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Bastia : Joseph Colombani condamné à 1000€ d'amende dans l'affaire du « sò quì »

© France 3 Corse ViaStella
© France 3 Corse ViaStella

Joseph Colombani a été condamné ce vendredi par le tribunal correctionnel de Bastia à 1000€ d'amende pour outrage à une personne exerçant une mission de service public. L’affaire fait suite à la polémique du « sò quì » au lycée de la Plaine orientale.

Par P.S.

Joseph Colombani a été condamné ce ce vendredi matin par le tribunal correctionnel de Bastia pour outrage à une personne exerçant une mission de service public. Le tribunal a donc conclu que son échange avec la proviseure de lycée de Plaine Orientale le 14 septembre 2018 constituait une insulte. Le militant de Corsica Libera, président de la Chambre d’Agriculture de Haute-Corse devra payer une amende de 1000€.  Le jugement avait été mis en délibéré. 

La réaction de Joseph Colombani à sa condamnation :
 
Bastia : Joseph Colombani condamné à 1000€ d'amende dans l'affaire du « sò quì »

Les faits remontent au 14 septembre 2018, après l’affaire du « sò quì » au lycée de la Plaine Orientale.
Bastia : Joseph Colombani jugé dans l’affaire du « sò quì »
Intervenants - Joseph Colombani, prévenu // Me Benjamin Genuini, avocat de la défense Equipe - Kael Serreri / Eloïsa Patricio

Plusieurs fois, un lycéen avait répondu « sò quì » à l’appel de son nom, ce qui signifie « présent » en langue corse. Le corps enseignant avait insisté pour qu’il se reprenne en français, ce qu’il avait refusé. L’affaire avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux et provoqué réactions et blocages de lycées dans toute la Corse.
 

"Je venais pour apaiser les choses"

« Des choses dégueulasses ont été écrites [sur les réseaux sociaux, ndlr] », reconnaît Joseph Colombani à l’audience.

Le 14 septembre Joseph Colombani entre dans le lycée –son fils y est scolarisé : « Je venais pour apaiser les choses, remettre de l’ordre. Ça aurait pu se passer autrement. Elle [la proviseure] aurait pu me proposer d’aller prendre un café. »

« Les choses ont dérapé quand la proviseure m’a dit qu’elle ne voulait pas discuter de ça avec moi, poursuit Joseph Colombani. Elle m’a pris par le bras et m’a dit de partir. J’ai été vexé. »

Selon le prévenu, le ton serait alors monté. Il nie cependant avoir tenu des propos outrageants.

Devant le tribunal, Joseph Colombani reconnaît avoir prononcé cette phrase : “Site corsa, parlate corsu, un site micca una bastarda”, ce qui signifie : « Vous êtes corses, vous parlez corse vous n’êtes pas une bâtarde ». Le président interroge le prévenu sur la traduction du propos sur le procès-verbal de gendarmerie qui omet la négation (« vous êtes une bâtarde ») : Joseph Colombani assure avoir dit « vous n’êtes pas une bâtarde ».

 « La proviseure est corse, issue d’un milieu rural, elle a parfaitement compris ma phrase et elle sait que ce n’était pas une insulte. Vous, ici, vous ne le comprenez peut-être pas mais elle si », déclare le prévenu.

Dans ses réquisitions, le procureur observe «  ce n’est pas parce que la personne en face de qui on se trouve n’a pas l’attitude que l’on espère que l’on peut tenir des propos indignes ». Elle demande au tribunal de tenir compte du casier judiciaire du prévenu et demande et de le condamner à 15 jours de prison ferme, ainsi que de révoquer une peine de un mois de sursis prononcée en 2017.
 

Une phrase fait débat

En défense Me Benjamin Genuini plaide la relaxe. Pour lui les faits d’outrage ne sont pas constitués : « Avec la négation [dans la phrase incriminée] je ne vois pas comment on peut considérer que c’est un outrage ». « Joseph Colombani a participé aux accords de Migliacciaru, c’est un homme de paix, sa place n’est pas ici », conclue-t-il.

Les deux plaignants ne se sont pas présentés à l’audience et n’ont pas été représentés.


 

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