Municipales 2020 : le congrès des maires de France à l'heure de la “crise de confiance”

Lors de la séance d'ouverture, le maire d'Issoudun et le président de l'AMF ont rappelé leurs divergences avec Emmanuel Macron. / © F3 / BM
Lors de la séance d'ouverture, le maire d'Issoudun et le président de l'AMF ont rappelé leurs divergences avec Emmanuel Macron. / © F3 / BM

Du 18 au 21 novembre, le Parc des expositions de Paris accueille le 102e Congrès des maires de France. Dernier rassemblement de son genre avant les élections municipales de 2020, il s'ouvre dans un contexte de tension latente entre élus locaux et gouvernement.

Par Bertrand Mallen

Ils ont répondu "présent". Au parc des exposition de Paris, porte de Versailles, 12 000 élus sont réunis toute la semaine pour le congrès des maires, organisé par l'Association des maires de France. Même s'il ne s'ouvre pas dans le même climat de défiance que celui de l'année passée, le 102e congrès des maires reste pourtant lourd d'enjeu, à quatre mois des élections municipales 2020.
 
 

"Le ton a changé, le fond reste le même"

Lors de la séance d'ouverture André Laignel, maire et président de la communauté de communes d'Issoudun, dans l'Indre, et également vice-président de l'Association des maires de France, a rappelé les défis affrontés lors de ce mandat pour de nombreux maires, depuis le terrorisme jusqu'aux actes de violence et d'intimidation dont certains élus ont été victimes. Quant aux relations avec l'exécutif, tendues depuis un an, le maire ironise. "Il semble que nous ne soyons plus des clientélistes, mais des fantassins de la République", faisant référence à un épisode du mois de février, lors de la visite du président dans l'Indre.

La hache de guerre serait enterrée ? Pas si sûr pour le maire d'Issoudun, qui déplore "une crise de confiance" entre les électeurs et leurs élus, mais aussi entre les élus et le gouvernement. "Si le ton a changé, le fond reste le même", résume-t-il, ajoutant un peu plus tard : "Nous sommes reçus, mais rarement entendus". "On vous fait confiance" relance François Baroin à l'intention du président de la République, tout en notant la "mission de conciliation de plus en plus difficile" qui échoit aux maires entre l'Etat et les citoyens.
 
 

Une échéance cruciale pour LREM

Emmanuel Macron, présent à l'ouverture solenelle du congrès mardi 19 novembre, ne s'est d'ailleurs pas trompé sur l'importance de sa présence, lui qui avait fait l'impasse sur l'événement en 2018. Pour le chef de l'exécutif et son parti, le congrès de l'AMF est aussi une occasion de se rabibocher avec au moins une partie des élus locaux, à l'approche des municipales 2020 et, au-delà, des élections départementales (mars 2021) et régionales (décembre 2021).

En région Centre-Val de Loire, comme ailleurs, LREM a déjà procédé à une première vague d'investitures et de soutien dans plusieurs villes. Parmi ces candidats déclarés ou sur le point de le faire, on retrouve notamment l'actuel maire d'Orléans, Olivier Carré, transfuge de LR, ou le maire de Bourges, Pascal Blanc (Mouvement radical). 

Dans ce contexte de campagne qui ne dit pas son nom, les maires vont aborder au cours de la semaine une brochette de thèmes touchant au plus près la vie quotidienne de leurs administrés. Au programme : la suppression décriée de la taxe d'habitation, la revitalisation des centre-villes, le maillage hospitalier ou encore l'écologie.

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