"Ce système est fou, absurde, et je n'en serai pas le complice !" : Serge Grouard dénonce une nouvelle fois l'arrivée de migrants à Orléans

Il y a un mois, le maire d'Orléans s'indignait déjà au sujet des migrants sans-abris, déplacés par centaines "en catimini" depuis la région parisienne. Ce vendredi 19 avril, par voie de communiqué, Serge Grouard dénonce un nouveau "déplacement de migrants sans domicile fixe de Paris à Orléans" sans en avoir été informé.

C'est un deuxième coup de gueule pour le maire (DV) d'Orléans, Serge Grouard. Dans un communiqué de presse, ce vendredi 19 avril, l'élu s'insurge à nouveau de n'avoir pas été informé par les services de l'État de l'arrivée de "migrants sans domicile fixe de Paris".

L'édile demande "que l'État cesse cette politique de gribouille, qu'il arrête ces déménagements forcés de Paris vers la province". Parlant même de "bal des faux-culs", le maire indique que l'État ne fait preuve d'aucune transparence et ne l'a, "encore une fois", pas prévenu de l'arrivée d'une quarantaine d'hommes sur Orléans, en début de semaine.

La préfète du Loiret, Sophie Brocas, réagit aux propos du maire

"Mardi 16 avril, en fin de matinée, les forces de l'ordre ont démantelé le plus grand squat français de migrants à Vitry-sur-Seine. Le même jour, aux alentours de 13 heures, un car avec à son bord une quarantaine d'hommes délogés de ce même squat arrivait dans un hôtel sur l'agglomération d'Orléans", écrit Serge Grouard. 

Ces propos ont fait réagir la préfète du Loiret, Sophie Brocas, ce samedi 20 avril. Dans une lettre qu'elle adresse au maire, la représentante de l'État a tenu à s'exprimer : "Le maire peut m'appeler toutes les trois semaines, ça ne me pose aucun problème. Mais l’hébergement d’urgence est une compétence de l'État, pas des collectivités territoriales."

Le ministre du logement a assuré, le 26 mars dernier, devant les parlementaires "Cette politique, elle se fait en toute transparence avec les élus locaux". C'est faux.

Serge Grouard, maire d'Orléans

Dans son communiqué, Serge Grouard parle également des logements sociaux : "l'État vient d'exiger des bailleurs sociaux et notamment des Résidences de l'Orléanais que 1500 logements sociaux (excusez du peu) soient réservés aux personnes en très grande précarité, c'est-à-dire aux migrants sans domicile fixe"

Selon lui, Orléans fait figure de bonne élève en matière de logement social. "Nous avons 28 % de logements sociaux, c'est-à-dire nettement au-dessus des 20 % requis". Parlant d'un hébergement d'urgence saturé sur sa ville, il constate que "malgré tous les efforts du 115, des personnes sont à la rue chaque nuit".

Une "confusion" du maire, concernant les logements sociaux

Ce passage a également suscité la réaction de la préfète, qui estime qu'il s'agit d'une "confusion" de l'élu. Elle explique : "Nous avons 1500 logements sociaux, mais ça représente la totalité du contingent préfectoral vers lequel on oriente les victimes prioritaires, les femmes victimes de violences, pour l'habitat indigne, et donc, pour l'hébergement d’urgence". 

Sur la globalité de ces 1500 logements sociaux, la préfète entend réserver 25 % de ce contingent à l'hébergement d'urgence, dans le Loiret, soit environ 300 logements.

Un deuxième coup d'éclat pour Serge Grouard

Fin mars, sur le plateau de France 3 Centre-Val de Loire, Serge Grouard s'était déjà indigné et dénonçait le fait que, toutes les trois semaines, depuis un an, des sans-abris étaient déplacés de la capitale jusqu'à Orléans. Orléans n'a pas vocation à accueillir la colline du crack de Paris", avait-il lancé. 

A l'époque, la préfecture du Loiret, avait également répondu par communiqué. Les services de l'État avaient expliqué que 10 sas d'accueil régionaux avaient été créés à l'échelle nationale, dans le cadre d'un dispositif d'accueil temporaire dédié aux personnes mises à l'abri depuis l'Île-de-France. Ceci, "sans lien avec l'organisation des Jeux Olympiques". L'un de ces sas a été ouvert en mai 2023, dans le Loiret.

Je pense que notre territoire peut parfaitement accueillir cette centaine de personne. Cela ne représente pas une submersion migratoire.

Sophie Brocas, préfète du Loiret

La préfecture étayait son propos de chiffres : sur dix mois, 519 personnes ont été bien prises en charge. Les services de l'État précisaient que cela ne concernait pas seulement Orléans, mais l'ensemble de la région Centre-Val de Loire. "Au total, 134 personnes ont été prises en charge dans le département du Loiret", indiquait l'Administration.

La préfète a donc rappelé ces chiffres, ce samedi 20 avril. "Serge Grouard sait qu'il y a 10 sas d'accueil partout en France dont un à Orléans, ça représente une arrivée de 50 personnes toutes les 3 semaines dans le Loiret". Et d'ajouter, parlant des 134 personnes restées dans le Loiret : "Je pense que notre territoire peut parfaitement accueillir cette centaine de personnes. Cela ne représente pas une submersion migratoire." 

Face à l'engouement médiatique provoqué par les propos de Serge Grouard, la Licra (Ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme) a aussi réagi, dernièrement. Via un communiqué, elle entendait défendre le principe de "fraternité", en s'"opposant aux dangereuses dérives extrémistes qui la menacent et risquent de faire vaciller la République"