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Les gilets jaunes de Gien rendent hommage à Philippe, décédé d'une crise cardiaque lors d'une manifestation à Paris

Philippe était considéré comme " le papa du groupe" des gilets jaunes de Gien (Loiret). / © Page Facebook "Cédric lâche rien" - Cédric Ragot
Philippe était considéré comme " le papa du groupe" des gilets jaunes de Gien (Loiret). / © Page Facebook "Cédric lâche rien" - Cédric Ragot

Philippe, un gilet jaune de Gien (Loiret) est mort d’une crise cardiaque lors de la dernière manifestation à Paris le samedi 26 janvier. Ses compagnons de rond-point vont lui rendre un dernier hommage ce week-end à Gien.

Par Amélie Rigodanzo

Il s’appelait Philippe et aurait eu 50 ans ce mois-ci. Sur le rond-point de Poilly-lez-Gien (Loiret) où il était présent depuis le début du mouvement des gilets jaunes le 17 novembre dernier, il était sans doute l’un des plus connus et des plus appréciés.

Réputé pour sa gentillesse et sa discrétion, "c’était un petit nounours comme on disait", raconte Cédric Ragot qui l’a beaucoup côtoyé. "On a passé des journées et même des nuits ensemble à veiller sur les ronds-points".

Cédric, l’un des porte-parole des gilets jaunes de Gien, et Philippe faisaient partie d’un petit groupe qui s’était baptisé "les Tuches" après que la bande se soit perdue dans le métro parisien en se rendant  à une manifestation.

C’était l’un de ses membres les plus actifs : "Il a toujours été sur les ronds-points et était de toutes les manifs : paris, bourges, Montargis, de nuit comme de jour", relate Cédric Ragot.

Philippe était aussi un peu "le papa du groupe", raconte Cédric. "Quand il y avait des tensions, il était toujours là pour apaiser les esprits. Des fois, on avait des petits coups de mous, on se demandait si on allait réussir à faire bouger les choses, et c’était le premier à nous prendre par l’épaule pour nous dire de ne rien lâcher".

Une grande photo, des bougies, quelques discours et une minute de silence en hommage à Philippe.


Le Samedi 26 janvier, le groupe s’était divisé pour monter à Paris. Philippe était du premier voyage qui devait manifester la journée. Cédric et l’autre moitié du groupe devaient les rejoindre plus tard pour assurer la nocturne : "Dans la rue, Philippe ne s’est pas senti bien et est tombé d’un coup." a-t-on rapporté à Cédric. De longues minutes de massage cardiaque ne permettront pas de le sauver.

Sous le coup de l’émotion, les gilets jaunes de Gien ont failli tout arrêter, mais ils ont finalement choisi de poursuivre le combat : "c’est ce qu’il aurait voulu" explique Cédric. "On va se battre pour ses convictions et ses revendications. On veut toujours changer les choses mais aujourd’hui c’est aussi pour lui qu’on continue".

Philippe, Cédric et les autres avaient déjà tout organisé pour le samedi suivant. Une manifestation était d’ores et déjà prévue à Gien. Les gilets jaunes ont donc décidé de la maintenir.

Un hommage lui sera rendu sur la place du Cinéma de Gien où ses compagnons en jaune ont prévu d’ériger une grande photo. Quelques discours à la mémoire de leur ami, une minute de silence à la flamme de bougies, puis le cortège reprendra son cours : "Pour lui, pour sa femme, pour sa fille et pour que, de là où il est, il voit que ça a été maintenu et que c’est une réussite", s’émeut Cédric.
 

Programme de la manifestation et des hommages à Philippe.

  • Rassemblement à 13h sur le parking de la piscine de Gien.
  • Départ du cortège à 14h.
  • Pause d’une demi-heure sur la grande place du cinéma de Gien.
  • Recueillement, minute de silence et discours en hommage à Philippe.
  • Poursuite de la marche.

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