Le Centre hospitalier de Tours, main dans la main avec la Nouvelle clinique Tours Plus, pour les transferts de patients

Le Centre hospitalier de Tours dispose de 61 lits en réanimation pour accueillir les patients atteints de Covid-19. Depuis le 25 mars, le CHU accueille des patients du reste de la région, mais aussi des patients d'Ile-de-France. La Nouvelle Clinique Tours Plus Saint-Gatien est aussi mobilisée. 

Un patient de l'hôpital Beaujon en région parisienne a été transféré ce mardi 31 mars à la Nouvelle clinique Tours plus-Saint Gatien en hélicoptère.
Un patient de l'hôpital Beaujon en région parisienne a été transféré ce mardi 31 mars à la Nouvelle clinique Tours plus-Saint Gatien en hélicoptère. © Capture images NCT +
Pour le moment 4 patients ont été héliportés à la Nouvelle clinique Tours Plus Saint-Gatien (NCT +) au service réanimation.

" Il s'agit d'un patient de Dreux en Eure-et-Loir, et de trois patients d'hôpitaux de région parisienne. Deux autres doivent arriver demain mercredi," explique le Dr Aurélien Seeman, réanimateur à la clinique NCT+.

"A Paris, le contexte est dramatique. Une patiente hospitalisée à Percy en région parisienne a été prise en charge à Nanterre. Nanterre a dû appeler neuf services de réanimation, avant de lui trouver une place chez nous. C'est une épreuve terrible pour les soignants, les patients et leurs familles," raconte le Dr Seeman. 

La clinique dispose encore de deux lits en réanimaton, libres tout de suite. "Après on pourra faire face, en libérant petit à petit notre service de réanimation. On peut avoir 16 lits en mode non dégradé, puis 26, quand il y aura une montée en puissance." 
La clinique est la seule à Tours à disposer d'un service de réanimation structuré. "Nous travaillons main dans la main avec le CHU et la clinique Léonard de Vinci, qui pourra peut-être prendre des patients avant la réanimation, ou juste après pour un suivi", poursuit le réanimateur.
 
L'hélicoptère de la sécurité civile assurant les transferts de patients atteints de Covid 19
L'hélicoptère de la sécurité civile assurant les transferts de patients atteints de Covid 19 © Capture images NCT+
 

L'accueil de 25 patients de Centre-Val de Loire, et 12 d'Ile-de-France

Depuis le 25 mars, des patients d'hôpitaux de la région Centre-Val de Loire ont été transférés à Tours pour soulager les services, notamment de Dreux, Chartres et Châteauroux. Vingt-cinq patients pour le moment. 

"On a plutôt bien anticipé les transferts avec deux modes de transport : un hélicoptère Covid basé à Blois qui peut voler de 8h à 20h, et bientôt 22h pour les malades de la région qui doivent être transférés en réanimation en Indre-et-Loire. En plus, il existe des ambulances dédiées, trois ou quatre, qui peuvent acheminer des patients tous les jours 24h sur 24, depuis les hôpitaux comme Loches, Amboise ou Chinon, vers les lieux d'hospitalisation Covid," explique le professeur Said Laribi, chef du service des urgences, qui coordonne les transports des patients Covid au niveau de la région.  

Par ailleurs, en accord avec la Direction générale de la Santé, Tours va accueillir des patients d'lle-de-France. Douze patients de région parisienne ont déjà été transférés, et deux nouveaux patients arriveront demain à la Nouvelle Clinique Tours Plus. 

"Nous étions prêts pour accueillir des patients de Reims, mais il en a été décidé autrement", regrette le Dr Louis Bernard, Professeur du service d'infectiologie du CHRU. En effet, un bus avec des patients devait arriver de Reims pour le CH de Tours, mais il a fait demi-tour.
La directrice du CHU répond au chef du service infectiologie : " Le PC de crise pilote les transferts au niveau national. Il faut fonctionner dans un cadre établi. Il faut plus de coordination. Ce qui n'était pas le cas pour le transfert des patients de Reims.

Encore des places en réanimation au CHU de Tours 

La direction du Centre hospitalier de Tours a annoncé ce mardi 31 mars avoir 34 patients Covid-19 en réanimation (30 à Bretonneau, et 4 à Trousseau).

La capacité totale est de 61 lits en réanimation. Ensuite, il sera possible de mobiliser des lits en médecine. "Nous avons ouvert 15 lits pour les hospitalisations de courte durée, pour les patients atteints de Covid-19 qui arrivent, ainsi que 6 lits en psychiatrie", explique Marie-Noëlle Gérain Breuzard, directrice générale du CHRU de Tours.  

Depuis début mars, 209 patients atteints du Covid-19 ont été hospitalisés. "Pour la prise en charge, on a deux hôpitaux l'un à côté de l'autre : un conventionnel et un Covid-19", ajoute la directrice du CHRU. 
   

L'efficacité des centres dédiés créés par les médecins libéraux

Ce jeudi 26 mars, les premiers centres dédiés Covid-19 ont été ouverts par la CPTS, Communauté professionnelle territoriale de santé. Portés par des médecins libéraux et des infirmières, ces centres accueillent des patients présentant des symptômes du Covid 19.
Deux objectifs : ne pas mettre en danger les patients non-porteurs dans les cabinets de médecins généralistes, et désengorger le CHU. 

Le Professeur Said Laribi salue l'initiative des médecins libéraux avec ces centres dédiés : "80 % des patients présentant les symptômes COVID-19 peuvent être pris en charge hors hospitalisation. Cela nous permet de nous concentrer sur les 20% qui doivent être hospitalisés."
Le Professeur Frédéric Patat, président de la commission médicale d'établissement, ajoute : "Les protocoles sanitaires mis en place à l'hôpital ont été partagés avec les médecins généralistes qui ont créé ces centres dédiés Covid-19. Grâce à eux, les patients qui doivent être hospitalisés sont rapidement détectés." 
 

Pic épidémique attendu en Touraine entre le 10 et le 15 avril : qui va garder les enfants des soignants pendant les vacances ? 

"On se lève Covid, on travaille Covid, on se couche Covid. On est sur le pont. On fait preuve d'inventivité", constate le professeur Louis Bernard, chef du service infectiologie. Il ajoute, "On a tiré les leçons de ce qui se passe à Paris. On évite d'être en surcharge sur un seul site, en décloisonnant public/privé."

Le pic épidémique est attendu en Touraine entre le 10 et le 15 avril. "La prédiction est très difficile. Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'accélération du nombre de cas d'un coup", confie le professeur Frédéric Patat, président de la commission médicale de l'établissement. 

"On constate une augmentation du taux de positivité des prélévements chaque jour. On anticipe le pic épidémique en ouvrant plusieurs sites d'accueil de patients Covid-19, et on s'organise pour faire sortir les patients avec une hospitalisation à domicile. Il est possible de les équiper avec de l'oxygène à la maison", prévoit le professeur Louis Bernard, chef du service infectiologie au CHU de Tours. 

Si le Centre hospitalier tente d'avoir toujours un coup d'avance, deux inquiétudes pèsent sur les équipes : le manque de matériel, et la garde des enfants de soignants pendant les vacances scolaires.

Pour le matériel, s'il y a assez de masques, ce sont les surblouses et les pièces de respirateurs, comme les filtres et les tuyaux qui doivent être changés régulièrement, qui vont vite manquer. " Nous avons fait remonter nos inquiétudes à l'Agence régionale de santé. Nous attendons un retour", signale la directrice générale du centre hospitalier. 

Enfin une question reste en suspens pour les soignants : Quid de l'ouverture des écoles qui accueillent les enfants de soignants pendant les vacances scolaires ? 

La directrice générale du CHU lance un appel : " Il faut absolument que les écoles, qui accueillent les enfants de soignants, restent ouvertes pendant les vacances. Le début des vacances coincide avec le pic épidémique attendu en Touraine. Si les écoles ferment, il n'y a aucune solution alternative de garde pour notre personnel, puisque les grand-parents sont confinés, les crèches et les centres de loisirs sont fermés. " 

La Nouvelle clinique Tours Plus Saint-Gatien est situé à Saint-Cyr-sur-Loire :
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