Législatives 2022 : bilan d'un mandat mouvementé dans la 1ère circo du Loiret pour Stéphanie Rist, l'experte santé de la majorité

A l'approche des élections législatives, France 3 sollicite les députés sortants du Centre-Val de Loire pour faire le bilan des cinq années écoulées. Rhumatologue, Stéphanie Rist a dû faire face à un premier mandat parlementaire chahuté, tout en défendant le bilan du gouvernement.

Se retrouver à la fois professionnelle de santé et élue LREM, c'était s'engager sur un chemin cahoteux. Surtout à la veille d'une double crise sanitaire, qui conjugue la fragilité de l'accès au soin et la plus importante pandémie depuis un siècle. Pourtant, Stéphanie Rist, la députée de la première circonscription du Loiret, tient à défendre le bilan de la Macronie en matière de santé.

"On a fait beaucoup, mais la situation reste compliquée"

De fait, d'épineuses difficultés rongent le système de santé : le manque chronique de médecins généralistes qui fait de la région Centre-Val de Loire le plus grand désert médical de France d'une part, et d'autre part les fermetures de lits et le manque de personnel hospitaliers qui font craquer les services d'urgences depuis le début de l'année. Deux problématiques déjà présentes de longue date avant le début de la crise du covid-19.

"On a fait beaucoup, mais la situation reste compliquée" admet la professionnelle de santé, et également conseillère municipale d'opposition à Orléans depuis 2020. Et de citer les différentes promesses tenues de la majorité : la fin du numerus clausus, remplacé par un numerus apertus, la création de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ou encore la prise en charge à 100% des lunettes et des prothèses auditives.

En région Centre-Val de Loire, elle se félicite aussi de l'arrivée prochaine d'une faculté d'odontologie à Tours, et aussi de l'annonce le 22 février par Jean Castex de la création d'une fac de médecine à Orléans afin de porter le nombre de médecins formés par an dans la région à 500. "D'ici à trois ans, on devrait déjà commencer à sortir la tête de l'eau" sur le sujet de la faible démographie médicale, estime-t-elle. En cause, des changements d'organisation et à la montée en compétence d'infirmiers de pratique avancée (IPA), destinés à suivre les maladies chroniques et à même de soulager les médecins.

Une "certaine fierté" devant Ma Santé 2022

A titre personnel et politique, Stéphanie Rist revendique un "travail de fourmi" et une "certaine fierté" sur la stratégie "Ma Santé 2022". Elle fut en particulier co-rapportrice de la loi "d'organisation et transformation du système de santé", promulguée en juillet 2019. Son autre fierté, c'est aussi sa proposition de loi "visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification", promulguée le 26 avril 2021. Cette dernière traduit le volet non financier du Ségur de la santé et vise à réorganiser les hôpitaux et les professions de santé.

De fait, le bilan contrasté du quinquennat Macron, alourdi par les bouleversements supplémentaires dus au covid, charrie son lot de regrets pour la députée. La santé a été l'une des raisons de l'engagement de Stéphanie Rist en politique. "Je voulais améliorer l'accès au soin sur nos territoires", affirme celle qui a même "repris la blouse" au plus fort de la pandémie. "Je ne suis pas arrivée à aller aussi loin que je le voulais." Mais, se rassure-t-elle, "il y a un principe de réalité : ce n'est pas en claquant les doigts qu'on change les choses sur la durée." Reste le Ségur de la Santé : "8,8 milliards d'euros vers les revalorisation de salaires et 12 milliards d'euros d'investissement, notamment sur les équipements du quotidien", énumère la députée.

Une élue fidèle à la "méthode" Macron

Pourtant, son engagement auprès de la majorité reste entier. Elle a voté presque sans exception toutes les lois de la majorité. "J'ai toujours voté en confiance, même lorsque c'était difficile", estime Stéphanie Rist. "Chaque texte, je peux l'expliquer et argumenter, montrer qu'on respecte les engagements pris en 2017." Plus qu'à l'idéologie, elle adhère à la "méthode" Macron.

J'ai trouvé ce qu'il me fallait à En Marche. On fonctionne en mode projet. Je suis beaucoup plus à l'aise pour travailler sur un projet précis, en concertation, plutôt que pour voter en faveur de telle ou telle écurie

Stéphanie Rist, députée sortante de la 1ère circonscription du Loiret

Le tout avec une "colonne vertébrale" : "on favorise l'économie, pour permettre ensuite d'aider les gens." Le mandat d'Emmanuel Macron, explique-t-elle, a permis "d'avancer sur la lutte contre le chômage et de diminuer les impôts". Avec quelques nuances toutefois. Les pouvoirs publics, en augmentant les entrées en formation, la surveillance des chômeurs et les radiations, a permis de faire glisser artificiellement 62 800 personnes hors de la catégorie A, et d'en supprimer 52 000 de plus des listes de Pôle emploi. En revanche le "halo" du chômage, défini par l'Insee pour compter les personnes inactives et en recherche d'emploi, même lorsqu'elles ne sont pas inscrite à Pôle emploi, a quant à lui légèrement augmenté depuis un an, surtout chez les jeunes. De même, les baisses d'impôts ont favorisé en premier lieu les plus riches, tandis que certains services publics ont subi des coupes nettes et une dégradation des conditions de travail. Selon les Échos, la dégradation des finances publiques liées à ces cadeaux fiscaux "fait craindre des hausses d'impôts futures".

Tensions et menaces

Ce premier mandat électif a aussi fait office de baptême du feu pour beaucoup d'élus marcheurs, qui ont découvert à quel point la vie politique peut être brutale. En janvier 2022, Stéphanie Rist a été visée par des menaces de mort en amont du vote de la loi sur le pass vaccinal. "Dès la campagne de 2017, il y avait des tensions, une certaine virulence", commente l'élue. " Mais quand ça vous touche, quand ça touche votre famille, c'est dur". Dans la foulée de ces menaces, elle a porté plainte.

Pourtant, elle admet "adorer" aller sur le terrain et prendre le pouls de sa circonscription. Mais la tension "s'aggrave à chaque campagne", estime-t-elle. En particulier depuis la crise du covid, où la circulation de fausses informations s'est aggravée.

Cet état de fait, alimenté par les tensions politiques accrues au cours du premier quinquennat Macron, n'ont cependant pas empêché Stéphanie Rist de se présenter à sa propre succession. Sept autres candidats seront présents au premier tour de l'élection législatives dans cette circonscription. A gauche, Ghislaine Kounowski fait campagne pour le Parti socialiste et la Nupes, et Claude Trepka pour Lutte ouvrière. Thierry Cousin représentera l'UDI, alliée aux Républicains, et Dounia Khuwaylid se présente pour l'Union des démocrates musulmans français. Enfin, à l'extrême-droite, Sabryna Khider se présente pour les Patriotes, Patricia Lequen pour Reconquête et François-Valbert Hélie pour le Rassemblement national.