"La discussion est naturelle" : à Tours, le second tour des municipales 2020 a déjà commencé

Le candidat de l'Union de la gauche Emmanuel Denis a recueilli 35,5 % des voix au premier tour des élections municipales de Tours. Un ballotage très favorable pour faire basculer la ville à gauche au second tour. A noter le chiffre record de l'absention 67 %, en raison du coronavirus.
Séisme du côté de Tours, en Indre-et-Loire où la tête de liste de la gauche et des écologistes Emmanuel Denis arrive en tête avec 35,5 % des voix exprimées, soit près de dix points d'avance sur le maire sortant Christophe Bouchet (25,6 %), soutenu par LR et l'UDI.

Une surprise qui n'en est pas vraiment une puisqu'un sondage Ifop/Fiducial publié en février donnait Emmanuel Denis en tête avec 33 % des intentions de vote du premier tour. Pendant la campagne, les questions environnementales ont particulièrement retenu l'attention des Tourangelles et des Tourangeaux qui l'ont montré ce dimanche 15 mars dans les urnes.

Emmanuel Denis a réagi en duplex depuis l'Hôtel de Ville, ne cachant pas sa joie : “Une grosse satisfaction. Il y a une dynamique qui nous met en très bonne position pour le deuxième tour.”
 

Le maire sortant en mauvaise posture


"Le premier tour est conforme à ce que l'on imaginait", a assuré le maire sortant, Christophe Bouchet, au micro de France 3 Centre-Val de Loire, malgré la déception qui pouvait se lire sur son visage."On savait que l'abstention allait jouer en notre défaveur." Celui-ci n'a pas exclu une alliance avec le candidat LREM Benoist Pierre, qui arrive quant à lui en troisième position avec 12,7 % : "Il y a un groupe central de gens qui ont des programmes similaires", a expliqué Christophe Bouchet avant d'ajouter : "La discussion, si elle n'est pas encore entamée, est naturelle."

Rappelons que Christophe Bouchet et Benoist Pierre s'étaient livré une guerre pendant plusieurs mois pour obtenir l'investiture LREM. Le maire sortant semblait plutôt soulagé de ne pas être étiqueté LREM du fait du contexte social et des critiques grandissantes envers le gouvernement.

Le candidat LREM, de son côté, a reconnu à demi-mot qu'il ne serait pas présent au second tour, sans toutefois donner de consigne de vote. "Il faut analyser les résultats", a-t-il répondu. "Nous allons surtout discuter avec les colistiers et les colistières pour prendre la température. La condition est de dire non aux extrêmes." En troisième position, Benoist Pierre veut étudier toutes les possibilités qu'il s'agissent de Denis ou Bouchet, négociant notamment la tête de la Métropole. Il a par ailleurs sur sa liste un certain nombre d'anciens militants PS.
 

Les petits candidats entre pragmatisme et déception


Claude Bourdin ("C'est au tour(s) du peuple", arrivé en cinquième position avec 5,5 %, n'a pas encore donné de consignes de vote. "Nous allons discuter avec les colistiers pour savoir si l'on fusionne avec la liste d'Emmanuel Denis et battre la droite qui n'a pas un bon bilan".

De son côté, le centriste Xavier Dateu avec moins de 5 %, conteste le maintien de ce premier tour. "Nous sommes dans un contexte où les Tourangeaux ne sont pas allés voter", regrette-t-il. "C'est une élection faussée, cela ne sert à rien d'aller voter au second tour."

Arrivé en quatrième position, Gilles Godefroy du Rassemblement National (5,7 % des voix exprimées) est de son côté déçu et n'a pas souhaité discuter du second tour.
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