Municipales 2020 : les commerces de proximité une “bataille de tous les instants” pour les maires du Centre-Val de Loire

Les anciennes postes de Vierzon vont désormais abriter une Micro-Folie, un musée virtuel. / © F3 CVDL
Les anciennes postes de Vierzon vont désormais abriter une Micro-Folie, un musée virtuel. / © F3 CVDL

Délaissés par les habitants et les commerces, "le cœur" des centres-villes des communes moyenne sont un chantier stratégique à la veille des élections municipales 2020. A Châteauroux, Vierzon ou Blois, les maires ont pris les devant pour redynamiser ces "coeurs de villes".

Par Bertrand Mallen

Le congrès des maires, du 19 au 21 novembre, n'accueillait pas seulement les édiles des grandes métropoles ou les élus ruraux se battant pour la survie de leur village. Les villes moyennes aussi étaient représentées, ces villes qui peinent à garder leurs commerce et leurs habitants. Depuis fin 2017, le plan Action Coeur de ville a été lancé par le ministère de la Cohésion des territoires pour redynamiser ces centres-villes en difficulté.
 

 

"C'est un vrai enjeu de développement"

Dans la région Centre-Val de Loire, une quinzaine de communes sont concernées, et les maires ont pris à bras-le-corps le sujet de la redynamisation du centre-ville. "C'est un vrai enjeu de développement des villes moyennes", confirme Gil Avérous, le maire LR de Châteauroux. "Surtout lorsqu'on sait que dans les commerces de centre-ville, 40% du chiffre d'affaires en moyenne provient de clients du quartier." A Vierzon, le maire Nicolas Sansu parle également de "défi". "C'est une difficulté aussi, il ne faut pas se raconter d'histoire", souligne l'éu communiste, qui affirme néanmoins s'être doté de "tous les outils" pour améliorer l'urbanisme, à commencer par Action Coeur de ville.

Dans la préfecture de l'Indre, le plan Action Coeur de ville "a permis de mettre autour de la table tous les acteurs, chacun dans sa compétence", poursuit Gil Avérous. Et les résultats sont là : en trois ans, la différence entre les ouvertures et les fermetures de commerces est positive, avec "29 ou 30 commerces" supplémentaires à Châteauroux en 2020 par rapport à 2017.
 


Parmi ces ouvertures, on compte une enseigne Fnac qui vient de s'installer rue de la Poste, et un drive piéton, signe pour le maire d'un désir de retourner aux circuits courts, aux usages plus anciens. La ville a même continué sur sa lancée en décidant d'une taxe sur les logements vacants afin "d'obliger les propriétaires à prendre conscience" de la nécessité de rénover, ou de baisser leur loyer afin de trouver des locataires.

 

Une "bataille de tous les instants"

Dans le Cher, Nicolas Sansu a inauguré début juin la place Jacques Brel, un nouveau lieu "de rencontre, d'échange et de convivialité" au coeur de la ville. Le succès ne monte pourtant pas à la tête de l'édile, qui parle d'une "bataille de tous les instants" pour acquérir le bâti afin de "ramener du monde en centre-ville". "Même quand on a acquis les murs, il faut encore trouver les porteurs de projet commerciaux", poursuit le maire, indiquant que le travail de la commune consiste à "intervenir sur les murs, donner des locaux propres, à des loyers accessibles, pour permettre à des activités de trouver leur équilibre économique".
 
Vierzon : inauguration de la place Jacques Brel

Coincée entre les métropole de Tours et d'Orléans, victime de la fuite des commerces vers les périphéries, Blois lutte aussi pour redynamiser son centre-ville. En 2017, le maire PS Marc Gricourt annonçait des travaux à hauteur de 11 millions d'euros sur quatre ans afin d'étendre la surface commerciale du coeur de ville sans mettre en danger l'important patrimoine historique de la cité ligérienne.

Pourtant, déjà, l'élu soulignait la difficulté de travailler avec des dotations toujours plus réduites. Et malgré les perspectives encourageantes offertes par l'action Coeur de ville, le problème de la fiscalité reste une épine dans le pied des collectivités.

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