Législatives 2022 : la droite part déjà divisée dans trois circonscriptions du Loiret

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Le député sortant des Républicains, Claude de Ganay, a annoncé sa candidature à l'élection législative de la 3e circonscription du Loiret ce 10 mai. Dans le même geste, il a demandé au candidat dissident de l'UDI, Jean-Luc Riglet, de se retirer. Trois circonscriptions du département font déjà face à des dissidences à droite.

C'était soupçonné, c'est désormais officiel : le député LR sortant de la 3e circonscription du Loiret, Claude de Ganay, a annoncé sa candidature à l'élection législative ce 10 mai lors d'une conférence de presse. Or, la course aux suffrages à peine lancée, la droite se montre déjà fracturée sur ce territoire.

Le risque de "nous faire perdre tous les deux"

En effet Jean-Luc Riglet, le maire UDI de Sully-sur-Loire et vice-président du conseil départemental, s'est déjà présenté quelques jours plus tôt. Une candidature dissidente "qui va nous faire perdre tous les deux", avertit Claude de Ganay. Le parti de centre-droit et les Républicains avaient en effet conclu un accord en amont des législatives. Dans le Loiret, deux circonscriptions font déjà face à une dissidence à droite : la quatrième, celle de Montargis, où le candidat investi Ariel Lévy devra compter avec la candidature de Philippe Moreau, ex-LR, et la cinquième, où LR a investi Maxime Buizard, qui s'opposera à Thierry Barjonet.

C'est mathématique : avoir deux candidats de droite et de centre-droit, cela conduirait à la victoire du Rassemblement national

Claude de Ganay, député sortant de la 3e circonscription du Loiret

Claude de Ganay, rappelant sa légitimité en tant que "seul candidat investi par l'UDI, le Nouveau Centre et les Républicains", a demandé "très formellement" au maire de Sully de se retirer. Il s'adresse tout aussi formellement aux soutiens de Jean-Luc Riglet, dont le délégué national de l'UDI, conseiller régional et premier adjoint au maire d'Orléans Florent Montillot, et le président du Département Marc Gaudet, pour qu'ils "appuient cette demande".

"Je n'ai pas d'ordre à recevoir de qui que ce soit", répond Jean-Luc Riglet, joint par France 3. "Je continuerai, bien évidemment. Si je me présente, c'est pour continuer l'action que je mène sur le territoire et porter au niveau national les problématiques des communes."

Pour appuyer sa légitimité, Claude de Ganay rappelle l'accord entre LR et l'UDI, alliés dans les élections législatives, qui n'a réservé qu'une seule circonscription du Loiret au part centriste, à savoir la seconde. "M. Riglet ne doit pas tromper les électeurs : il n'est pas investi par l'UDI", insiste le député sortant. "Il n'a d'ailleurs sa carte que depuis un mois et demi, vous voyez que c'est une candidature de conviction !" ironise encore Claude de Ganay. "On n'arrête pas de se plaindre que les Français se détournent de la politique, mais dès qu'il y a une élection tout le monde y va !"

Certes "pas investi au niveau national", Jean-Luc Riglet estime que "la population générale n'est pas vraiment intéressée par les accords entre partis". Fort de plusieurs mandats locaux et départementaux, il "pense être crédible", explique-t-il, sans entrer dans cette logique. Et la responsabilité dans une éventuelle victoire de l'extrême-droite, invoquée par Claude de Ganay ? "C'est son avis", rétorque le vice-président du département. "Ce qui compte, c'est l'avis des électeurs, et ça on le verra le 12 juin."

Une "circo" déjà très disputée

Beaucoup de candidats sont déjà en lice dans cette circonscription. Certains cadres de la droite ont même murmuré qu'à la faveur d'un accord entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, Claude de Ganay pourrait ne pas avoir d'adversaire de la majorité présidentielle. "Ça m'a amusé d'entendre ces bruits, ces frémissements dans la presse", plaisante l'intéressé. La candidature pour le MoDem, membre de l'alliance présidentielle Ensemble, de Karine Barbier-Beauregard "a fait taire ces bruits", estime-t-il. Pas forcément

En plus de ces trois candidats, au moins quatre autres se présenteront, dont trois sont déjà connus. Pour le RN, c'est Mathilde Paris, également conseillère régionale, a annoncé sa candidature le 4 mai. A gauche, le candidat de la Nupes appartiendra à la France insoumise, mais n'est pas encore connu, même si Romain Dargent, d'abord investi par le PS, a pris acte de l'accord national. Lutte ouvrière quant à elle présente Michel Naulin. Enfin, le mouvement "citoyen" des Altruistes est représenté par Sébastien Cessac. Les candidats ont jusqu'au 20 mai pour se faire connaître.