Le Cercil raconte l’histoire de dessins sauvés du camp de Beaune-la-Rolande dans le Loiret

Publié le
Écrit par Catherine Lacroix .

Le Cercil-musée mémorial des enfants du Vel d’hiv à Orléans organise ce mardi 1er mars à 18h, une lecture sur l’histoire d’un carton à dessins sauvé du camp de Beaune- la- Rolande. Réalisés par Zber, un artiste polonais interné dans ce camp, il s’agit de 18 portraits d’autres hommes rencontrés dans ce lieu.

L’histoire de ces portraits d’hommes internés au sein du camp de Beaune-la-Rolande situé dans le Loiret, durant la seconde guerre mondiale sera racontée ce soir au Cercil à Orléans.

Ces dessins sont l’œuvre d’un artiste polonais Fizel  Zylberberg, dit Zber.  Aujourd’hui, après être passés de main en main pour être protégés, 18 portraits sont conservés au  musée d’art et d’histoire du judaïsme (MAHJ) à Paris.  

Œuvres de survie et objets de mémoire  

Après son arrestation le 14 Mai 1941, à la rafle dite du « billet vert », la rafle à Paris des juifs étrangers,  l’artiste est envoyé dans le camp loirétain. A cette époque il est déjà un artiste reconnu. Agé de 32 ans, il est en France depuis 1936.Dans son pays, il a fait des études de dessin et de gravure à l’académie de Varsovie.

Dans le camp, la vie s’organise. Durant un peu plus d’une année, il donnera ainsi des cours de dessin, et lui-même fera des portraits de ceux qui y vivent. Ces dessins en sont le reflet. Ils ont même fait l’objet d’une exposition ouverte aux habitants de Beaune, au sein du camp d’internement en janvier 1942. Zber  qui avait l’autorisation de sortir du camp pour se rendre à l’hospice de Beaune fera aussi des dessins de malades et de vieillards conservés au Cercil.

  Comment ces dessins sont parvenus jusqu’à nous  

Ces portraits très forts, d’hommes aux visages fermés, de tous âges, au trait très précis, extrêmement fin, sont aujourd’hui encore des œuvres sans nom. «  Aucun de ces hommes n’est identifié, explique la Directrice du Cercil, Annaïg Lefeuvre,  il y a donc tout un travail de recherches à faire pour les identifier, un travail que les historiens du Cercil, habitués des sources photographiques de l’époque sont à même de faire »  

Pour savoir comment ces dessins ont pu nous parvenir, rendez-vous ce soir au Cercil. C’est Adrien Dupuis- Hepner, arrière-petit-fils du dépositaire des œuvres qui expliquera leur périple. Sachez que Zber s’était lié d’amitié avec Isaac Furmanski, un ingénieur influent qui avait organisé la résistance du camp. La fiancée de Zber, Sténia,  a sorti les dessins, puis se sentant en danger les a confiés à Dorka, l’épouse de Furmanski. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.  

Outre l’arrière-petit-fils, il y aura la petite- fille, et Monique fille d’Isaac Furmanski, qui a participé pleinement à la conservation de ces œuvres. Un devoir de mémoire d’autant plus important pour la famille que Zber déporté à Auschwitz en juillet 1942 y fut assassiné en Octobre.  

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