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Sapeurs-pompiers : comment attirer les volontaires ?

Sécurité civil, 2 novembre 2017 / © Alexandre Marchi / MAX PPP
Sécurité civil, 2 novembre 2017 / © Alexandre Marchi / MAX PPP

En Corse comme partout en France, les sapeurs-pompiers sont les principaux acteurs de secours aux personnes dans les territoires. Et la profession est soumise à une hausse importante de demandes d'interventions pour du secours à personne : 100 à 120 000 en plus chaque année en moyenne. 

Par Axelle Bouschon

Le président de la Fédaration nationale des sapeurs-pompiers (FNSP) de France, Gregory Allione, est en Haute-Corse, ce lundi 22 juillet.

Au programme, rencontre avec le Préfet de la Haute-Corse, et déjeuner de travail avec les commandants des services incendies et de secours de Haute-Corse.

Mais Gregory Allione s'est également rendu à Aléria, en fin d'après-midi. Il y a honoré le Lieutenant Colonel Joseph Simoni. Plus ancien sapeur-pompier volontaire de France, il cesse son activité après près der 50 ans de service.

Pour le président de la FNSP, les "modèles d'exemplarité" comme "Jojo" Simoni doivent être mis en avant pour susciter l'envie auprès des populations de s'engager en tant que sapeur-pompier volontaire.

Car la profession voit le nombre de demandes d'intervention augmenter d'années en années : 100 à 120 000 en plus par an en moyenne. 


4 questions à Thierry Nutti, président de l'Union départementale de Haute-Corse, et à Gregroy Allione, président de la FNSP 


A quelle fréquence les sapeurs-pompiers sont-ils mobilisés pour les demandes de secours à personne en Corse ? 


Thierry Nutti : C’est la même tendance qu’au niveau national, on constate une recrudescence assez régulière du secours à personne des sapeurs-pompiers.

C’est encore plus caractérisé en Corse avec l’habitat qui permet des activités en plein air comme la randonnée, le canyoning, les baignades, qui sont propices à des accidents.

Le problème est que cette charge repose presque exclusivement sur les sapeurs-pompiers. Aujourd’hui, nous ne sommes plus la majeure partie du temps des soldats du feu, mais des officiers de santé.

En moyenne, 80% de nos interventions sont pour du secours à la personne.

Pendant la période estivale, qui va de mai à septembre, le nombre de demandes de secours est largement multiplié. On peut passer d’une journée « type » avec 10 demandes jour pour les sapeurs-pompiers à plus de 40, 50 appels !

 


Pourquoi cette tâche revient-elle en grande partie aux sapeurs-pompiers ?


T.N : On a en Corse de nombreuses zones rurales, qui sont en fait un vrai désert médical.

Du coup il arrive régulièrement que le SAMU nous demande d’effectuer des interventions pour des détresses médicales, parce qu’il n’y a pas de médecin disponible.

Après il y a aussi bien sûr toutes les demandes de secours « classique », qui concernent le secours la voie publique, les accidents routiers…

Il y a aussi la topographie Corse, qui joue. Quand on sait le temps que ça prend pour faire ici 50 kilomètres, pour limiter le temps d’intervention, on va souvent préconiser une évacuation, et donc faire appel à l’hélicoptère de la sécurité civile.

Il est l’un de ceux qui volent le plus en France.
 
S'engager comme pompier volontaire, portraits
Intervenants : Ronan Moureaux, nouvel engagé pompier volontaire; Fernand Ostiens, nouvel engagé pompier volontaire


Quelle est la proportion de sapeurs-pompiers volontaires ?


T.N : En moyenne, on considère que sur un camion qui part avec 4 sapeurs-pompiers, 3 sont volontaires.

En proportion c’est 80% des sapeurs-pompiers qui sont donc volontaires, c’est un taux très important.

Avec la hausse du nombre de demandes d’interventions, on a besoin de plus en plus de recrues. Et certaines régions font face à une « crise de vocation », et manquent donc d’effectif.

Ce n’est pas le cas de la Corse : nous recevons même plus de candidatures qu’il n’y a de places disponibles !

Et c’est une très bonne chose, parce que sans sapeurs-pompiers volontaires, la Corse ne pourrait pas répondre à toutes les demandes de secours.
 

Comment faire face à « la crise de vocation » de sapeurs-pompiers volontaires subie par plusieurs régions françaises ?


Grégory Allione : Il faut favoriser et encourager le volontariat. Aujourd’hui, ce qu’on essaye de faire comprendre aux autorités, c’est que le volontariat c’est une susceptibilité dure à gérer.

Ces sapeurs-pompiers volontaires donnent de leur temps. Souvent sur leur temps libre, [ndlr : 69% des sapeurs-pompiers volontaires sont salariés] pendant leurs week-ends, leurs temps familiaux, leurs vacances.

Alors il y a bien une indemnisation [ndlr : de 120 euros par mois en moyenne], mais ce n'est pas pour cela qu'on s'engage. C’est un engagement solidaire, pour son territoire, sa région, et les habitants.

Alors pour motiver la population à nous rejoindre, il faut mettre en avant des personnalités charismatiques. Il faut susciter l’envie par des modèles à suivre.

Je pense notamment à Joseph Simoni, qui est une figure d’exemplarité. C’est en valorisant des profils comme le sien que nous aurons plus d’engagement de sapeurs-pompiers volontaires.
 

 

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