Agriculture : début de plantation des 9 premiers hectares de lavande en Berry

Publié le Mis à jour le

Deux agriculteurs de l’Indre ont décidé de se lancer dans la production de lavande Bio. Un projet qui passe par la plantation de 108 000 pieds de cette plante peu répandue dans notre région. Ils viennent d’aller les chercher près de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) et depuis se sont lancés dans la plantation.

"Les deux François" ne sont jamais à court d’idées. Ces deux céréaliers, amis de longue date, sont adeptes des nouvelles expériences en agriculture. Lorsque nous les avions rencontrés en août dernier, ils mettaient au point les derniers détails d’un projet ambitieux, destiné non seulement à produire de la lavande, mais aussi à la transformer sur place.

Pour cela, ils sont allés au pays de la lavande, suivre une formation auprès des producteurs locaux. Ils ont trouvé 16 hectares sur leurs propriétés respectives à Diors et Levroux. Entrés en conversion bio, leurs premières vraies récoltes qui devraient intervenir dans trois ans pourront donc être labellisées.

Mais que les amoureux des champs de lavande se rassurent. Dès cet été, les pieds plantés fleuriront et apporteront une touche exotique aux paysages berrichons.

La plantation des pieds de lavande : un long travail de main-d’œuvre

C’est à bord d’une planteuse trois postes que se passe l’essentiel du travail. Une planteuse "acquise d’occasion, qu’on a remis à neuf, sûrement l’investissement le moins cher de l’aventure" s’amuse François Moreau. Depuis plus d’une semaine, les pieds sont, grâce à elle et à la main d’œuvre qui la fait fonctionner, plantés en terre berrichonne.

Outre des amis qui se relaient pour vivre avec eux cette expérience, deux salariés de l’Esat (Établissement et Service d’Aide par le Travail) qui se sont très rapidement accoutumés à cette tâche. Les deux François ont délibérément choisis de faire travailler ces personnes. "On emploie deux personnes en situation de handicap, parce que ça correspondait à la genèse de nos projets avec François, ça fait partie de nos valeurs d’employeurs" nous explique François Moreau. Il ajoute que le maniement n’est pas si compliqué et qu’il suffit de cinq minutes pour acquérir les gestes nécessaires. "On explique à nos amis de mettre un plant dans la pince, le coup de main est vite pris". Reste que le temps froid, gris et humide, est loin de faire penser à la Provence.

Sur les parcelles de François Moreau, actuellement en plantation, il faut mettre trois personnes à l’arrière pour bien recouvrir les plants, car la terre ne s’y prête pas. Encore heureux, tout le monde garde son âme de pionnier et sa bonne humeur.  

C’est du travail, je reconnais, mais ça change un peu la couleur de la plaine, c’est joli. C’est un moment très important de cette nouvelle culture, la plantation. Si tout va bien, les pieds donnent pendant huit ans.

François Devillières

"C’est donc le premier pas d’une longue aventure, et c’est concret, nous sommes contents". D’ici la fin de semaine tout devrait être planté.  

Les prochaines étapes

Tout d’abord, il va y avoir l’arrivée de la distillerie. L’implantation du bâtiment qui doit l’accueillir est presque prête. Car la transformation de la lavande se fera sur place, afin de conserver la fraîcheur du produit et ses arômes. Les deux François rêvent que le terroir y apporte une touche secrète, comme c’est le cas pour la vigne par exemple.  

La récolteuse devrait arriver fin mai, début juin, afin de pouvoir faire les premières récoltes en juillet, si "tout se passe bien" précise François. "A Levroux, on verra la lavande de la route entre Levroux et Issoudun".

Un moment attendu par tous ceux qui ont suivi leur projet et y ont participé par le financement participatif, pour l’achat des pieds de lavande.

Deux hectares devraient prochainement accueillir du romarin, ainsi que l’avaient planifié les agriculteurs. Mais les plantes doivent venir de la Drôme, et ces derniers jours, il a fait jusqu’à moins 8. Impossible de déterrer des pieds dans ces conditions, précisent les deux François. Ce n’est que partie remise. La planteuse attendra encore un peu !