Témoignage. Ginette Kolinka, survivante d'Auschwitz : "pour ne pas que ça recommence, il faut en parler"

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Ginette Kolinka, survivante d'Auschwitz ©N. Lemaire / X. Naizet / J. Benard / France Télévisions
Publié le Écrit par Bertrand Mallen

Survivante des camps d'extermination nazis, Ginette Kalinka s'est rendue dans un lycée de Blois pour livrer son témoignage aux élèves.

Contre le retour de l'antisémitisme, contre les discriminations, contre les horreurs du génocide et des nettoyages ethniques récents ou toujours en cours, la voix des survivants s'élève. À 89 ans, Ginette Kolinka, née Cherkasky le 4 février 1925, porte désormais celle d'une survivante du génocide nazi et du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Inlassablement, depuis le début des années 2000, elle raconte son histoire. Ces 10 et 11 janvier, c'était devant près de 500 élèves du lycée Notre-Dame-des-Aydes à Blois. Sans effort malgré le poids des années, elle a capté l'attention des jeunes de 2024 avec le récit de sa propre adolescence, sous le signe de l'étoile jaune.

Survivante devenue passeuse de mémoire

Née au sein d'une famille juive athée d'origine ukrainienne et roumaine, Ginette Kolinka fuit la zone occupée en juillet 1942. La famille trouve refuge à Avignon. Mais le 13 mars 1944, elle est dénoncée, arrêtée, internée à Drancy puis envoyée à Auschwitz, où son père et son frère sont immédiatement mis à mort par le gaz. Ginette, âgée de 19 ans, est sélectionnée pour le travail et entre dans le camp des femmes, tandis que son neveu, 14 ans, entre dans celui des hommes.

Plus tard, elle est transférée à Bergen-Belsen puis Theresienstadt, au nord de Prague; où elle contracte le typhus. Le camp est finalement libéré par l'armée soviétique en mai 1945. Pendant près de 60 ans, elle garde le silence, avant de se décider à témoigner, pour lutter contre l'oubli.

C'est pas pour que vous pleuriez, c'est pour que vous en parliez. Pour ne pas que ça recommence, il faut en parler. On a tendance à oublier ce qui s'est passé parce que c'est très vieux. Mais pour moi ça me semble hier.

Ginette Kolinka, survivante de la Shoah

Rencontrer l'histoire

Cette intervention, c'est aussi "pour que les élèves puissent comprendre que cette histoire est vraie, véridique", explique Stéphanie de Marcé, enseignante au lycée. "Et qu'il y a encore des gens qui peuvent le raconter." De fait, la leçon est passée auprès des adolescents. "Elle l'a vécu", souffle une élève, "c'est pas juste une histoire qu'on nous raconte, c'est sa vie !"

À travers ces deux heures de témoignage, outre la mémoire des l'extermination de 6 millions de juifs en Europe, c'est aussi un message universel qui s'exprime par la bouche de Ginette Kolinka. Un message d'humanité au 21e siècle naissant : "Musulmans, juifs, noirs, Chinois, on n'est que des êtres humains, on a tous le droit de vivre."

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