Législatives 2022. Éoliennes, santé et agriculture : on vous résume le débat de la 2ème circonscription du Loir-et-Cher

Publié le
Écrit par Romane Sabathier .

France 3 Centre-Val de Loire se mobilise pour vous faire vivre la campagne des élections législatives 2022. Retour sur les temps forts du débat entre cinq candidats en lice sur la 2ème circonscription du Loir-et-Cher, une émission animée ce mercredi 1 juin par Franck Leroy.

Cinq candidats étaient invités à débattre ce mercredi 1 juin sur le plateau de France 3 Centre-Val de Loire. L'enjeu : l'élection législative de la 2ème circonscription du Loir-et-Cher. Des thématiques fortes, aussi bien du point de vue local que national, ont été évoquées, comme l'accès à la santé, la ruralité ou encore l'agriculture.

Les cinq candidats présents étaient, par ordre alphabétique : 

  • Pascal Bioulac, maire de Lamotte-Beuvron, conseiller départemental en charge de l'agriculture et candidat investi par Les Républicains
  • Emmanuelle Chaplault, associée à la coopérative Odyssée qui accompagne les demandeurs d'emplois dans leur projet entrepreneurial, candidate de la majorité "Ensemble !"
  • Roger Chudeau, inspecteur général de l'Education nationale retraité, également en charge du projet éducatif de Marine Le Pen, investi par le Rassemblement National
  • Jérémie Demaline, rédacteur assurances et militant du Parti communiste français, représente la NUPES.
  • Guillaume Peltier, député sortant et président du parti Reconquête!

Quatre autres candidats de la circonscription n'étaient pas sur notre plateau. Il s'agit de François Chereau, candidat en soutenant la majorité présidentielle, Marie-Thérèse Druesne du Mouvement de la Ruralité, Caroline Maison de Lutte Ouvrière et Patrick Pinson de La France Autrement. 

Au cours de quelque 50 minutes d'échange, les candidats ont abordé les problématiques de la désertification médicale, de la ruralité, de l'agriculture ou encore de l'écologie. 

Voir le débat en vidéo

Quatrième changement d’étiquette pour le député sortant Guillaume Peltier

Avant de rentrer dans le cœur du débat, Guillaume Peltier est revenu sur son départ des Républicains "quand j'ai compris que Valérie Pécresse allait se rallier à Emmanuel Macron [...] Je combats fortement la politique du Président". En rejoignant le camp d'Eric Zemmour, c'est le quatrième changement de parti de l'ancien numéro deux de la droite républicaine. Un nouvelle étiquette politique qui ne déstabilise pas pour autant ses adversaires. "Mon seul adversaire c'est le macronisme" lance le candidat RN Roger Chudeau. "Je pense que chacun doit rester aligné sur ses valeurs" du côté d'Emmanuelle Chaplault, investie par la majorité.

La désertification médicale, une préoccupation

Face à la raréfaction des médecins en Centre-Val de Loire, il coulait de source que la désertification médicale soit abordée dans ce débat. Qui plus est, cette circonscription se trouve être particulièrement âgée puisque la moitié des habitants a plus de 48 ans.

Du côté de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), représentée par Jérémie Demaline, il faudrait "obliger les médecins à s'installer dans un désert médical à la fin de leurs études", sous la "pression" du conventionnement avec la sécurité sociale. Pour Les Républicains, travailler sous la contrainte pourrait s'avérer contre productif.

De son côté, le candidat RN tente de dresser le bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron, en dépeignant notamment la situation dans les urgences en France. Il estime à 18 000 le nombre de lits fermés ces cinq dernières années sur l'ensemble du pays. Ce n'est en réalité pas si facile à estimer. Il finit même par donner un autre chiffre : 100 000 fermetures de lits en 20 ans, ce qui s'avère être faux. 

En sa qualité de député sortant, Guillaume Peltier (Reconquête!) s'est quant à lui félicité d'avoir déposé une proposition de loi pour inciter les jeunes médecins à venir dans ces territoires en échange de rémunération, conjointement avec plusieurs autres députés du Centre-Val de Loire. Il se montrait par ailleurs opposé au développement de la télémédecine.

L'attractivité survolée au profit des questions d'éducation

Dans cette circonscription qui jouit d'une certaine richesse touristique, notamment grâce au château de Chambord ou encore le Zoo de Beauval, les candidats ont été interrogés sur l'attractivité de leur territoire. "Ce qui nous manque, c'est de revaloriser le travail" lance Pascal Bioulac (LR). Une affirmation confirmée par la candidate investie par la majorité, Emmanuelle Chaplaut. "On a tendance à retenir les grosses entités mais on a des gens qui innovent sur notre territoire. La crise Covid nous a fortement impactés".

En d'autres termes, il faudrait davantage venir en aide à ceux qui contribuent à l'économie du territoire. Un "tabou" que veut briser le candidat de Reconquête! "Les revenus d’assistance sont trop haut : ce qu’il faut c’est recréer un écart entre le revenu du travail et le revenu d’assistance. Un certain nombre de personnes profitent du système sans parler de la question centrale de l’immigration ". Pour la NUPES, il faut permettre aux parents de faire garder leur enfant pour qu'ils puissent travailler sereinement. 

Peu à peu, le sujet de l'éducation s'invite donc dans le débat, notamment avec les fermetures de classe qui touchent le Loir-et-Cher en milieu rural. Si le candidat du Rassemblement National assure que dix-sept classes sont menacés à la rentrée prochaine, nous n'avons toutefois pas pu nous faire confirmer ce nombre par le rectorat.

Pour Emmanuelle Chaplault, la solution résiderait dans la revalorisation du salaire des enseignants. Si en ancien professeur d'histoire-géographie, Guillaume Peltier affirmait qu'un professeur gagnait entre 1200 et 1250 euros net en début de carrière, le site de l'Education nationale parle plutôt de 1451 euros net dès la première année. Enfin, cette partie du débat s'est conclue par une vive critique de la nomination de Pap Ndiaye au poste de ministre de l'Education nationale de la part de Reconquête! et du Rassemblement National. 

La nomination de Pap Ndiaye est une catastrophe pour le pays. Il nie qu'il y ait un islamo-gauchisme et un wokisme dévorant à l'université. On peut être inquiets pour les cinq années à venir.

Roger Chudeau, candidat du Rassemblement National

Le ton monte sur le volet agriculture

L'agriculture est sans doute le domaine de prédilection de Pascal Bioulac, élu au département du Loir-et-Cher dans ce domaine. Alors quand Guillaume Peltier évoque ses projets pour la circonscription, comme le "zéro charge pour les transmissions aux jeunes agriculteurs, une TVA à 0% pour la vente à un producteur" ou encore la promotion du patrimoine agricole, le candidat investi par Les Républicains se félicite d'avoir mis ces questions au centre de son mandat. Le porte-parole de Reconquête! riposte : "Vous étiez avec les socialistes, la France Insoumise. Moi je suis de droite et fier de l'être", ce à quoi le conseiller départemental répondra "Vous êtes d'extrême droite".

En raison de la guerre en Ukraine, la problématique de la souveraineté alimentaire du pays s'est par la suite très rapidement posée. Car même si la France est l'un des plus grands producteurs de blés, elle demeure dépendante du grenier de l'Europe. Alors quand Reconquête! et le Rassemblement National veulent tendre vers le 100% local, c'est l'indignation chez Renaissance et Les Républicains. "Avec les extrêmes, il faut supprimer l'Europe, tout ce qui gêne et embête". Le candidat NUPES a quant à lui choisi de faire un pas de côté, préférant évoquer la santé des agriculteurs détériorée par l'utilisation des pesticides et la promotion d'une agriculture biologique.

Ecologie : en Sologne, certains candidats peu concernés

Alors que le rapport du GIEC se montre plus alarmant que jamais, ce n'est qu'en dernière partie de débat que l'environnement est abordé. Alors que la droite promouvoit la transformation des biodéchets en gaz renouvelables, notamment sur sa commune de Lamotte-Beuvron, Renaissance veut davantage d'inclusion du citoyen au coeur des problématiques environnementales. 

Les deux candidats de l'extrême droite se sont quant à eux fait remarquer de part leur manque d'intérêt pour le sujet : tantôt Roger Chudeau a provoqué les rires de ses adversaires avec sa déclaration : "On n'arrête pas de nous faire culpabiliser alors qu'il n'y a pas d'urgence écologique faut pas non plus exagérer", tantôt Guillaume Peltier a été surprenant en ramenant la question très rapidement à l'immigration. "Je pense qu'il y a un défi climatique mais y'a aussi, et il faut l'accepter, un défi d'immigration, d'insécurité, d'identité sur la question de l'islam politique [...] Quand Marine Le Pen fait 51% dans notre circonscription, c'est bien que la question de l'immigration et de la sécurité intéresse". Seule déclaration notable au sujet de l'environnement : 

A noter qu'en aucun cas dans ce débat, la problématique de l'engrillagement en Sologne, qui recouvre une grande partie de la circonscription, n'a été évoquée.

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