Tours : chez Solary, l'esport c'est aussi une question de bien-être

La structure esport tourangelle Solary a conclu un partenariat avec l'enseigne de grande distribution Aldi pour concevoir et mettre en place une cantine interne avec des repas sains pour ses joueurs. Pour les esportifs, les performances vidéoludiques vont de pair avec un cadre de vie sain.

L'esport est de plus en plus reconnu comme un sport à part entière. Photo d'illustration
L'esport est de plus en plus reconnu comme un sport à part entière. Photo d'illustration © Klaus-Dietmar Gabbert / Maxppp

Dans les années 90, les LAN party, l'ancêtre de l'esport, étaient synonymes de deux choses. D'abord, enfer de câbles entremêlés, dont le nombre et le degré de complexité augmentait exponentiellement avec le nombre de participants. Ensuite, des pizzas, du soda, des burgers et tout ce que les fast-food ont inventé de plus odieux pour boucher nos artères et court-circuiter nos claviers. Si l'invention de la connexion sans fil a largement réduit le premier problème, l'autre ne commence à être abordé que depuis les années 2010 et la professionnalisation progressive de la scène esportive.

"Historiquement, dans le monde des jeux vidéo et de la compétition, l'alimentation n'était pas l'intérêt principal, on ne mangeait pas bien", se souvient Alexis "Chap" Barret, cofondateur de Solary. Mais plus l'esport se rapproche du sport traditionnel, plus les équipes prennent en compte l'alimentation et le cadre de vie de leurs protégés. "Depuis 3 ou 4 ans, toutes les grands clubs clubs pros, au niveau européen, ont leur propre chef, voire parfois un nutritionniste, un préparateur physique et un ostéo attitré... nous on n'en est pas encore là !"

De son côté, Solary et WSC Group ont conclu un partenariat avec la chaîne de supermarchés Aldi pour concevoir et mettre en place leur propre cantine afin d'assurer aux joueurs des repas équilibrés, préparés avec les produits fournis par l'enseigne. Fin mars, Solary a annoncé avoir d'ores et déjà recruté son chef cuisinier. "Les projets que nous sommes en train de co-construire avec l’enseigne seront au cœur de notre stratégie de prise en charge et d'éducation à l'équilibre alimentaire des joueurs" a déclaré le président de Solary, Sakor "LRB" Ros. Des émissions dédiées à la cuisine devraient également voir le jour sur leur chaîne.

Un esport sain dans un corps sain

De fait, si la santé des joueurs commence à être mieux prise en compte par les clubs, une étude allemande de mars 2020 mettait en garde contre les risques sanitaires liés au mode de vie des joueurs professionnels, alliant trop souvent sédentarité et malbouffe. Le 13 avril dernier, le joueur sud-coréen Ki-hyo "Xzi" Jung de l'équipe Dallas Sport a dû se retirer de la ligue professionnelle internationale du jeu Overwatch en raison de problèmes au niveau des vertèbres dorsales et cervicales. En janvier, c'était un autre champion d'Overwatch, Seonchang "ANS" Lee, qui annonçait sa retraite définitive après avoir fait part de problèmes de santé mentale liés au stress. Depuis 2015, plus d'une dizaine de joueurs internationaux ont mis fin à leur carrière pour des raisons de santé.

Au-delà de l'alimentation, la santé et le bien-être des joueurs repose aussi sur un cadre de vie bien organisé et des rythmes réguliers, y compris en ce qui concerne l'entraînement. Si le modèle de la "Gaming house", une collocation de joueurs qui vivent, mangent et s'entraînent ensemble, est encore relativement répandu, Solary a opté pour un fonctionnement plus classique, comparable à celui d'un club sportif traditionnel. "Dans une gaming house on peut faire plus attention à l'alimentation, au rythme de vie, faire attention à ce qu'ils ne jouent pas trop pour les joueurs les plus jeunes", précise Romain "Samchaka" Melaye, manager de la section League of Legends. "Chez Solary, on vient aux 'heures de bureau' mais chez eux, les joueurs font ce qu'ils veulent." Depuis le début de la crise du covid-19, la plupart des joueurs se cantonnent néanmoins au télétravail.

Le rythme de jeu et d'entraînement est lui aussi loin du cliché d'un no-life passant des journées entières sur son écran. "Chacun est différent, mais l'idéal c'est de jouer peu, mais de façon réfléchie, avec un objectif à atteindre sur une plage horaire", explique Samchaka. "C'est parfois beaucoup plus intéressant de travailler sur une ou deux heures avec des pause que de spammer sans arrêt."

"De plus en plus, les clubs professionnels essaient de se rapprocher du mode de vie d'un vrai sportif" ajoute Alexis Barret. Quitte, parfois, à embaucher des médaillés olympiques. En 2019, le double champion olympique de natation Yannick Agnel avait été embauché par la structure marseillaise MCEL. Interviewé par l'AFP, ce dernier expliquait s'occuper "de toute la méthodologie qu’il y a autour de l’entraînement du jeu vidéo, la prépa physique, les échauffements, la récupération, le suivi nutritionnel, médical et psychologique". A la même période, Matthieu Péché, multiple champion du monde de canoë-kayak et médaillé de bronze aux JO de Rio, était devenu manager de l'équipe de Counter Strike de Vitality, la première équipe française.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
esport sport jeu vidéo culture santé société