Faire consommer des produits locaux de saisons aux écoliers de Touraine, le pari des agriculteurs d'Indre-et-Loire

Une source de produits ultra frais / © F3CVDL
Une source de produits ultra frais / © F3CVDL

Plusieurs départements du Centre-Val de Loire ont investi dans des plateformes "agrilocal", des plateformes d'échanges entre les cantines scolaires et les agriculteurs. En Touraine, la Chambre d'Agriculture a réussi a décidé de faire un peu différement. 

Par France 3 Centre-Val de Loire

De nombreux départements en France, se sont déjà engagés dans des plateformes « agrilocal » à la suite de la loi EGALIM qui prévoit 50 % de produits de qualité (label) et durables (HVE) dans les assiettes des cantines, l’Indre-et-Loire attendra la rentrée scolaire prochaine (2020-2021) pour se lancer dans l’aventure du circuit court pour ses cantines. 

Sous la forme d’un catalogue de produits agricoles à destination des chefs de cantine, la Touraine a choisi ce système de commande qui permet de mettre des produits locaux à disposition de la restauration collective. Une inversion du modèle en Touraine décidée après un échec du système par la demande (Agrilocal) qui n’a pas fonctionné faute d’animation. L'objectif affiché de la Chambre d'Agriculture 37 est vraiment de voir "consommer en Touraine, des produits de Touraine".
 

Dans l'assiette, une production locale et de saison

En 2018, un collectif d’agriculteurs tourangeaux intéressé par les circuit-courts à destination de la restauration collective a travaillé à un nouveau modèle sous la houlette de la Chambre d’agriculture 37. Parmi les freins rencontrés auparavant, la logistique apparaît comme le plus difficile à mettre en place, il y a aussi la nécessité de faire du démarchage auprès des cuisiniers ou encore l’animation du réseau.
Région, département, chambre d’agriculture, ont travaillé de concert pour mettre en relation les producteurs et les chefs de cuisine des collèges et lycées. Les producteurs ont pu présenter leurs produits dans les collèges avec aussi une visite de cuisine.

Coté logistique, en regardant ce qui se faisait ailleurs, en 2019, la décision a été prise de prendre un outil de suivi des approvisionnements en produits locaux. Une fois réalisé l’inventaire des besoins de l’ensemble de la restauration collective à l’échelle départementale, une plateforme sur Internet intitulée « Manger local, manger Touraine » a été créée avec une offre répertoriée et un fichier client. Un système dit de l’offre, c’est-à-dire, qui part d’abord des productions agricoles disponibles sur le territoire départemental à un moment donné, et les chefs de cuisine se servent dans ce catalogue en se connectant puis en passant commande.
Laura Angers de la Chambre d'Agriculture / © France Télévision NL
Laura Angers de la Chambre d'Agriculture / © France Télévision NL
Chargée de la mise en place de cette plateforme au sein de la Chambre d'Agriculture, Laura Angers, explique ce changement :

Si on veut consommer local et de saison, c’est plutôt aux producteurs d’afficher ce qu’ils ont à un moment de l’année, plutôt qu’aux cuisiniers qui ne sont pas forcément en phase avec ce qui se fait en local ou qui se savent pas. C’est pour cela qu’il s’est révélé plus évident de partir de l’offre locale que de la demande. Ainsi, on est certain de respecter la saisonnalité et le terroir.

Produits laitiers, viandes, fruits et légumes sont disponibles sur l’Indre-et-Loire pour approvisionner la restauration collective d’aujourd’hui, même si, les maraîchers ont déjà beaucoup de débouchés par ailleurs. Au total, une centaine d’agriculteurs tourangeaux intègre cette base de données à ce jour.
Un listing qui permettra d’attribuer aussi l’étiquette bio ou pas bio grâce à l’outil informatique et permettra de comptabiliser les quantités de produits bio distribués en local dans les cantines (objectif 50%).
Le listing produit maintenant réalisé, la Chambre d’Agriculture 37 s’attelle à décharger les producteurs de la distribution dans les cantines et développement un système logistique de distribution de produits locaux auprès des cantines. A terme, ce système pourra intégrer la logistique, la transformation, voir un approvisionnement sur les départements limitrophes.
 

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