Eure-et-Loir : près de 14 millions d’euros pour compenser la fermeture de l’ex-base aérienne de Châteaudun

L'ex-base aérienne de Châteaudun fermera ses portes en 2021. / © France Télévisions
L'ex-base aérienne de Châteaudun fermera ses portes en 2021. / © France Télévisions

Ce lundi 30 décembre, a été signé le contrat de redynamisation du site de défense (CRSD) de Châteaudun par la préfète et les collectivités locales. L’ancienne base aérienne doit fermer en 2021. Près de 14 millions d'euros seront investis en quatre ans, dont la moitié financée par l’État.

Par Barbara Gabel

Offrir une seconde vie aux terrains de l’ancienne base aérienne Lieutenant Marcel Beau de Châteaudun et pallier le départ de l’armée de l’air : ce sont les objectifs du contrat de redynamisation du site de défense (CRSD) signé ce lundi 30 décembre entre la préfecture d’Eure-et-Loir et les collectivités locales. Au total, près de 14 millions d’euros seront investis en quatre ans pour compenser les impacts économiques et démographiques de la décision de fermer la base de Châteaudun en 2021.

Cette décision, prise en 2018 par le Ministère des Armées, avait créé un véritable séisme dans la commune de 13 000 habitants. 361 personnels, civils et militaires sont concernés. Selon une étude de l’Insee d’août 2019, la moitié d’entre eux et leurs familles vivent dans l’aire urbaine de Châteaudun. La fermeture du site impacterait en réalité près de 800 personnes dans le département.
 


Une enveloppe pour soutenir la création d'emplois


Jusqu’en 2014, la base aérienne a été l’un des principaux employeurs de l’aire urbaine de Châteaudun : ses effectifs sont passés de 1 200 salariés en 2007 à moins de 300 salariés en 2018. L’enveloppe de 14 millions d’euros promis par l’État et les collectivités locales servira notamment à soutenir la création et le développement d’entreprises dans les communautés de communes du Grand-Châteaudun et du Bonnevalais. Philippe Vigier, député d’Eure-et-Loir, aurait aimé un montant plus élevé de la part de l’État : "Le Ministère de la Défense aurait dû soutenir davantage notre territoire", déplore le député UDI. "Nous avons de beaux projets qui nécessitent de l’investissement public considérable : développer des activités économiques et agricoles, ou installer un centre de maintenance et de formation dans l’aéronautique, un marché qui explose."
 
La préfète d'Eure-et-Loir et les élus étaient réunis lundi 30 décembre pour signer le CRSD. / © Julie Postollec / France Télévisions
La préfète d'Eure-et-Loir et les élus étaient réunis lundi 30 décembre pour signer le CRSD. / © Julie Postollec / France Télévisions


"Pourra-t-on redonner de la dynamique à Châteaudun ?", se demande Claude Térouinard, président du conseil départemental d’Eure-et-Loir, avant de répondre : "Je l’espère, mais je n’y crois qu’à moitié". De son côté, Alain Venot, président de la Communauté de communes du Grand-Châteaudun et maire de Châteaudun, reste optimiste. "Je crois en notre capacité à rebondir car nous ne partons pas de rien", assure-t-il. "Il y a toujours une activité économique et industrielle de pointe dans notre région dunoise".
 

L’implantation d’une centrale photovoltaïque


L’ancienne base, qui fermera ses portes en 2021, va accueillir une centrale photovoltaïque, projet voté par les élus du Grand-Châteaudun en novembre 2019. Cette ferme solaire pourrait produire 100 mégawatts sur 100 hectares, permettant d’alimenter en électricité près de 50 000 habitants.

Entre 160 et 180 hectares resteront entièrement dédiés à la protection de la biodiversité. Le projet pour les hectares restants est encore flou.
 

 

Le contrat de redynamisation de site de défense (CRSD)

Mis en place en 2008, le CRSD est un dispositif de l’État signé avec des villes pénalisées par la fermeture d’un site militaire. Il intervient ainsi dans les territoires qui connaissent une grande fragilité économique et démographique, et où la fermeture d’un site militaire cause une perte importante d’emplois.

Le CRSD est signé pour une durée de quatre ans, renouvelable un an au maximum. En 11 années, 63 contrats ont été signés avec les élus et l’État.
 

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