centre
val de loire
Choisir une région

A la fin des années 1980 naissent les premiers jeux multijoueurs en ligne. Quarante ans plus tard, l'e-sport remplit les stades et déchaîne les passions. Mais que se passe-t-il au-delà ? Médecins, presse spécialisés, équipementiers... France 3 vous emmène dans les coulisse du sport électronique, niche devenue galaxie en un temps record.
 

Le summum du séant

Au commencement, il y avait le siège. Mais certainement pas le siège dans lequel vous êtes assis. Par le Saint-Siège non plus, non. Le trône pour les rois de la manette : le siège pour pro-gamer, les joueurs professionnels d'e-sport. Et leurs adeptes.

Car l'e-sport ne se résume pas qu'à la manette, pas plus qu'au joueur. A mesure que l'influence du domaine s'étend, les professions et marchés associés ont poussé comme des champignons. Comme la filiale française de Maxnomic, fabricant de sièges haute qualité, qui a surgi dans l'écosystème de Saint-Pierre-des-Corps en août dernier.

"Le temps d'installer les locaux, on a débuté l'activité en octobre, entame Ferreol Chevalier, le directeur général. On a monté la filiale française avec Jean-Christophe Arnaud, mon associé (également fondateur de la DreamHack en France, ndlr). On avait ensemble une société spécialisée dans le community management et la gestion d'influenceurs, plutôt orientée vers le gaming. On a rencontré le fondateur de la marque, qui cherchait un partenaire pour s'implanter sur le territoire."

Ce n'est pas souvent que, pour attaquer le vif du sujet, il faut s'asseoir. Mais on procède de bon coeur parce que ça a l'air confortable. Nous voici donc le séant dans un fauteuil qui pèse en moyenne 30 kilos, contre 18 à 20 kilos pour un fauteuil de bureau classique. "On utilise des aciers plus épais, des blocs monomousse plus épais des systèmes de sanglages plus importants..." amorce le patron.
 
Ferreol Chevalier nous parle des sièges Maxnomic, démonstration à l'appui.  / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Ferreol Chevalier nous parle des sièges Maxnomic, démonstration à l'appui. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

"Les gens pensent souvent qu'il y a des fonctionnalités particulières, qu'on le branche... En fait, ça amène un confort optimisé. On a quatre tailles d'assise différentes, pour tous nos modèles. Le XL peut tenir jusqu'à 180 kilos, pour s'adapter à différentes morphologies. Le plus important c'est d'être bien installé, parce que les joueurs vont passer 8 à 10h par jour dans leur fauteuil : s'il n'y a pas une bonne assise, un bon maintien au niveau du dos, ce sera un frein à leur performance. C'est "uniquement" ça, mais c'est primordial."

Ajouter à cela des accoudoirs réglables de tous les côtés, un coussin de tête et un coussin lombaire réglable intégré. Des mots de Ferreol Chevalier, "la BMW des sièges". Prix : entre 200 et 500 euros selon les modèles. Pas gratuit, une BMW. "La qualité du produit fait le prix, sachant qu'un fauteuil de bureau de haute qualité, on va vite être sur 700, voire mille euros", relativise Ferreol Chevalier.
 

L'oeil sur la couture

Il faut ajouter à cela un certain sens du détail, qui confine à l'artisanat, ou en tout cas s'en réclame.

"Là, tu retournes, tu vérifies chacun des crans. A la fin, avec ça tu fais, parce que si ça, ça s'enlève... Et là, tu mets la tige métallique là-dedans, et tu resserres." A la démonstration, Maxime Veber. A l'observation, Quentin Lachaud. Ils sont respectivement chargé de marketing relationnel et responsable e-commerce. Mais aujourd'hui, en l'absence de leur collègue, ils vérifieront un par un les sièges qui doivent être envoyés à leur prochain client.

"On aurait déjà fermé la boîte si on ne vérifiait aucun siège en amont, juge Maxime Veber. Le plus souvent, c'est le zip où un cran a sauté, là il suffit de rouvrir et le remettre en place. Quand c'est la broderie, là, c'est foutu."  Un siège Maxnomic, visiblement, s'envoie parfait ou ne s'envoie pas.
 
Maxime Veber, chargé de marketing relationnel, passe aujourd'hui à la vérification des pièces.  / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Maxime Veber, chargé de marketing relationnel, passe aujourd'hui à la vérification des pièces. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

L'enjeu : maintenir une réputation qui commence à prendre de l'ampleur. Si la société reste discrète encore sur le chiffre, on nous annonce "une progression constante à deux chiffres" depuis l'an dernier. En parti assuré justement par l'événementiel, et le partenariat.

"Les gros partenariats sur la scène internationale, on les a, résume Maxime Veber, la main dans la mousse. La Dreamhack, ESL, League of Legends, CS:GO... Ce qu'on cherche à faire, maintenant, c'est développer des partenariats forts en France, donc avec des Youtubeurs par exemple, des influenceurs, des sociétés..."

Dans les boîtes, un partenariat avec un collectif bien connu de Youtubeurs, et aussi avec un important influenceur gaming. Un atout sorti de la manche de Quentin Lachaud, ancien agent de Youtubeur à Vancouver. 

"Pour nos partenariats avec les entreprises, on est presque plus dans l'optique de choisir que de démarcher, on a beaucoup d'offres. Les influenceurs, on va aller les chercher, ils viennent rarement à nous. Ils gèrent tout ce qu'ils veulent : ils pourrait vendre ma scotcheuse ! Ils disent quelque chose, c'est vrai pour les gens qui les suivent" s'amuse le chargé de marketing.

Il est toujours intéressant aussi, de pouvoir compter sur l'un d'entre eux pour pouvoir animer un stand... "Mais on ne doit pas non plus rester bloqués dans le gaming, ça a ses limites."
 

Aborder les profanes

Pour s'étendre, fabriquer des sièges présente un avantage non-négligeable : pas mal de gens ont besoin de s'asseoir.

"On a fait des salons professionnels, raconte Ferreol Chevalier, comme les Rencontres Touraine Entreprise, où on s'est déplacés avec des fauteuils. Là, le but c'est vraiment de présenter le produit, parce qu'aujourd'hui, pour s'équiper, une entreprise va se tourner vers de la fourniture de bureau, où elle a l'habitude et elle prend... le moins moche." 

Une clientèle qui, contrairement aux gamers, nécessite de la pédagogie. "C'est à nous de faire la démarche d'aller vers eux, mais l'accueil est très positif. Il y a aussi cette problématique d'arriver au bon moment : changement de bureaux, travaux... Toutes celles qui étaient dans cette situation et à qui on a présenté le produit nous ont passé commande, et avec une demande de personnalisation."
 
Maxnomic propose une large game de sièges personnalisables pour les joueurs, équipes ou entreprises.  / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Maxnomic propose une large game de sièges personnalisables pour les joueurs, équipes ou entreprises. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

En langage d'entreprise, ça s'appelle "investir les possibilités de développement". Une nécessité sur un marché où le produit est fait pour durer et perdurer.

"On développe aussi quelques petites choses autour du fauteuil, comme le seatquake. On va ajouter au fauteuil un équipement, sur le principe d'un caisson de basse inversé. L'on va récupérer dans le fauteuil toutes les vibrations d'un jeu, ou d'un film."

Il nous en reste effectivement une sensation légèrement abyssale d'immersion, qui n'est pas intéressante pour les pros mais qu'on imagine bien faire frissonner les fans. C'est Quentin Lachaud, particulièrement enthousiaste, qui nous l'a fait tester.

Ferreol Chevalier sourit, l'air confiant. "On a une super équipe, jeune, qui a une sensibilité au produit. Ils sont conscients de participer à une aventure qui en est à ses débuts."

Car Maxnomic poursuit plus que son assise : mettre le marché en état de siège.