Assemblée de Corse : une session très attendue, entre enjeux économiques et tensions politiques

Les séances des 29 et 30 avril, à l'ordre du jour chargé, marqueront la fin d'une semaine politique intense, entre la visite de deux membres du gouvernement et le recadrage par Femu a Corsica de ses partenaires au sein de la majorité territoriale.  

Illustration/ Où en est l'union Pè a Corsica ? La session de cette semaine laissera peut-être filtrer quelques indices.
Illustration/ Où en est l'union Pè a Corsica ? La session de cette semaine laissera peut-être filtrer quelques indices. © PHOTOPQR/CORSE MATIN/MAXPPP

L'agenda est chargé, cours Grandval, ces deux jours. 

Au programme des débats :

Des sujets lourds, complexes, et importants, qui promettent de longues discussions. Mais ce n'est pas l'unique raison pour laquelle tous les regards seront tournés vers l'hémicycle. Les comportements et les propos des uns et des autres, au sein de la majorité nationaliste, seront scrutés. Et analysés. 

Une majorité unie, jusqu'à quand ?

En effet, la semaine politique qui s'achève a été riche de rebondissements, alors que les territoriales approchent. Et a surpris les observateurs.

La visite en Corse de Jacqueline Gourault et Jean-Baptiste Lemoyne a ainsi été l'occasion, pour le président de l'exécutif, d'afficher un visage bien plus conciliant qu'il y a quelques mois. Hommage public a été rendu au secrétaire d'Etat chargé du tourisme, "un interlocuteur toujours disponible, un homme de parole et un décideur, au plus haut niveau, engagé".

Signature par Jacqueline Gourault et Gilles Simeoni des conventions petites villes de demain et opération de revitalisation de territoire, dans les locaux de l'université de Corte, lundi 26 avril.
Signature par Jacqueline Gourault et Gilles Simeoni des conventions petites villes de demain et opération de revitalisation de territoire, dans les locaux de l'université de Corte, lundi 26 avril. © Yann Benard / FTV

Quant à la ministre de la cohésion des territoires, avec les relations n'ont pas toujours été au beau fixe, un "petit-déjeuner de travail" a permis de rassurer Gilles Simeoni sur l'implication de la Collectivité de Corse concernant le PTIC, le plan de transformation et d'investissement pour la Corse. Un sujet qui avait cristallisé les tensions ces dernières semaines. 

On est loin du communiqué de presse publié par le leader nationaliste en décembre dernier, où il accusait l'Etat de revenir au "bon vieux temps des colonies", et où le préfet Pascal Lelarge était qualifié de "pro-consul". 

Choisir son camp

Du côté du président de l'assemblée de Corse, en revanche, on a préféré en profiter pour rappeler les fondamentaux de Corsica Libera. Lundi et mardi, Jean-Guy Talamoni s'est abstenu de rencontrer les deux membres du gouvernement, qualifiant de visite de "pseudo-concertations entrecoupées de vaines mondanités.

Bref, au sein de la majorité nationaliste, on ne cherche plus vraiment à donner le change. Et à parler d'une même voix.

Sur les bancs de l'exécutif, l'entente cordiale a fait long feu.
Sur les bancs de l'exécutif, l'entente cordiale a fait long feu.

Il faut dire que, depuis dimanche dernier, le 25 avril, les désaccords, et parfois, les inimitiés, sont sur la place publique. 

La cunsulta de Femu a Corsica, portant sur l'alliance Pè a Corsica à l'approche du scrutin des 20 et 27 juin, a annoncé la couleur de la campagne qui s'ouvre. Le parti de Gilles Simeoni entend, en préalable à toute nouvelle coalition, assurer l'hégémonie de son leader au sein de la majorité. Et c'est peu de dire que ça fait grincer quelques dents.

Rien n'est encore décidé, mais en coulisses, les discussions et les tractations vont bon train. Et l'on commence à entendre parler de listes différentes au premier tour...

Corsica Libera, qui a fortement affirmé son attachement à Pè a Corsica durant les dernières municipales, chercherait à rester sur la liste de la majorité sortante. Ce n'est plus un secret pour personne,Jean-Christophe Angelini, lui, nourrit des ambitions plus personnelles.

Au vu de la situation, les électeurs nationalistes sont nombreux à espérer que les séances de ce jeudi 29 et de ce vendredi 30 avril leur apportent des éclaircissements sur bien plus que le montant d'un hypothétique CHU insulaire...

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