Le droit de vote des femmes a 80 ans, mais les élus sont majoritairement des hommes en Centre-Val de Loire

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Il y a 80 ans, les Françaises n'obtiennent pas seulement le droit de vote, mais aussi celui d'être élu. ©France télévisions - Xavier Naizet et Justine Salles

Le 21 avril 1944, une ordonnance du gouvernement provisoire accordait le droit de vote et d'éligibilité aux femmes. Depuis, la parité en politique progresse lentement mais surement. Le Centre-Val de Loire est plutôt à la traîne : peu de femmes y exercent des fonctions politiques importantes.

Le 21 avril 1944, les Françaises n'obtiennent pas seulement le droit de vote, elles peuvent désormais  être élues. Mais 80 ans plus tard, la parité dans les instances politiques est loin d'être atteinte en Centre-Val de Loire.

Par exemple, jamais une femme n'a dirigé le conseil régional. Toutefois, cette assemblée est majoritairement composée d'élues, avec 41 femmes et 36 hommes.

À l’inverse, du côté des parlementaires centro-ligériens, le constat est tout autre : sur 23 députés en Centre-Val de Loire, il n'y a que sept femmes. Elles sont également que cinq sur les 15 sénateurs. Soit environ un tiers des effectifs de la région à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Constat similaire dans les six grandes villes préfectures de la région, aucune n'étant dirigée par une femme. La plus grande commune à l'être est aujourd'hui Vierzon, 26 000 habitants, où Corinne Ollivier a été élue par le conseil municipal après le départ du maire Nicolas Sansu, élu en 2020 et touché par le cumul des mandats. 

"On pose aux femmes des questions qu'on poserait jamais aux hommes"

L'autre grande ville à avoir élu une maire se situe dans le Loiret, à Fleury les Aubrais, 21 000 habitants. Carole Canette a été confrontée aux stéréotypes depuis le début de sa carrière politique, comme elle nous l'explique :

"Je m'en souviens très bien, [...] surtout d'ailleurs pendant des périodes de grossesse. On pose aux femmes des questions qu'on poserait jamais aux hommes sur comment elles vont pouvoir faire quand il y a un nouveau-né. La période de grossesse, je l'entends. Mais enfin quand il y a un nouveau-né, c'est pareil pour le père et pour la mère me semble-t-il. Dans l'inconscient collectif, ce n'est pas du tout ça." 

Dans un paysage régional assez peu paritaire, le département d'Indre-et-Loire fait figure d'exception. Il est le premier - et le seul jusque-là - à avoir élu des femmes présidentes. La socialiste Claude Roiron d'abord, en 2008, à laquelle ont succédé une autre socialiste, Marisol Touraine, puis plus récemment Nadège Arnaud, soutenue par une coalition de droite. 

Trois départements sur quatre dirigés par des hommes

Aujourd'hui en France, seulement 20% des départements et des mairies sont dirigés par des femmes. On ne compte que 38% de femmes dans les conseils des communes de moins de 1 000 habitants et 89% des intercommunalités sont présidées par des hommes. Ce qui a amené l'association "Elles aussi" à publier une tribune dans Le Monde pour réclamer de nouvelles lois sur la parité. 

"Ce que nous demandons, c'est qu’il y ait, sous une forme ou une autre, une avancée vers la parité dans les exécutifs des intercommunalités", explique Danièle Bouchoule la vice-présidente de l'association. Elle poursuit : "Nous disons que dans les communes de moins de 1 000 habitants, il faut imposer la parité comme cela fut fait dans les communes de plus de 1 000 habitants. Pourquoi maintenir des communes de France hors de la loi de la République ?" 

L'association milite aussi pour la mise en place de tandems paritaires à la tête de toutes les collectivités, comme c'est déjà le cas pour les conseils départementaux. Une série de revendications qu'elle espère voir réalisées avant qu'on ne fête les 100 ans de la loi sur le vote des femmes. 

Avec Xavier Naizet et Justine Salles