Présidentielle : le large vote FN de la Corse en faveur de Marine Le Pen

Présidentielle : le large vote FN de la Corse en faveur de Marine Le Pen
Antoine Ottavi, maire de Bastelicaccia (DVG); Jean-Jacques Ferrara, président de la CAPA (LR); Pierre Savelli, maire de Bastia (nationaliste); Francis Nadizi, secrétaire régional FN - France 3 Corse ViaStella  - Marie-Françoise Stefani, Jennifer Cappai-Squarcini

La candidate du FN Marine Le Pen est arrivée largement en tête en Corse dimanche au premier tour du scrutin présidentiel, une première dans la région, où le candidat d'En Marche!, Emmanuel Macron, ne se classe qu'en troisième position, loin derrière François Fillon.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Dans une île qui avait toujours placé le candidat de la droite en tête, au premier comme au second tour de la présidentielle depuis 2002, et qui a offert une victoire historique aux nationalistes aux élections territoriales en décembre 2015, Marine Le Pen a obtenu 27,88% des suffrages exprimés, deux points devant François Fillon (25,52%) et près de 10 points devant Emmanuel Macron (18,48%). Jean-Luc Mélenchon se classe en 4e position, avec 13,74% des suffrages exprimés.

La candidate du Front National arrive nettement en tête avec près de 31% des suffrages dans les deux plus grandes villes corses, à Ajaccio devant François Fillon et à Bastia devant Emmanuel Macron.

Une percée à mettre aussi en rapport avec l'augmentation du nombre d'électeurs inscrits en Corse, passés de 220 349 en 2012 à 234 330 en 2017. Pour Marine Le Pen s'est une progression proportionnelle en nombre de voix entre les deux élections, avec 3 831 électeurs gagnés. 



Marine Le Pen confirme ainsi la montée du FN sur l'île, où elle avait effectué une percée surprise en 2012 en arrivant deuxième derrière Nicolas Sarkozy avec près d'un quart des suffrages (24,4%).

En visite à Ajaccio pour séduire l'électorat corse le 8 avril, Marine Le Pen avait vu son meeting perturbé par un collectif anti-fasciste mais aussi par des jeunes indépendantistes. En 1992 et 1994, déjà, Jean-Marie Le Pen, à qui il était reproché d'avoir "demandé la peine de mort pour les prisonniers politiques corses", avait été empêché d'atterrir ou de s'exprimer sur l'île.


En 2002 et 2007, le père de l'actuelle candidate du FN avait respectivement obtenu 15,68% et 15,26% des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle, culminant à 20,24% au second tour en 2002.

Macron en tête à Venaco

C'est à Venaco, dans le fief du député DVG Paul Giacobbi, un des hommes forts de Haute-Corse pendant de nombreuses années qui avait annoncé soutenir Emmanuel Macron que le candidat d'En Marche! a réalisé certains de ses meilleurs scores sur l'Ile de Beauté, finissant en tête avec 28,57% des suffrages exprimés, devant Marine Le Pen (20,84%).

Récemment condamné pour détournement de fonds publics, Paul Giacobbi a annoncé qu'il ne se représenterait pas aux prochaines législatives.



Mais Emmanuel Macron n'est en revanche arrivé qu'en troisième place (21,69%) à Bonifacio - dont le maire Jean-Charles Orsucci était un des plus importants relais du candidat d'En Marche! sur l'île - après François Fillon (27,56%) et Marine Le Pen (26,32%).

Derrière les quatre candidats de tête, une surprise : Jean Lassalle, avec 5,68% des voix exprimées, a devancé de près de deux points le candidat du Parti socialiste Benoit Hamon (3,74%).

Le taux d'abstention, qui a augmenté dans toute la France par rapport à la dernière présidentielle, a enregistré une forte hausse en Corse, atteignant près de 32%, soit plus de six points de plus qu'en 2012.

Au terme d'une campagne dont le dossier corse a été absent, ni Jean-Guy Talamoni, président indépendantiste de l'Assemblée de Corse, ni Gilles Simeoni, dirigeant autonomiste du Conseil exécutif de Corse, ne s'étaient prononcé en faveur d'un des 11 candidats.

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