PORTRAIT. Sully-sur-Loire : un passionné de vélos rachète l’ancienne usine Helyett et ouvre un musée

C’est la belle histoire d’un passionné. Bruno Herpin cherche un local pour stocker ses motoculteurs Staub et achète pour cela l’ancienne usine de vélos Helyett. C'est la naissance d'une seconde passion qui l’amène à monter un musée le long de la Loire à vélo.
Moto Helyett de 1929 devant le château de Sully-sur-Loire.
Moto Helyett de 1929 devant le château de Sully-sur-Loire. © Bruno Herpin

Une passion qui en amène une autre

Depuis plus de vingt ans, Bruno collectionne les motoculteurs anciens.

C’est un peu par hasard qu’il acquière son premier engin : en organisant une animation jardinage pour la grande surface dans laquelle il travaillait. Une brouette motorisée lui passa dans les mains, une Staub en plus ! Vous aurez compris, la passion fût instantanée.

Aujourd’hui il est fier d’avoir l’un des tous premiers modèles commercialisés de motoculteur. Le Beeman Garden de 1916 pour les connaisseurs…

Mais avec plus de 200 modèles dont certains de la marque Staub, son jardin devient trop petit. De plus, l’envie de présenter sa collection le pousse à créer un musée.

Début 2019 l’achat est conclu. Bruno Herpin devient propriétaire d’un bâtiment en bord de Loire qui a la particularité d’avoir deux ouvertures. L’une sur la rue passante en centre-ville et l’autre en bord de Loire. Une aubaine avec la Loire à vélo passant juste à côté !

Un achat qui bouscule ses plans

On dit souvent que la vie est bien faite, en voici la preuve. Cet espace de 400 mètres carrés que vient d’acquérir Bruno n’est autre que l’ancienne usine de fabrication des vélos Helyett.

Ce lieu chargé de souvenirs et d’histoire industrielle pour les habitants de la commune va retrouver toute sa splendeur.

Après s’être intéressé de plus près aux archives, il est vite devenu évident pour le nouveau propriétaire de sauvegarder ce patrimoine avec une exposition. Il a mis ses motoculteurs de côté et s'est passionné pour les vélos Helyett.

En 1 an ce n’est pas moins de 50 vélos qu’il a réussi à récupérer. Dans le lot on retrouve des pièces plus anecdotiques comme un tandem à moteur ou des motos…

Dans les années 50, environ 1 200 vélos sortaient de l’usine tous les mois. Beaucoup restent encore à trouver mais le but principal n’est pas celui-là. Ce qui l’intéresse c’est de retracer les grandes étapes de la marque avec les principaux modèles et leurs différentes déclinaisons.

La marque Helyett, un vif succès

C’est en 1910 qu’un certain Alphonse Picard achète le bâtiment. Ses 2 fils qui voulaient se lancer dans la vente de vélos trouvent le lieu parfait. L’un est marié avec une pianiste Miss Helyett. Vous aurez fait vite le lien… C’est comme ça que la marque a été déposée le 4 septembre 1919.

Dès le début des années 20 leurs vélos sont titrés lors de championnat du monde sur piste de cyclisme. Un succès inattendu mais prometteur. Le palmarès n’a cessé de s'étoffer à en devenir la marque française la plus titrée des années 50. Tour de France, Tour d’Italie, Tour d’Espagne, championnat Olympique, championnat du monde… Tout y passe !

L’usine s’est arrêtée de fonctionner du jour au lendemain. Malgrè son succès l'entreprise était à court de financement. Robert Griffon la rachète en 1962 avant de fusionner avec la marque Gitane en 1966. Son emblématique logo représentant une jeune fille à la coiffe régionale disparaîtra les années suivantes.

Le bâtiment gardé dans son jus nécessite des travaux pour présenter en toute sécurité les vélos s’accumulant à l’arrière du bâtiment.

La tâche est titanesque mais Bruno ne lâche rien et attend la fin de ses journées de travail pour avancer sur son projet !

Le logo Helyett en couleur sur l'un des cycles de l'exposition à Sully-sur-Loire.
Le logo Helyett en couleur sur l'un des cycles de l'exposition à Sully-sur-Loire. © Cécile Mette

À la recherche de la perle rare

Le plus fou dans tout ça c’est que sa passion initiale des motoculteurs Staub pourrait être plus liée que l’on ne croit à Helyett !

Avant que Staub ne se lance dans la production de motoculteurs, dans les années 1923 / 1930, ils réalisaient des boîtes de vitesses et des moteurs de motos. Ils avaient alors l’habitude de travailler avec "Jap". Sur la moto Heylett de 1929 que Bruno a dénichée le moteur est un Jap !

L’espoir fait vivre ce passionné qui pense (sans preuve concrète) trouver un jour peut-être une moto Heylett avec un moteur Staub…

Faire revivre le patrimoine

Dans une partie du bâtiment, une exposition est ouverte côté bords de Loire jusqu’au 15 septembre ! Rendez-vous Chemin de la Levée à Sully-sur-Loire tous les weekends et jours fériés de 10 heures à 12h et de 14h à 19h. Le dimanche après-midi de 14h à 19h seulement. Et c’est gratuit.

Bruno Herpin se laisse un an pour ouvrir l’entièreté de son musée. Il n'y a plus qu’à attendre 2022 pour découvrir une collection encore plus garnie mais fournie serait mieux. Mais ne vous inquiétez pas il y a de quoi voir !

La location de vélo et un accueil cyclotouriste devraient aussi voir l'an prochain. Mieux vaut prendre son mal en patience…même si une première visite s'impose.

 

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