Chartres : un mari mis en examen pour le meurtre de sa femme, "il pourrait s’agir d’un féminicide" selon le procureur

Les faits se sont déroulés à Chartres (Eure-et-Loir), mardi (04 mai). Un homme de 27 ans est soupçonné d'avoir tué sa femme de 26 ans. Il a été mis en examen mercredi (05 mai), dans la soirée, puis placé en détention provisoire. Le couple venait d'avoir un enfant.

Des véhicules de police en intervention.
Des véhicules de police en intervention. © Pixabay

Mamadou S., 27 ans, est le principal suspect dans la mort de son épouse Haby S. Après 48 heures de garde à vue, il a été mis en examen pour "homicide sur conjoint", mercredi (05 mai) dans la soirée, puis placé en détention provisoire.

Les faits se sont déroulés dans la nuit de lundi 03 au mardi 04 mai, quartier de Beaulieu, à Chartres (Eure-et-Loir). Vers 00h50, le SAMU 28 est appelé par un homme. Au téléphone, il dit que sa femme ne respire plus. Il raconte qu’il a vu un homme la frapper. Il aurait attaqué l’individu en question avant que ce dernier ne prenne la fuite. Quelques minutes plus tard, quand les secours et la police arrivent, ils trouvent la victime allongée par terre, dans le sous-sol de son immeuble. Elle ne pourra pas être réanimée. Mamadou S. explique que son épouse était descendue au parking pour récupérer des documents dans sa voiture. Ne la voyant pas remonter, il l’a appelée sur son téléphone portable. Puis il est descendu avec son fils dans les bras.

Les premières constations sur le corps de la victime font état de traces de griffures sur le visage. L’autopsie, pratiquée ce mercredi matin, à l’Institut Médico-Légal de Garches (Hauts-de-Seine), a révélé qu' Haby S. était morte asphyxiée, "par un mécanisme d’étouffement".

La piste du féminicide

En garde à vue, l’homme, qui n’avait consommé ni alcool ni stupéfiants, nie avoir tué son épouse. Mais les enquêteurs estiment que ces déclarations sont "très incohérentes". "Le récit fait par Monsieur S. ne correspond pas à la réalité. Bien au contraire, c’est sur lui que reposent de très lourds soupçons", indique le Procureur de la République de Chartres, Rémi Coutin, lors d’une conférence de presse, ce mercredi. La Police s’appuie sur l’enquête de voisinage, l’exploitation de la téléphonie, ou celle des caméras de surveillance. L’instruction devra déterminer les circonstances précises du drame.

Le mis en cause, serveur à Paris, actuellement en chômage partiel, n’a pas de casier judiciaire. Et pour l’instant, rien n'indique que le foyer avait des problèmes.

On a vérifié en Police et en Gendarmerie. Il n’y a jamais eu de procédure, pas de main courante. Il n’y a rien. Le couple n’était absolument pas connu pour des faits de violences conjugales. Il ressort même d’un certain nombre d’auditions que c’était un couple où les choses semblaient aller bien, en tout cas vis-à-vis de l’extérieur.

Rémi Coutin, procureur de la République de Chartres

Pour le magistrat, il pourrait s’agir d’un féminicide, le premier dans le département depuis novembre 2018. Un homme avait tué sa femme, malade. En 2017, une autre affaire avait secoué la ville de Moléans (Eure-et-Loir).

Quant au bébé du couple, âgé de trois semaines – né le 11 avril dernier – il a été placé en famille d’accueil. Un juge des enfants sera saisi pour statuer sur son avenir. Sa mère, âgée de 26 ans, travaillait à la CAF à Paris.

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