Territoriales - Les 4 grandes priorités des nationalistes corses

Le leader indépendantiste corse Jean-Guy Talamoni lors d'un meeting de campagne des territoriales de 2017 / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Le leader indépendantiste corse Jean-Guy Talamoni lors d'un meeting de campagne des territoriales de 2017 / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Autonomie renforcée, statut de résident, co-officialité de la langue corse, amnistie des "prisonniers politiques": après la victoire électorale qui leur a donné dimanche les clés de la nouvelle collectivité territoriale unique de Corse, les nationalistes veulent défendre ces demandes prioritaires.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Au coeur des attentes des élus nationalistes, s'il n'est pas question d'indépendance, quatre revendications-clés: une autonomie renforcée, l'amnistie des "prisonniers politiques", la co-officialité de la langue corse et la reconnaissance d'un statut de résident.

Statut d'autonomie

La coalition victorieuse des autonomistes de Gilles Simeoni et des indépendantistes de Jean-Guy Talamoni a affiché comme priorité d'obtenir "dans les trois ans un statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice et (de) le mettre en œuvre en dix ans".

Il s'agit d'avoir "la dévolution d'un véritable pouvoir législatif et fiscal, reconnu aussi bien par l'Etat que par l'Union européenne", selon leur programme.

La Guadeloupe, et d'autres collectivités ultramarines disposent ainsi d'un pouvoir législatif leur permettant d'adapter localement le droit national. S'il l'obtient, c'est l'occasion pour la Corse d'avancer sur deux points. 

Co-officialité de la langue corse

Cette demande a déjà été adoptée en mai 2013 par l'Assemblée de Corse, dont le conseil exécutif était alors présidé par l'ex-député PRG Paul Giacobbi, depuis sorti de la vie politique en raison d'affaires judiciaires.

L'objectif est d'aboutir à l'utilisation de la langue corse dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale (éducation, services publics, médias).

Afin de "protéger, encourager et normaliser l'usage du corse dans tous les domaines et garantir l'emploi officiel du français et du corse à parité", la motion adoptée par l'Assemblée de Corse prévoyait un vaste plan de formation, notamment des personnels de la fonction publique.

Discutée avec le gouverment Manuel Valls, son application s'est vu opposer une fin de non-recevoir

Statut de résident

L'objectif de ce statut de résident est de réserver l'achat des biens immobiliers en Corse aux personnes justifiant de plusieurs années de résidence dans l'île de Beauté.

Cette mesure a pour but, selon ses promoteurs, de combattre la spéculation immobilière et "la dépossession immobilière qui privent les Corses de l'accès à la propriété dans leur pays", précise un tract de Corsica Libera, le parti de Jean-Guy Talamoni.

Ce statut a été adopté par l'Assemblée de corse le 24 avril 2014, avant même l'arrivée aux responsabilités des nationalistes. Il prévoit l'obligation de justifier de cinq ans de résidence à titre permanent dans l'île pour pouvoir acheter un bien immobilier mais il est pour l'heure sans effet.

Amnistie des "prisonniers politiques"

Si cette demande apparait "impossible" à satisfaire, selon Thierry Dominici, spécialiste de la Corse à l'Université de Bordeaux, la question du "rapprochement des prisonniers" corses afin qu'ils purgent leur peine à la prison de Borgo a fait l'objet de discussions débutées sous la présidence de François Hollande.

L'appellation "prisonniers politiques" chère aux nationalistes concerne une vingtaine de détenus, majoritairement des membres du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) et les membres du commando Erignac, parmi lesquels Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.

Pratiquement, la réponse du gouvernement à ce jour a toujous été la même: non. 

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