Régionales 2021 : Marc Fesneau (MoDem/LREM) mise sur la relance économique

A la tête d'une liste d'alliance MoDem/LREM, le député du Loir-et-Cher et actuel ministre souhaite axer la politique régionale sur la relance économique, en soutenant les secteurs en difficulté, et en créant des pôles d'excellence dans les secteurs de l'hydrogène et du numérique notamment.

Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée Nationale, lors de son point presse le 17 juillet.
Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l'Assemblée Nationale, lors de son point presse le 17 juillet. © Thomas Padilla/MAXPPP

Même s'il se défend d'être le favori aux régionales, Marc Fesneau connaît inévitablement une certaine pression : à moins d'un mois du premier tour des régionales, le candidat MoDem/LREM pourrait être l'un des (très) rares miraculés à pouvoir faire passer une région dans le giron de la majorité présidentielle. Une région où, jusqu'à l'élection d'Emmanuel Macron, il avait construit l'entièreté de sa carrière politique.

Bien avant sa tentative de prendre sa présidence, Marc Fesneau avait intégré le conseil régional en 2004 dans l'oposition à Michel Sapin, puis à (déjà) François Bonneau. En 2008, il emporte la mairie de Marchenoir, commune du Loir-et-Cher où il était conseiller municipal depuis 1995. Dès 2010, il endosse le rôle de secrétaire général du MoDem, parti de François Bayrou, et quitte le conseil régional.

Puis en 2017, tout s'accélère. A l'aune de la victoire d'Emmanuel Macron, soutenu par François Bayrou et son parti, Marc Fesneau se fait élire député du Loir-et-Cher, et prend la tête du groupe MoDem à l'Assemblée nationale. Un an plus tard, il endosse le costume de ministre chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne. Autant dire que, pour le gouvernement, Marc Fesneau était le choix idéal pour le Centre-Val de Loire, ressemblant bien plus à une campagne par vocation qu'à un parachutage.

Aider "le petit restau du coin"

Cette région qu'il connaît bien, Marc Fesneau assure vouloir la chouchouter économiquement, et mise sur la relance post-Covid pour faire la différence. Et s'il reconnait que le budget de 1,77 milliards d'euros de la région pèse peu face aux 100 milliards promis par le plan de relance national, le candidat estime "pouvoir s'y adosser pour mener des politiques propres".

Première brique élémentaire de sa politique de relance : le soutien aux secteurs concernés par des fermetures administratives depuis le premier confinement, à l'image du fonds Renaissance, porté par la majorité régionale ces derniers mois, qui vient en aide aux entreprises mises en difficulté par la crise. "Le petit restau du coin en milieu rural, c'est sûr qu'il va avoir besoin de trésorerie."

Marc Fesneau met notamment l'accent sur le tourisme, qui souffre selon lui d'un manque d'ambition régionale :

Nous avons beaucoup de visiteurs, mais le ratio entre le nombre de visiteurs et le nombre d'emplois touristiques est très bas. Les touristes viennent en général moins de deux jours. Parfois même, il font l'aller-retour depuis Paris dans la journée après avoir vu juste Chambord et Chenonceau. Donc ils n'ont pas le temps de consommer.

Marc Fenseau, candidat MoDem/LREM

La relance touristique doit donc passer selon lui par "l'investissement dans les capacités d'hébergement" notamment, pour que la région ne soit plus simplement une "destination one-shot". 

Au chevet des secteurs stratégiques

Au-delà des fermetures administratives, le candidat Fesneau s'intéresse à la relance de secteurs "stratégiques qui vont souffrir". Il cite notamment l'automobile et l'aéronautique, "abandonnés par la majorité sous la pression des écologistes", accuse-t-il. Il considère de son côté que ces secteurs sont transitionnables, en investissant -dans le cadre de l'automobile- dans l'hydrogène par exemple. Le plan de relance national prévoit ainsi pas moins de 7 milliards d'euros pour bâtir une filière hydrogène en France.

Quant à l'avion, il envisage d'accompagner les entreprises (de nombreux sous-traitants se trouvent en Centre-Val de Loire) vers des "solutions d'attentes" avant un hypothétique retour à la situation pré-Covid, ou de les "leur permettre de se diversifier". La Région peut ainsi mobiliser son réseau de développeurs économiques, qui accompagnent les acteurs du terrain, mais est également en charge de la formation professionnelle et de l'innovation.

Un dernier point sur lequel Marc Fesneau semble enthousiaste : "Il faut se donner de l'ambition. On peut décider d'être meilleurs que les autres en investissant dans un secteur particulier." Deux de ses secteurs préférés : l'hydrogène donc, et le numérique. Pour lui, le salut de nombreuses entreprises réside dans leur capacité à s'implanter sur internet. "Un fabricant de stores sur mesure a pu créer 60 emplois dans un village de 300 habitants en créant un simulateur sur internet", assure-t-il, rappelant également l'importance du numérique depuis le début de la crise sanitaire, dans le cadre de la livraison par exemple. Un domaine qu'"il ne faut pas laisser à Amazon seul".

Ce pari de l'innovation portera, pour lui, ses bénéfices à long terme. "C’est le message envoyé aux entreprises qu’elles trouveront l’écosysteme qui permettra l’installation" dans la région, dotée de "symboles de performance". L'actuel ministre prévoit également de densifier et d'animer le tissu économique, en faisant travailler les entreprises ensemble "sur le modèle de la Cosmetic Valley".

Identité heureuse

Et dans une perspective temporelle encore plus large, Marc Fesneau espère rendre fiers les enfants du Centre-Val de Loire :

Un Breton qui sort d'école et part faire ses études, il n'a qu'une envie : c'est de rentrer en Bretagne. Il faut qu'on donne envie de revenir aux jeunes qui partent. C'est une question d'image.

Marc Fesneau, candidat MoDem/LREM

"C'est une stratégie d'assez long terme", euphémise-t-il, considérant qu'attiser "l'attachement des gens à leur territoire les encourage à travailler dans la région, à créer une entreprise dans la région..." Pour lui, "les gens ont envie de s'intéresser au local, et il faudrait pouvoir les inciter à investir ici". Il promet notamment un dispositif permettant aux habitants du Centre-Val de Loire d'investir dans des entreprises locales à partir de "l'épargne constituée par de nombreux ménages pendant la crise", par le biais de prêts, de garanties d'emprunts ou de prises de participation. Et "pour chaque euro mis par un particulier, la région mettrait un euro aussi". 

Toujours dans la lignée économique, Marc Fesneau promet de développer les espaces de co-working, de développer des filières d'éco-matériaux (à l'instar de l'écologiste Charles Fournier) et d'encourager l'industrie par la commande publique.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
region centre-val de loire politique élections régionales 2021 élections crise économique économie