Affaire Loïc Louise : dix ans après près les faits, un gendarme renvoyé en correctionnelle pour "homicide involontaire" après un tir de taser

Un procès se tiendra dans l'affaire Loïc Louise, du nom de cet étudiant de 21 ans, décédé à la Ferté-saint-Aubin dans le Loiret à la suite d'un tir de taser effectué par un gendarme. Le militaire sera jugé pour "homicide involontaire"

C'est un rebondissement inespéré pour les parents de Loïc Louise. Dix ans après le décès de leur fils, à la Ferté-Saint-Aubin, au sud d'Orléans, un procès aura finalement lieu. Le gendarme, qui avait tiré avec un taser sur le jeune homme originaire de La Réunion, sera jugé pour homicide involontaire. Une information révélée par le média Clinacoo

"C'est déjà un premier pas au niveau de la justice d'avoir un procès. Ça fait dix ans que notre combat est mené donc nous attendons bien entendu une suite et nous y serons", confie la mère, Berthe Louise, à nos confrères de La 1re. "Je voudrais voir cette personne et l'entendre... Il faut qu'il me dise exactement ce qu'il a fait à mon fils".

Tir de taser après une bagarre

Le dimanche 3 novembre 2013, les gendarmes interviennent alors qu'une bagarre éclate entre Loïc Louise et ses cousins lors d'une soirée d'anniversaire. L'étudiant, très fortement alcoolisé, s'approche d'un premier gendarme qui le repousse avec une clef de bras, puis d'un second, qui cette fois tire à l'aide de son taser pendant 17 secondes. C'est 12 secondes de plus, qu'un tir réglementaire, rapporte Mediapart en 2014.

Le jeune homme s'effondre et décède quelques minutes plus tard. Sept mois après le drame, l’enquête avait été close sans qu'aucun lien ne soit établi entre le tir de taser et le décès du jeune homme.

Mais le procureur de la République de l'époque a tout de même décidé d'ouvrir une information judiciaire. En juin 2019, l’ancien gendarme adjoint volontaire est placé sous le statut de témoin assisté, avant sa mise en examen récente pour "homicide involontaire".

Tout l'enjeu du procès sera désormais de déterminer si l'usage du taser par le gendarme, âgé alors de 26 ans au moment des faits, était proportionné. Pour l'heure, la date de l'audience n'a pas encore été communiquée.