À l’approche des élections européennes qui se dérouleront le 9 juin 2024 en France, quels sont les enjeux de ce scrutin et pourquoi est-il si crucial pour l’avenir des îles de l’UE, plus particulièrement pour celui de la Corse ? Réponses dans "Enjeux Méditerranée" mardi 7 mai à 20h45 sur ViaStella.

Les élections européennes se dérouleront le 9 juin 2024. Pour mieux appréhender ce scrutin, ViaStella vous propose une émission spéciale de "Enjeux Méditerranée" au sein même du Parlement européen à Strasbourg. Thierry Pardi accompagné de la journaliste à la rédaction européenne de France TV, Christine Boos recevront l’actuel eurodéputé corse François Alfonsi du groupe des verts – Alliance libre européenne ainsi que Nora Mebarek, eurodéputée et vice-présidente de la commission du développement régional. Au cœur des débats, la question de la reconnaissance des spécificités des îles au sein de la politique de l'UE.

2.400 îles en Union Européenne

Une grande partie de l'Union européenne (UE) est directement rattachée au continent européen, mais ce que l'on sait moins, c'est qu'elle abrite également de nombreux territoires répartis sur l’ensemble du globe. Ces régions ultrapériphériques, pays et territoires d’outre-mer, avec la partie continentale de l’UE, forment ensemble, la plus grande zone économique exclusive au monde, devant les États-Unis. En effet, l’Union européenne compte environ 2400 îles, abritant près de 20 millions d'habitants. Ces îles peuvent être rattachées à des États membres ou être des entités politiques indépendantes à part entière, comme c'est le cas pour l'Irlande, Malte ou encore Chypre.

2022, un vote historique pour les îles de l’UE

Prendre en compte les caractéristiques particulières des îles dans les politiques européennes, c’est la priorité du député et Président de la Commission du développement régional au Parlement européen, Younous Omarjee. En 2022, l’élu réunionnais a présenté un rapport visant à reconnaître la spécificité des îles européennes, dont la Corse fait partie. Il s'agit de compenser le handicap naturel, économique et énergétique de l'insularité en débloquant de nouvelles aides dans différents secteurs (agriculture, transports...) à l'horizon 2027.

Examiné le 7 juin 2022 en plénière du Parlement européen, ce "pacte des îles" a été approuvé à une très large majorité. 577 députés ont soutenu cette résolution, seulement 38 l'ont rejetée. Une très large victoire pour la reconnaissance des spécificités liées à l’insularité que l’eurodéputé français n’a pas manqué de qualifier de "vote historique" au micro de Dominique Moret.

C’est un vote historique, c’est un moment fondateur dans la vie des relations entre les îles et les institutions européennes 

Younous Omarjee

Président de la Commission du développement régional au Parlement européen.

Dans la plupart des domaines de compétence, les textes de lois proposés sont adoptés par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, avant de s’appliquer à tous les États membres. C’est le cas concernant le texte proposé par Younous Omarjee. Largement voté, il devra tout de même être adopté par le Conseil européen. Une fois entériné, ce sera à la Commission européenne, qui détient le pouvoir exécutif, de l’appliquer.

Commission du Développement Régional et Comité européen des régions : la complexité du mille-feuille européen !

Parmi les 22 commissions et sous-commissions du Parlement européen, la Commission du Développement Régional (REGI), présidée par Younous Omarjee depuis 2019 est compétente dans les questions relatives à la cohésion économique, sociale et territoriale au sein de l’Union européenne. Son principal objectif est de réduire les écarts de développement entre les différentes régions et villes européennes. Cela se fait par une politique d'investissement appelée "politique de cohésion", qui vise à favoriser l'emploi, la croissance et la collaboration entre les régions européennes.

Autre institution de l’UE, le Comité européen des régions (CdR) est une assemblée politique composée de 329 membres et 329 suppléants provenant de tous les États de l'Union européenne. Ils ont été élus à l'échelon local ou régional. Le CdR est le porte-voix des collectivités locales et régionales des États membres et émet des avis sur les nouveaux actes législatifs qui ont un impact sur les régions et les villes.

Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse est la seule membre du CdR à représenter la Corse. Elle est suppléée par Gilles Simeoni, ancien maire de Bastia et actuel président du conseil exécutif de Corse et par Emmanuelle de Gentili, première adjointe au maire de Bastia et enseignant chercheur à l’Université de Corse. Les membres du CdR se rendent à Bruxelles six fois par an pour débattre sur la législation proposée et pour adopter des résolutions sur les mesures à prendre au sein de l'Union européenne.

Quel est l'enjeu du scrutin du 9 juin 2024 ? 

L'Union européenne est une union politique et économique qui compte de nombreuses institutions décisionnelles. Parmi elles, le Parlement européen qui représente près de 450 millions de citoyens à travers les 27 États membres de l’UE. Il est aujourd’hui l’unique institution européenne dont les membres sont directement élus au suffrage universel tous les cinq ans.

Actuellement, 705 eurodéputés remplissent l’hémicycle. Un chiffre qui lors de la prochaine échéance électorale va évoluer en raison du départ du Royaume-Uni de l’UE en 2020 à la suite du Brexit. Désormais 720 eurodéputées siégeront, soit 15 de plus à garnir les bancs du parlement. Du fait de cette évolution, 12 pays vont voir leur contingent grossir, dont celui de la France. Au terme du prochain scrutin, les députés tricolores seront donc au nombre de 81, contre 79 actuellement.

 

La Corse aura-t-elle un député européen au Parlement ? Après deux mandats, l'eurodéputé corse François Alfonsi a indiqué sa décision de ne pas se représenter cette année. Pour l'heure, seuls cinq candidats insulaires sont positionnés. Sur la liste du Parti communiste : Véronique Paolontoni en 30e position, et Marc-Antoine Leroy à la 57e place. Philippe Meynier, éleveur sur la commune d'Antisanti, est candidat sur la liste "Europe Territoires Écologie". Une démarche soutenue par Fançois Alfonsi, eurodéputé sortant et président de "Régions et Peuples Solidaires". Nathalie Antona, déléguée adjointe du RN en Corse est 24e sur la liste conduite par Jordan Bardella. Cette position pourrait la rendre éligible. C'est également le cas pour Jean-Charles Orsucci. Le maire de Bonifcaio, 22e sur la liste du parti de la majorité présidentielle menée par la députée européenne Valérie Hayer pourrait intégrer le Parlement européen en juin prochain. Il faudra attendre le 17 mai et la fin du dépôt des listes pour être fixé. 

📱💻 "Îles et régions : l’enjeu des élections européennes", un nouveau numéro du magazine "Enjeux Méditerranée" présenté par Thierry Pardi à retrouver mardi 7 mai 2024 à 20h45 sur France 3 Corse ViaStella ou en replay sur France. TV

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