Glyphosate : une députée LREM d'Indre-et-Loire cible d'insultes et de menaces

Fabienne Colboc lors d'une session de questions au gouvernement, le 28 novembre 2017 à l'Assemblée nationale (Paris). / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Fabienne Colboc lors d'une session de questions au gouvernement, le 28 novembre 2017 à l'Assemblée nationale (Paris). / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Le 15 septembre dernier, l'élue de la 4ème circonscription d'Indre-et-Loire avait voté contre les amendements inscrivant l'interdiction du glyphosate dans le projet de loi "Agriculture et alimentation". Dans la foulée, les messages la prenant pour cible ont commencé à affluer. 

Par ML

Des messages par dizaines, qui lui souhaitent de "mourir du cancer", la traitent de "meurtrière" ou préviennent que sa "vie va devenir un enfer". Depuis la nuit du 14 où 15 septembre, date à laquelle l’Assemblée nationale a de nouveau rejeté l’inscription de l’interdiction du glyphosate dans le projet de loi "Agriculture et alimentation", les comptes Facebook, Twitter et la boîte mail de la députée (LREM) d’Indre-et-Loire Fabienne Colboc ont été submergés par des messages dont certains contenaient insultes et menaces – sans toutefois faire mention d’un possible passage à l’acte.
 

Selon ses collaborateurs, confirmant une information de France Bleu, ces envois ont commencé dès la fin du scrutin, public. Les députés présents – 80 sur 577 - examinaient en deuxième lecture les amendements au projet de loi. Comme lors du premier vote, le 30 mai dernier, la majorité d’entre eux a rejeté les propositions visant à inclure dans le texte l’engagement présidentiel de mettre fin à l’emploi de l’herbicide controversé en France sous trois ans. Une décision qui s’est jouée à quatre voix près (42 contre 35) dans le cas le plus serré.
 

Les deux députés de Centre-Val de Loire qui ont assisté à la séance – Guillaume Kasbarian et Fabienne Colboc – avaient tous deux voté contre cette interdiction. "Il est aberrant de croire que seule une inscription dans la loi permettrait d’en sortir plus facilement, s’en expliquait l’élue dans un communiqué publié le 17 septembre.  Il est incontournable de favoriser la recherche et le développement des méthodes alternatives viables. Je suis convaincue que c’est en travaillant avec l’ensemble des acteurs concernés que nous réussirons cette transition."
 


Fabienne Colboc – qui n’a pas souhaité effectuer de commentaire – ne compte pas porter plainte. La plupart des députés ayant voté contre ces amendements auraient également reçu des messages similaires. En mai dernier, une association de protection de la nature, Agir pour l'environnement, avait mis en ligne un site internet, "Trombi-Glyphosate", qui détaille le vote de chaque député et invite les internautes à interpeller les élus. Selon le compte Twitter de l'association, l'initiative aurait été partagée plus de 170.000 fois. Le formulaire de contact dédié à chaque parlementaire préconise toutefois à ses utilisateurs de "rester courtois".
 

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