Après Duralex, la fonderie Mecasting-Comeca craint pour son avenir

La fonderie Mecasting-Comeca installée à Bléré et à Issoudun doit faire face à la hausse des prix de l'énergie. Ses coûts pourraient être multipliés par quatre. Une situation difficile pour sa directrice qui souhaite alerter les pouvoirs publics.

"Sans aides, on ne tiendra pas", alerte Claude Cottin, la directrice de la fonderie Mecasting-Comeca, dont les deux sites se trouvent à Bléré, dans l'Indre-et-Loire et à Issoudun, dans l'Indre.

La hausse des prix de l'énergie frappe de plein fouet cette entreprise d'une cinquantaine de salariés qui travaille, entre autres, pour des sociétés du secteur de l'aéronautique ou du ferroviaire. "En temps normal, nos coûts en gaz et en électricité représentent autour de 330 000 euros par an. Selon nos projections, ils pourraient être de 1,2 million d'euros en 2023."

Impensable pour la cheffe d'entreprise : "Je n'ai pas de solutions. Il faudra sans doute changer notre organisation. Je ne peux pas répercuter un tel coût sur mes clients", s'inquiète-t-elle. 

Si la hausse des prix a des conséquences sur tous les secteurs de l'économie, les fonderies comme Mecasting-Comeca sont particulièrement touchées. "Nous avons des fours de fusion qui tournent à 700 degrés pour faire fondre le métal, des presses à mouler, des fours intermédiaires, des machines à découper… ça consomme beaucoup d'énergie", détaille la cheffe d'entreprise.

Des appels aux pouvoirs publics qui se multiplient

Si l'État a déjà mis en place un système d'aides aux entreprises grandes consommatrices d'énergie, Mecasting n'y a pas eu le droit. "Nos coûts n'ont pas doublé au 31 décembre donc nous n'entrons pas dans les bénéficiaires, car l'aide ne prend pas en compte les mois suivants. Il pourrait y avoir un rattrapage ce qui permettrait d'en bénéficier", croit savoir la directrice.

Mais pour l'heure, c'est le flou : "Je ne sais ni quand ni combien nous pouvons espérer recevoir. J'ai des clients qui commencent à faire des commandes pour 2023 en me demandant les prix. Je ne sais pas quoi leur dire". 

Union sacrée autour du cas Duralex

À l'instar de Mecasting-Comeca, une autre entreprise de la région compte sur un soutien politique pour se sortir de cette mauvaise passe. La verrerie Duralex, va mettre sa production en veille cet hiver, a pu compter sur l'appui de plusieurs élus du Centre-Val de Loire, tous bords politiques confondus. 

Caroline Janvier, la députée Renaissance de la 2e circonscription du Loiret, a profité de la visite d'Emmanuel Macron aux Terres de Jim à Outarville  pour lui remettre une lettre lui demandant d'intervenir sur ce dossier : "Le soutien de l’État permettra à cette entreprise […] de survivre à cette situation exceptionnelle. Nous appelons à la mise en place de tout dispositif qui permettra de soutenir l’activité économique de ce fleuron français durant ces temps compliqués et soutiendrons toute mesure allant en ce sens."

Le texte a été cosigné par Jean-Pierre Sueur, le sénateur PS, François Bonneau, le président socialiste de la région Centre-Val de Loire, Marc Gaudet le président du Conseil départemental (UDI) ou encore Serge Grouard, le maire LR d'Orléans.

Un engagement pour Duralex dont il est, pour l'heure, impossible de mesurer l'efficacité. "De toute façon, il faudra du soutien aux entreprises. Sans cela, il n'y a pas beaucoup de fonderies françaises qui pourront tenir le coup", prévient Claude Cottin. 

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