Première marche des Fiertés de Blois : "Main dans la main, on peut faire bouger les choses !"

Entre 200 et 250 personnes se sont rassemblées pour la première marche des Fiertés du Loir-et-Cher, à Blois. Une manifestation pour défendre les droits de la communauté LGBT dans un contexte de violence et de discrimination toujours aussi prégnant.

Pour la première fois, la ville de Blois accueille une marche des Fiertés ce samedi 3 juin après-midi. Entre 200 et 250 personnes se sont rassemblées dans une ambiance festive, porte de la Creusille avant de déambuler dans le centre-ville. 

Un événement ô combien d'actualité dans la région, alors que, la veille, un lycéen de 17 ans a été mis en examen par le parquet de Tours "pour destructions et dégradations aggravés". Le jeune homme est suspecté d'avoir lancé une bouteille explosive dans le bâtiment du Centre LBGTI de Touraine le 22 mai dernier, alors que plusieurs salariés et bénévoles se trouvaient dans les locaux.

Le planning familial à la baguette

À l'origine de cette initiative, le planning familial du Loir-et-Cher, " la seule association à accompagner des personnes de la communauté LGBTQA+", explique Chloé l'une des organisatrices de l'événement et intervenante au planning familial 41.

Selon elle, il était temps que le Loir-et-Cher se mette à la page et dispose de sa propre marche des fiertés : " Au planning familial, on accueille de plus en plus de personnes LGBTQA+, donc pour nous c'était très important d'organiser cet événement".

Une initiative saluée par de nombreux participants : "Il faut défendre les droits des LGBT partout dans le monde et aussi ici, à Blois. Cette visibilité-là est très importante. En étant main dans la main, je pense qu'on peut faire bouger les choses !", glisse l'un d'entre eux.

Des craintes toujours palpables 

Pour d'autres en revanche, le constat est plus nuancé : " On avance à deux vitesses", souffle un participant. " D'un côté, la mentalité de ceux qui n'étaient pas complètement réfractaires a évolué grâce à l'éducation et à la prévention. Mais de l'autre, depuis le mariage pour tous en 2014, on a des gens complètement homophobes qui veulent nous agresser encore plus".

Ce genre d'événement ne devrait même pas exister. On ne devrait pas avoir besoin de se battre pour les droits de personnes qui demandent juste de vivre leur vie.

Une participante à la marche des fiertés de Blois

Un témoignage qui fait écho aux nombreuses violences dont sont encore victimes les membres de la communauté LGBT. Récemment,  le site Mediapart révélait que 300 hommes ont été piégés et violemment agressés ces cinq dernières années. Un chiffre très en deçà de la réalité du phénomène.