Inondations : on vous explique comment fonctionne Vigicrues, disponible en Corse depuis septembre

Depuis le 15 septembre 2020, le dispositif Vigicrues est actif sur les fleuves du Golo et du Tavignano. On vous explique en quatre questions son fonctionnement.

Deux fleuves corses ont été intégrés au dispositif vigilance crues depuis le 15 septembre 2020.
Deux fleuves corses ont été intégrés au dispositif vigilance crues depuis le 15 septembre 2020. © Capture d'écran Vigicrues (10/10 à 7h15)

Le dispositif Vigicrues, c’est quoi ?

Vigicrues est un service d’information et d’alerte sur le risque de crues des principaux cours d’eau en France.Le dispositif est opérationnel en France depuis 2006.

Il permet la consultation d’une carte, produite par le SCHAPI (service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations), qui coordonne et concentre l'information de vigilance produite par les services de prévision des crues.

La carte est actualisée au moins deux fois par jour, à 10h et 16h.

L’objectif de cette vigilance crue étant, indique le ministère de la transition écologique et solidaire, de "diffuser les informations avec la meilleure anticipation possible, pour permettre aux personnes concernées et aux pouvoirs publics d'anticiper le danger et de mobiliser les équipes d'intervention."

En cas de crise, les informations sont transmises aux pouvoirs publics en charge de la sécurité civile, tels que le préfet de Région et les maires. Et restent dans toutes les situations à la disposition du public sur le site Vigicrues.

Que change son arrivée en Corse ?

Depuis le 15 septembre 2020, le dispositif est actif sur les fleuves du Golo (qui prend naissance au sud de la Paglia Orba) et du Tavignano (qui prend source au-dessus du lac de Nino).

Une vingtaine de pluviomètres, qui télétransmettent les données, ont ainsi été mis en place en rivière. Pour le Golo, des tronçons de vigilance sont placées à Morosaglia, Volpajola, Gavignano, et Omessa. Pour le Tavignano, il sont à Antisanti et Corte.

Un radar des précipitations de Météo France est également en service depuis 2018 à Ajaccio.

"Les équipements installés sur le Golo et le Tavignano nous permettent d’avoir un suivi beaucoup plus précis et une réactivité beaucoup plus grande sur les crues qui sont envisagées à partir des précipitations annoncées par Météo France" indique Patricia Bruchet, directrice adjointe de la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de Corse.

Ainsi, les informations et le risque de crue pour les deux fleuves sont désormais consultables sur le site internet de Vigicrues, à l’instar des autres cours d’eau répertoriés sur le continent.

Comment interpréter la carte ?

Vigicrues définit un niveau de risque distingué par quatre couleurs : vert, jaune, orange et rouge. Celles-ci sont déterminées en fonction de l’importance de l’événement hydraulique, vert représentant un risque faible et rouge un risque de crue majeur.

Ainsi, quand aucune vigilance particulière ne doit être observée, le fleuve apparait vert sur la carte.

La couleur jaune apparaît dès lors qu’un risque de crue ou de montée rapide des eaux, n’entraînant pas de dommages significatifs mais nécessitant une vigilance particulière pour les activités en bord d’eau est déterminé.

La vigilance orange est déclenchée quand ces débordements sont susceptibles d’avoir un impact significatif sur la sécurité des personnes et des biens. La population est alors invitée à se mettre à l’abri, et limiter tout déplacement sauf si absolument nécessaire.

Dernier échelon, la vigilance rouge. Celle-ci représente une "menace directe et généralisée de la sécurité des personnes et des biens". Tout déplacement, dès lors que l’on est à l’abri, est alors formellement proscrit.
La carte de vigilance crues est actualisée au moins deux fois par jour.
La carte de vigilance crues est actualisée au moins deux fois par jour. © Capture d'écran Vigicrues (09/10 à 21h30)
La carte est actualisée au fur et à mesure de la journée. Il en va de même pour les bulletins d’informations qui l’accompagnent, et qui précisent l’échéance à laquelle une crue est susceptible de se produire.  

Pourquoi seulement les fleuves du Golo et du Tavignano ?

En Corse, l’Etat s’est engagé depuis 2007 dans la construction d’un service des crues.

Plus grands fleuves insulaires, le Golo et le Tavignano ouvrent donc la marche en intégrant le réseau de surveillance Vigicrues.

Mais "à partir de l’automne prochain, on envisage d’équiper la Gravone, et potentiellement le Prunelli", assure Patricia Bruchet, directrice de la DREAL de Corse. "Puis ensuite sur les autres années équiper à peu près la majorité des grands cours d'eau de Corse."
Quatre inondations qui ont marqué la Corse au cours des dernières années
  • Le 24 novembre 2016, la Corse est placée en alerte rouge « pluie-inondations ». Il s'agit de la première fois depuis la mise en place de la vigilance météorologique de Météo-France, le 1er octobre 2001. Le front orageux cause de nombreux dégâts sur l’île : routes inondées ou coupées par des chutes d'arbres et des éboulements, trafic ferroviaire interrompu dans la région bastiaise, vols annulés à l'aéroport de Bastia, la circulation est restée plusieurs jours extrêmement difficile sur l'île. Sans faire, fort heureusement, de victime.
  • Le 20 décembre 2016, l’île est de nouveau frappée par une tempête hivernale. L’épisode météorologique provoque la crue du Golo, du Fiumorbo et du Tavignano. Là encore, pas de victime, mais de fortes perturbations des transports aériens, ferroviaires et maritimes.
  • Le 7 décembre 2018, la Corse est touchée par la tempête Adrian. L’état de catastrophe naturelle pour "inondations et choc mécanique lié à l’action des vagues" et "inondations et coulées de boue" est reconnu pour 39 communes.
  • Le 21 et 22 décembre 2019, la tempête Fabien balaie la Corse, causant de nombreux dégâts et perturbations. Le trafic aérien et maritime est entièrement interrompu pendant plusieurs jours, des nombreuses routes sont bloquées, et la ville d’Ajaccio se trouve même enclavée et interdite d’accès durant plusieurs heures. L’aéroport Napoléon Bonaparte, sous les eaux, reste fermé toute une semaine, provoquant moults tumultes à l’approche des grands départs pour les fêtes de fin d’année.
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