Déconfinement et tourisme en Corse : les transports limités à un « motif impérieux » jusqu’au 23 juin

Quand commencera le début de la saison touristique en Corse ? Un décret publié au journal officiel ce 31 mai interdit les transports aériens vers l’île sauf pour « motif impérieux » repoussant ainsi un possible retour progressif à la normale à la phase 3 du déconfinement. 

Un décret publié au journal officiel ce 31 mai interdit les transports aériens vers l’île sauf pour « motif impérieux » repoussant ainsi un possible retrour progressif à la normale à la phase 3 du déconfinement.
Un décret publié au journal officiel ce 31 mai interdit les transports aériens vers l’île sauf pour « motif impérieux » repoussant ainsi un possible retrour progressif à la normale à la phase 3 du déconfinement. © Pascal Pochard-Caasabianca / AFP
En Corse, le début de la saison touristique est repoussé au 23 juin. C’est la conséquence d’un décret publié ce 31 mai au journal officiel. Ce dernier, dans son article 10, interdit les transports aériens « sauf s’ils sont fondés sur un motif impérieux d’ordre personnel ou familial, un motif de santé relevant de l’urgence ou un motif professionnel ne pouvant être différé, les déplacements de personnes par transport public aérien. »

Le préfet de Corse, Franck Robine, précise : « Depuis le 11 mai, on est dans une phase de sortie progressive du confinement. Et sur un territoire insulaire comme la Corse, l’idée, c’est peut-être d’être encore plus précautionneux. Les transports jouent un rôle majeur. L’idée, c’est qu’on accompagne la sortie du confinement en desserrant progressivement les moyens de transport. »
 

Lire le décret limitant le transport aérien en Corse à un "motif impérieux"



Côté transports maritimes, il est donné à la charge du préfet de limiter la capacité des bateaux à transporter des passagers. « Le préfet fixe un seuil maximum de remplissage du bateau. Actuellement, il est de 30 % et je pense que l’on va pouvoir passer à 60 % en accord avec les opérateurs », complète Franck Robine. 

 


Gilles Simeoni réclame une levée immédiate du décret 

Face à cette nouvelle disposition, Gilles Simeoni est le premier à réagir. Il réclame la levée immédiate du décret. Le président du conseil exécutif de Corse dit souhaiter des discussions rapides sur la sécurisation sanitaire des flux, y compris pour le mois de juin et regrette que, pour l'heure, rien n'ai été organisé à ce sujet avec le gouvernement. 

 

Puis les prises de positions s’enchaînent. Le député de Haute-Corse, Michel Castellani, demande dans une lettre adressée au Premier ministre « d’assouplir le cadre réglementaire des conditions de circulation entre Continent et Corse, dans les deux sens, afin de permettre une relance de l’activité économique dès le mois de juin. » Selon lui, ce décret difficilement compréhensible, au regard de la réouverture quasi-générale des liaisons au sein de l’Union européenne, à partir du 15 juin. Il conclut : « La Corse demeurerait un des derniers territoires dont l’accès serait limité. »

 

Lire la lettre du député Michel Castellani adressée au Premier ministre

 


« Le gouvernement veut le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière »


Jean-Felix Acquaviva, député de la 2e circonscription de Haute-Corse, estime que « le décret vient donner le sentiment que les masques tombent. Il vient donner le sentiment que le gouvernement, concernant la Corse veut le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière. C'est-à-dire, à la fois : ne prendre pour le coup absolument aucun risque sanitaire même raisonné et structuré par un "green pass" en bloquant toute entrée touristique jusqu'au 23 juin ; ne pas prendre des mesures nécessaires même si relativement coûteuses pour pallier l'absence de réelle saison ; et faire porter la responsabilité de cette situation à l'exécutif de Corse, relayé par quelques lobbies ayant d'autres visées. » Il réclame des discussions. 

 

Lire le communiqué du député Jean-Félix Acquaviva



Le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, écrit qaunt à lui sur Twitter : « Ainsi une famille pourra venir dès demain en Corse à partir de Marseille uniquement en bateau mais pas en avion ?! Cette décision incompréhensible et incohérente ne va pas dans le sens d'une reprise de la saison estivale. Le gouvernement doit rapidement corriger cette erreur. »

 

Jeudi dernier, lors de la présentation de la phase 2 du déconfinement, qui s’étend du 2 au 22 juin, par le Premier ministre, l’annonce de la fin de l’interdiction des déplacements de plus de 100 kms à l'intérieur du pays avait laissé un espoir de saison pour les professionnels du tourisme. La publication de ce décret repousse l’arrivée progressive des flux de personnes à la phase 3 de ce plan, soit le 23 juin. 
 

Réouverture de 14 lignes 


Du côté des compagnies aériennes et maritimes, pourtant, tout est organisé pour pouvoir répondre à la demande et attirer les vacanciers. Dans un communiqué, Air Corsica a annoncé une montée en puissance de son offre et la réouverture de 14 lignes pour la saison estivale, à compter du 2 juin, au départ et à destination des quatre aéroports de l’île. « Pour l’ensemble du mois de juin, Air Corsica propose une capacité de 103.600 sièges. […] L’intégralité du programme estival est maintenue au-delà de la fin juin et demeure disponible à la réservation pour l’ensemble de la haute saison et de l’arrière-saison. Au total, plus d’un million de sièges sont ainsi proposés du 1er juillet au 31 octobre 2020 », précise la compagnie aérienne. 

 

Selon la présidente de l’office des transports de la Corse « les réservations sur ces offres ont augmenté d’une façon considérables après la prise de parole du Premier ministre [jeudi 28 mai]. » Un fait qui, selon Vanina Borromei, montre que « les Français étaient en attente des annonces sur le déconfinement, ce qui explique qu’ils n’ont pas réservé en amont. Le Green Pass n’a rien bloqué », estime-t-elle.

Selon un rapport présenté à l’Assemblée de Corse le 29 mai, jusqu’à la réouverture de l’aéroport d’Orly, qui pourrait se tenir le 26 juin prochain, le contrat de délégation de service public a été provisoirement transféré vers l‘aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, les rotations doivent débuter à partir du 2 juin. 

Des compagnies low-cost ont également annoncé leur arrivée, Volotea est la principale avec l’ouverture de huit lignes entre le 18 juin et le 2 juillet vers Ajaccio, trois autres lignes sont attendues dans le courant du mois de juillet. De façon générale, la chambre de commerce et d’industrie table sur la moitié du trafic estival cette année.
 

« Pour l’instant, la demande est encore très faible »

Pour les transports maritimes, depuis le 18 mai, un tiers de la capacité des bateaux est accepté en passagers aller/retour (soit 200 à 400 personnes), 90 % des lignes de service public sont reprogrammées et opérationnelles depuis les cinq ports de Corse à destination de Marseille.

 

Corsica Ferries attend les premières réservations pour adapter sa flotte à la demande. « Pour la semaine prochaine, les rotations seront celles prévues, à savoir une rotation quotidienne entre Toulon et Ajaccio et une rotation quotidienne entre Toulon et Bastia. Nous mettrons les rotations nécessaires pour transporter les clients qui ont besoin de voyager. Pour l’instant, la demande est encore très faible », soutient Pierre Mattei, directeur de la compagnie maritime. 

Dans la semaine, l’Etat doit annoncer une série de mesures sanitaires qui accompagneront l’ouverture pleine et entière de la saison touristique en Corse. 

 
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