Un travailleur handicapé violemment agressé par son patron à Saint-Jean-de-Braye dans le Loiret

Publié le Mis à jour le

Une violente agression a eu lieu à Saint-Jean-de-Braye (Loiret) mercredi 19 octobre entre un salarié et son patron. Des problèmes de fiches de paie sont à l'origine de l'altercation. Le chef d'entreprise mis en cause fait l'objet d'une poursuite judiciaire.

Deux hommes, un patron d'entreprise et son cousin, ont violemment agressé Abdelhakim, un chauffeur-livreur de 39 ans, salarié de cette même société.

L'agression s'est déroulée en pleine rue. "Les deux hommes ont décidé de lui tendre un guet-apens", confie un proche de la victime. Cette dernière a été bloquée dans sa voiture par ses deux agresseurs. L'un a tenté de remonter la vitre et l'autre a cassé, avec une clé en croix rotative (utilisé pour changer des pneus), le pare-brise de la voiture alors que la victime criait "laissez-moi sortir de la voiture !".

Lorsque les assaillants ont réussi à baisser sa fenêtre, ils lui ont asséné un coup brutal avec cette même clé à la mâchoire. Le patron lui aurait également donné cinq ou six coups de poing au visage d'après la déclaration qu'a fait Abdelhakim à la police et que France 3 Centre-Val de Loire a pu consulter.

Des lésions au visage et au bras

Les documents médicaux que nous avons pu consulter montrent qu'Abdelhakim a été victime de plusieurs lésions causées par des violences physiques, notamment au visage et à un bras. Contacté le jeudi 20 octobre, un proche de la victime confie : "Il a été transporté aux urgences par les pompiers et en est ressorti dans la nuit de mercredi à jeudi. Il n'arrive pas à parler, à manger et à avaler".

La victime a porté plainte pour violences volontaires avec arme par destination et dégradation du véhicule. Une agression d'autant plus choquante que selon Abdelhakim, son employeur était au courant qu'il était reconnu comme travailleur handicapé depuis deux ans, suite à une opération au cœur.

Taux horaires modifiés à l'origine de l'altercation

L'origine de l'altercation serait due à un problème de fiches de paie présentant des taux horaires complètement modifiés d'un mois à un autre. Mercredi après-midi, le salarié a ainsi envoyé un message à son patron en lui disant qu'il allait saisir la justice pour faire valoir ses droits et récupérer toutes ses fiches de paie avant sa fin de contrat en octobre. "De multiples droits en tant que salarié étaient bafoués", confie un proche de la victime. 

Selon cette dernière, de multiples demandes lui avaient déjà été refusées : des congés paternité et des demandes de vacances notamment. Deux heures après ce message, le cousin du patron (qui était déjà sous contrôle judiciaire) lui a alors donné rendez-vous pour trouver un arrangement à l'amiable. Mais c'était un guet-apens qui l'attendait. Abdelhakim, choqué, est sorti de l'hôpital. Selon ses proches, il a désormais peur de représailles pour lui et sa famille.

L'accusé a été placé en garde à vue. Joint par France 3, le parquet d'Orléans indique qu'il sera "poursuivi devant le tribunal correctionnel".

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité