Meurtre de Matisse : "C'est important de parler à ses enfants de ce qui s'est passé. C'est l'occasion de se dire que ce fait de violence ne doit pas se reproduire"

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Conférence de presse Gils Avérous sur le meurtre de Matisse ©France Télévisions

Gils Avérous, le maire divers droite de Châteauroux, est en colère. Il parle d'une ville meurtrie et appelle à un sursaut. Lors d'une conférence de presse ce lundi, il est revenu sur la thématique de la violence des mineurs. "Il faut qu'on arrive à redonner du sens aux valeurs de la république, et à faire prendre consciences aux jeunes, aux ados, que la vie ça vaut quelques chose."

Cécile et Christophe, les parents de Matisse, sont une famille de restaurateurs connus à Châteauroux. Depuis le meurtre de leur fils de 15 ans, c'est toute une ville qui est meurtrie et sous le choc. 

"À chaque fois qu'il y a un drame comme ça, on se dit : "Qu'est-ce que l'on aurait dû faire pour l'éviter ?" Châteauroux, c'est une petite ville, ici tout le monde se connaît, donc il y a un lien, une solidarité, explique Gils Avérous, lors d'une conférence de presse ce lundi 29 avril. À chaque fois qu'il y a un drame, c'est quelque chose qui blesse, on est beaucoup à ne pas avoir dormi cette nuit. Car ce n'est pas l'image de cette ville."

Les faits se sont déroulés samedi 27 avril dans le quartier Saint-Denis de Châteauroux, un quartier résidentiel classique où vit le suspect, mais pas la victime. "Il y a quelques barres d'immeubles, mais ce n'est pas un quartier classé prioritaire dans le cadre de la politique de la ville qui aurait justifié une attention particulière," affirme Gil Avérous. 

Récupération politique : le RN a proposé d’organiser une "marche blanche clé en main", la famille a refusé 

Depuis samedi, des Castelroussins ont commencé spontanément à mettre des fleurs là où se sont déroulés les faits et devant le restaurant des parents de la victime. Les témoignages de sympathie affluent. La récupération politique du drame par des élus aussi. Jordan Bardella, Éric Ciotti, Éric Zemmour... Plusieurs responsables de la droite et de l'extrême droite ont dénoncé "la politique migratoire", faisant ainsi référence aux origines étrangères du suspect. 

Alors que la procureure de la République a déclaré que la famille du suspect était en situation régulière dans notre territoire, la famille de Matisse "ne souhaite pas qu'on porte ce sujet sur la place publique, qu'on parle d'immigration, de la nationalité. Ce n'est pas quelque chose qui leur ressemble", a assuré le maire de Châteauroux. 

La question d'un hommage a circulé dans la ville. Le Rassemblement national a même proposé d’organiser une "marche blanche clé en main", mais la famille de Matisse a refusé. Elle demande un peu de temps pour "réfléchir aux modalités d'un hommage", s'il doit y en avoir un. 

Le suspect est né 2009 : "la preuve de l'ensauvagement, de l'ultra violence qu'est en train de connaître notre société"

"Les deux protagonistes ont 15 ans. C'est pour moi la preuve de l'ensauvagement, de l'ultra violence qu'est en train de connaître notre société chez les mineurs. Il y a un vrai sujet national, a estimé le maire de Châteauroux. Le Premier ministre, Gabriel Attal, s'est exprimé sur le sujet. Il a donné un délai de 8 semaines pour faire des préconisations, mais il est vraiment très très urgent de redéfinir une politique en la matière, avec des moyens pour la justice de peut-être plus facilement priver de liberté des mineurs de moins de 16 ans. Puisque là, le meurtrier présumé avait été interpellé à deux reprises, avec un fait, il y a 8 jours, pour un vol avec violence, qui n'avait pas permis à la justice de l'incarcérer."

LIRE >> Meurtre de Matisse à Châteauroux : que risque un mineur soupçonné de meurtre ?

Il y a aussi la question d'éducation des parents. Je n'arrive pas à concevoir que des parents laissent sortir un enfant après qu'il ait été, à deux reprises, interpellé et mis en cause dans des affaires de violence. Je ne peux pas concevoir que ce jeune se retrouve encore une fois dans la rue avec un couteau.

Gil Avérous, maire de Châteauroux

L'édile dit regretter que Châteauroux s'ajoute aux exemples "d'altercations entre mineurs avec à plusieurs reprises des mineurs décédés et tués par d'autres mineurs". Comme les passages à tabac mortels de Shemseddine, 15 ans, à Viry-Châtillon, et celui de Philippe, 22 ans, à Grande-Synthe.

400 caméras à Châteauroux, la vidéo protection n'a pas suffi ?

Interrogé sur l'utilité des caméras de protection et sur les mesures de sécurité qui pourraient être mises en place, Gil Avérous est clair. "La vidéo protection apportera des éléments sur ce qui s'est passé, voir si d'autres protagonistes sont impliqués. Elle est utile en prévention et pour élucider une affaire qui pourrait être complexe ". Dans l'affaire Matisse, il n'y a pas de caméra sur le lieu même. "On ne peut pas mettre de caméra partout, c'est impossible," explique le maire.

Sur la question du couvre-feu, dans ce cas précis, "ça ne sert à rien. Ça s'est passé à 17h30, je n'allais pas mettre un couvre-feu à cette heure-là ! Il faut utiliser la possibilité du couvre-feu quand c'est utile. Encore une fois, les faits ne reflètent pas notre ville", justifie le maire. 

"Le risque 0 n'existe pas, par contre, il faut que sur cette question spécifique des adolescents, on puisse faire évoluer les choses. Car aujourd'hui, on a une faiblesse du système au niveau national. Car ce que l'on a vécu dans le quartier Saint-Denis, on peut le revivre dans la cour d'école, d'un collège, chez nos voisins à Bourges ou ailleurs. Il faut qu'on redonne du sens aux valeurs de la République, et à faire prendre conscience aux jeunes, aux ados, que la vie ça vaut quelque chose. Et que se promener avec un couteau ce n'est pas normal." 

Les parents doivent se saisir de cette question, pas seulement les parents d'enfants avec des difficultés, je crois que c'est important de parler à ses enfants de ce qui s'est passé. C'est l'occasion de se dire que ce fait de violence, il ne doit pas se reproduire.

Gils Avérous, maire de Châteauroux

 "Quand on a un différend avec un autre, ça ne se règle pas à coups de couteau", conclue-t-il. 

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