Sécheresse : les trois quarts du Centre-Val de Loire soumis à des restrictions d’eau, l’Indre en situation critique

Face au manque de précipitations et à l’arrivée d’une nouvelle vague de chaleur, les pouvoirs publics sont de plus en plus inquiets alors que le seuil de "crise" a été atteint dans tous les départements de la région Centre-Val de Loire. L’Indre connaît la situation la plus préoccupante.

Va-t-on assister à des distributions de bouteilles d’eau minérale comme à Saint-Laurent-en-Gâtines en 2015 ? Ou à des coupures d’eau courante comme c’est déjà le cas ailleurs en France ?

C’est la question que l’on se pose quand on regarde l’évolution de la sécheresse ces derniers jours en Centre-Val de Loire.

Selon la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) qui a réalisé un point sur la situation le 27 juillet dernier, le niveau des eaux souterraines continue de baisser. "Ces situations de bas niveaux concernent l’ensemble des nappes de la région tout en restant cependant localisées", nuance la DREAL.

Sur la carte des ressources en eau souterraine (consultable ici), on s’aperçoit que c’est surtout le Sud-Ouest de la région qui est touché.

Débits de crise sur la plupart des stations

Côté cours d’eau, "les débits sont passés sous les débits de crise sur la plupart des stations de la région Centre-Val de Loire", est-il indiqué. Traduction : le niveau des rivières a tellement baissé que le seuil maximal d’alerte sécheresse, dit de crise, a été atteint.

Ce qui signifie que des restrictions fortes d’usages de l’eau sont imposées aux particuliers, aux entreprises, aux agriculteurs et aux collectivités (voir encadré en fin d’article).

Cette diminution de la ressource en eau devrait se poursuivre : si l’on en croit les perspectives météorologiques et les prévisions de la DREAL, "la semaine prochaine s’annonce globalement sèche et chaude".

Restrictions renforcées

Face à cette situation, plusieurs préfectures ont décidé ces derniers jours de renforcer les restrictions des usages de l’eau. C’est le cas du Cher qui a pris un arrêté en vigueur ce 30 juillet. En plus de l’Indre amont, cinq autres bassins versants ont été placés en situation de crise, à savoir l’Arnon aval, l’Arnon amont, le Fouzon, la Théols et l’Aubois.

Cela signifie qu'en plus des interdictions classiques d'arroser son jardin ou de laver sa voiture, il est également interdit (entre autres) d'irriguer à partir des cours d’eau et nappes d’accompagnement, et d'arroser les terrains de sport. Pour voir si votre commune est concernée, la préfecture du Cher a publié une carte interactive visible ci-dessous :

Idem pour le Loir-et-Cher. Jusque-là, le département n'était pas encore en alerte rouge sur les cours d'eau. Mais dans un nouvel arrêté pris ce 28 juillet, le préfet a placé les bassins de la Braye, de la Masse, de la Cisse amont, des affluents de la Loire aval, des affluents de la Loire amont et du Cosson en situation de crise.

Or les affluents de la Loire amont concernent "des zones urbaines importantes telles que Blois, ses communes limitrophes ou Mer", précise la préfecture.

Concernant les nappes, les services de l'Etat ajoutent également une restriction temporaire : "En Beauce blésoise, le seuil de crise est aussi franchi, entraînant des restrictions agricoles sur ce secteur. Ainsi, les prélèvements pour l’irrigation en Beauce blésoise sont interdits du samedi à 8 heures au lundi à 8 heures, soit 48 heures consécutives."

Les deux tiers de l'Indre en rouge

Dans l’Indre, un nouvel arrêté qui entre en vigueur le 30 juillet a aussi été pris. Mais cette fois, la situation s’améliore dans une zone alors qu’elle se dégrade dans une autre. Ainsi, si l’Anglin aval n’est plus en crise mais descend en alerte renforcée, le Modon passe quant à lui en crise.

Néanmoins, il faut dire qu’il est compliqué de faire pire que dans ce département, qui est celui qui souffre le plus de la sécheresse en Centre-Val de Loire, d’après les données de la DREAL.

Comme le montre le graphique ci-dessus, 61% de l’Indre est en situation de crise, et 39% en alerte renforcée. Si l’on cumule les deux, la totalité du département vit donc sous restrictions.

A l’inverse, à peine la moitié du Loiret est en alerte sécheresse. A noter néanmoins que sur les 49% du département concernés par les mesures de limitation, une grande partie est en crise.

En Eure-et-Loir, deux nouvelles villes ont été placées en alerte rouge : Corancez et Morancez. Elles rejoignent 11 communes de l'agglomération chartraine placées en situation de crise le 22 juillet dernier. Par ailleurs, la préfète a publié sur son compte Twitter un appel à la population à poursuivre ses efforts, 

La Loire en alerte ?

L’autre crainte concerne la Loire : "La perspective d’un passage prochain en état d’alerte se précise de plus en plus", indique la DREAL dans son point de situation.

En attendant, elle reste, avec l’Allier, simplement sous vigilance. Des lâchures - c’est-à-dire des lâcher d’eau - depuis la retenue de Villerest "sont actuellement effectuées" pour "maintenir le débit de la Loire en pied d’ouvrage et à Gien (environ 18m3/s)."

LES NIVEAUX DE SÉCHERESSE

  1. Vigilance: information et incitation des particuliers à faire des économies d’eau.
  2. Alerte : Réduction des prélèvements à des fins agricoles, mesures d’interdiction de manœuvre de vanne, d’activité nautique, interdiction à certaines heures d’arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture, etc.
  3. Alerte renforcée : Limitation plus forte des prélèvements à des fins agricoles, ainsi que pour l’arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, …, jusqu’à l’interdiction de certains prélèvements.
  4. Crise : Arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d’assurer l’exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité).

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