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Pascale, United ladie tourangelle, pagaie contre le cancer

Pascale Foussard, United ladie tourangelle / © Nathanaël Lemaire
Pascale Foussard, United ladie tourangelle / © Nathanaël Lemaire

Après déjà trois jours de Loire, Pascale Foussard constate « une reprise de confiance en soi, en la vie qui est là. On veut profiter au jour le jour de chaque chose qui se présente. Là, j'ai l'impression d'avoir 20 ans entre le bateau, les pique-nique, camper sous la tente, chanter etc... »

Par Nathanaël Lemaire

A l'annonce de son cancer du sein à 53 ans, Pascale Foussard a choisi de se battre contre la maladie par le sport. Ce sera l'aventure avec les Dragon Ladies, ces femmes qui pagayent contre la maladie sur un bateau à 10 places. Elle nous raconte son combat avec ce corps qui l'a lâché et comment elle a repris le dessus.

Engagée dans sa vie de famille, Pascale a un passé sportif qui lui a permis d'aller spontanément vers la thérapie par le sport à l'annonce de son cancer. Si la médecine prescrit aujourd'hui une activité physique, pour cette passionnée et pratiquante de volley-bal, professeur de sports, c'était une évidence. Passée la stupeur du diagnostic, elle a choisi d'aborder l'opération chirurgicale et la chimiothérapie au mieux de sa forme physique en marchant beaucoup. « Dés le début, j'ai voulu reprendre le dessus, c'est moi qui commande, c'est pas la maladie qui décide pour moi! ».

Après la phase de traitement curatif, Pascale Foussard a trouvé dans Sports et Santé avec la ville de Tours de nombreuses activités sportives adaptées comme les pilates, la danse, l'aquaforme, ou encore la marche nordique.

Au-delà des bienfaits physiques des activités, Pascale a trouvé une façon de rompre socialement avec l'isolement que provoque la maladie : « Quand on a sur son agenda des rendez-vous pour des activités, quand on sait qu'on va pas rester à la maison à tourner en rond entre le lit et le canapé en attendant le prochain examen médical, on se fait de nouvelles copines et on sort du pathos. Pendant l’heure de sport, vous ne pensez-pas à ce cancer qui vous obsède, vous meurtrit dans votre chair ».

C'est dans ce cadre qu'elle va participer en équipe au raid sportif adapté « Rose and blu » et rencontrer au pôle nautique du Cher à Tours les Dragons Ladys de Saumur. Une première pratique du bateau qui va se révéler déterminante. « Là, je suis sur l'eau, ce n'est pas une activité individuelle et ce tous ensemble qui fait avancer le bateau, le groupe et vous. Ce n'est pas de la compétition, ce n'est pas du loisir, on est dans le thérapeutique pour se reconstruire entièrement, aussi bien physique que psychologie. Ensemble on décuple l'énergie et ça fait un bien fou ».
 
La descente de la Loire se fait à un rythme adapté. / © Nathanaël Lemaire
La descente de la Loire se fait à un rythme adapté. / © Nathanaël Lemaire


Une fois sur le bateau, le collectif de femme donne plus de force que n'en demande l'effort de la manœuvre de l'embarcation : « On a vécu avec des cancers qui peuvent être différents, mais on a des parcours qui se ressemblent et sur le bateau c'est gai et apaisant. Notre histoire commune avec la maladie fait que l'on se comprend sans avoir besoin d'explications, de mots. Il y a une symbiose entre nous et on est attentive les unes aux autres. Le cancer du sein, tant qu'on ne l'a pas vécu dans son corps, on ne peut pas comprendre, même si les proches peuvent faire preuve d'amour, d'empathie, de compréhension, entre Dragon ladies, c'est une évidence».

Pagayer est synonyme pour elle de réconciliation avec son corps : « Avec l'irruption de la maladie, je me suis sentie dans l'urgence de vivre ma vie. Avant, je me disais que je vivrais les choses plus tard et là, d'un coup, le temps se rétracte. D'ailleurs, ce raid-aventure de quatre jours sur la Loire, j'y pense depuis plus d'un an. Je savais que ça serai dur, inconfortable et magnifique. Il y a une sérénité sur l'eau avec la nature et le groupe d'étape en étape ».

Avec ces 250 km à parcourir sur le fleuve, l'effort physique est intense dans la limite du raisonnable mis en place par l'organisation pour ces femmes plutôt âgées et qui sortent parfois tout juste de traitement. « Même si, honnêtement, la fatigue se fait sentir en fin de journée, il y a une telle adrénaline, une telle force collective sur le bateau que toutes, on s'accroche. On peut aller au-delà de nous même dans cette dynamique des descentes de Loire à la force des bras. On ne veut rien lâcher ».

« De voir des femmes plus âgées que moi, qui vivent depuis plus longtemps avec l'annonce et le traitement du cancer du sein, ça me donne un modèle, une perspective d'avenir, même si on panique toujours à l'idée d'être rattrapée par la récidive. Malgré l'idée que la vie peut s’arrêter beaucoup plus vite que l'on voudrait, avec cette aventure, je me prouve que je peux aller loin, et pas uniquement en nombre de kilomètres ».


Aujourd'hui, une association tourangelle d'United Ladies a été créée avec l'acquisition d'un bateau financé par CANCEN (Cancérologie du Centre) et vous pouvez le retrouver sous l’appellation Cher Dames de Loire dragonladies.cherdamesdeloire@gmail.com
 

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