Les marronniers de la discorde à Chartres : le jugement est rendu, les arbres ne bougeront pas

Depuis le mois d'août, des militants écologistes s'opposent fermement à l'abattage de trois marronniers, quartier de la Courtille à Chartres. Le promoteur immobilier devra finalement se plier à la décision rendue, ce lundi 26 septembre.

Ils avaient eu un sursis début septembre, cette fois le juge a tranché : les arbres de la Courtille, à Chartres, ne seront pas abattus. C'est la fin d'un long bras de fer entre un promoteur immobilier et des associations écologistes chartraines, sur fond de préservation des "îlots verts" au cœur des centres-villes après un été caniculaire.

Ne pas (se) laisser abattre

Souvenez-vous. C'était en août 2022. Trois marronniers sont au centre de toutes les attentions, dans le centre-ville de Chartres. Autour d'eux, des militants écologistes ne décolèrent pas, depuis lundi 22 août. Ils ont décidé de ne pas (se) laisser abattre. Ils campent, nuit et jour, pour empêcher l'abattage de ces vieilles essences de près de 25 mètres de hauteur.

Le conflit est complexe puisque lié à un projet immobilier. La Courtille : un quartier bien encombré par les bulldozers. Des logements, une résidence hôtelière, une résidence étudiante et des bureaux devraient sortir de terre. Le problème ? Le promoteur immobilier souhaite construire deux lots de logements au 24 boulevard de la Courtille. Près de là se trouvent 3 marronniers. 

Mai cette volonté de supprimer ces témoins des décennies passées ne passe pas du côté de Chartres Écologie, une association locale. En effet, l'argument phare de Philippe Bourguignon, en charge du projet immobilier ne les convainc pas. Il invoque des risques liés aux conditions météorologiques et la conséquence d'une chute pouvant s'avérer mortelle, pour les riverains. 

Pour les défenseurs de Dame nature, le fait de planter de nouveaux arbres alors que certains pourraient rester bien en place n'est pas entendable. "Ces marronniers sont sur une zone protégée par le plan local d’urbanisme (PLU)", avait indiqué Chantal Vinet, la présidente de Chartres Écologie, à l'époque.

Espace boisé classé ou pas ?

Nous avions vérifié et c'était bien le cas : ils se trouvent sur un "espace boisé classé". Ce qu'avait démenti le principal intéressé, arguant qu'il aurait fallu réaliser un dossier et obtenir des autorisations, si tel avait été le cas.

Une pétition avait donc été lancée et un recours gracieux adressé à la municipalité. La commune avait deux mois pour répondre. Et c'est chose faite. Le jugement a été rendu et il donne raison à l'association.

Interdiction de couper et d'élaguer

Résultat : "Une interdiction de procéder à la coupe et/ou l'élagage des trois marronniers implantés sur la parcelle cadastrée", assortie "d'une astreinte provisoire de 500 000 euros par arbre à compter de la signification de la présente décision."

Pour l'association Chartres Écologie, la démarche porte ses fruits. La société immobilière devra "payer l'association Chartres Écologie la somme de 2 000 euros et à l'association Sykadap la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile."

La "bétonisation massive" toujours en question

De son côté, l'homme d'affaires Philippe Bourguignon a entamé plusieurs procédures judiciaires contre les associations écologistes Sykadap et Chartres Écologie. Il a aussi porté plainte pour "violation de domicile" contre Quentin Guillemain, élu d'opposition Chartres Écologie au conseil municipal de Chartres, et Jean-François Bridet, vice-président du conseil régional Centre-Val de Loire délégué à la Transition énergétique et également élu d'opposition Chartres Écologie.

Quant au projet immobilier, comme pour celui de la proposition initiale d'une nouvelle esplanade pour la cathédrale, c'est donc un "non ferme". Les projets de "bétonisation massive", que les écologistes reprochent au conseil municipal de Jean-Pierre Gorges restent donc surveillés de près. Car rien n'est définitif, en matière d'urbanisation. Même un "non".

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