundi (16 mars NDLR). Ils sont suivis depuis quelques heures par plusieurs de nos adhérents. Je souhaite que ce mouvement prenne la forme d’une mobilisation générale afin que nous participions au recul de l’épidémie et à sauver des vies humaines.

C’est à cette résistance multiforme qu’appelle la lutte contre le virus. Je suis fier de ces femmes et de ces hommes, de ces salariés, de ces entrepreneurs, qui s’enrôlent dans nos usines pour faire reculer la maladie.

L'agroalimentaire s'engage aussi

Les entreprises de l'agroalimentaire se sont aussi engagées dans la fabrication de gel hydroalcoolique. Cinq distilleries de Tereos, premier sucrier de France, vont produire 10 000 litres de gel hydroalcoolique par semaine pour le distribuer gratuitement aux hôpitaux. C'est le cas de la sucrerie d'Artenay dans le Loiret.

Nous avons l'élément principal qui est l'alcool. Nous devons nous procurer les autres ingrédients comme la glycérine et l'eau purifiée qui entrent dans la composition du gel hydroalcoolique.

explique Valérie Corre, responsable "projet alcool" chez Tereos. 
 

 

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