Coronavirus : vers la mise en place d’un revenu universel en Corse ? 

Jeudi 30 avril, le conseil exécutif de Corse et l’Assemblé ont approuvé le rapport sur la faisabilité d’un revenu universel et de sa possible expérimentation dans l’île. / © PHOTOPQR/CORSEMATIN
Jeudi 30 avril, le conseil exécutif de Corse et l’Assemblé ont approuvé le rapport sur la faisabilité d’un revenu universel et de sa possible expérimentation dans l’île. / © PHOTOPQR/CORSEMATIN

Permettre à la Corse d’expérimenter le revenu universel. C’est le projet d’un rapport approuvé par le conseil exécutif et l’Assemblée le 30 avril. Objectif : faire face à la pauvreté et à l’exclusion sociale qui peuvent être exacerbées par la crise du Coronavirus. 

Par A. Altimare

Soutenir chaque citoyen en risque de grande pauvreté. Jeudi 30 avril, le conseil exécutif et l’Assemblée de Corse ont approuvé le rapport sur la faisabilité d’un revenu universel et de sa possible expérimentation dans l’île. Un travail long de trois ans accéléré par la crise du Coronavirus.

 


Pour Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse et à l'initiative de la création de la commission ad hoc en 2017, cette mise en place permettra de donner « une réponse sociale aux situations les plus difficiles, c’est aussi une réponse à la hauteur du besoin de reconnaissance de la dignité de la personne. Porter un autre regard sur le plus faible, est un premier pas en faveur de l’inclusion. Le plus faible comme le plus puissant pourront alors croire à nouveau en leur humanité commune », a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport. 

Une réalité sociale compliquée par la crise économique mondiale induite par la pandémie de Coronavirus. En Corse, selon les chiffres de la préfecture de Corse, 36.000 salariés du secteur privé sont actuellement au chômage partiel. Soit un salarié du secteur sur deux lorsque la moyenne nationale s’élève à un salarié sur trois. Une situation qui pourrait s’aggraver davantage avec une année noire pour le tourisme, moteur de l’économie insulaire. 
 

500 euros par mois 

Ainsi, le projet se base, dans un premier temps, sur « l’hypothèse d’un revenu de 500 euros par mois ». Le document souligne, dans le même temps, que cette somme ne sera « pas assez pour faire face à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Cela signifie que ce revenu devrait être au moins égal au seuil de pauvreté, soit autour de 1.000 euros, objectif qu’il conviendra de poursuivre dans l’avenir. »

 


Pour se faire, les études de la commission spécialement dédiée au dossier, préconisent « de faire évoluer le mécanisme du prélèvement à la source institué début 2019 pour le remplacer par le calcul mensuel par l’administration fiscale, d’une redistribution universelle combinant un transfert, de l’ordre de 500 euros, et un prélèvement sur tous les revenus, à un taux à ajuster de 30 % à 35 %. » Selon les projections, ce dispositif coûterait 129 millions d’euros annuels à la Corse. 

 

Pour pouvoir être lancé, le projet devra faire l’objet d’une demande d’adaptation des textes applicables auprès du gouvernement. 
 

L’idée refait surface en Europe 

L’instauration d’un revenu universel gagne beaucoup de pays européens. Ainsi, au début du mois d’avril, l’Espagne a annoncé vouloir mettre en place un revenu de base afin de soutenir ses 10 millions de citoyens en risque de grande difficulté à cause de la crise de la crise du Coronavirus, comme le rappelle FranceInfo. Selon le site d’information, ce revenu, dans un premier temps temporaire, pourrait atteindre les 450 euros par mois. 

En Allemagne, une somme de 1.000 euros pourrait être versée pendant six mois à tous ceux qui ont besoin d’être soutenus financièrement actuellement. 

Au niveau national, une soixantaine de parlementaires, de gauche, défendent eux aussi l’instauration d’un revenu de base. Le revenu universel était aussi l’une des idées portée par le candidat Benoit Hamon, de gauche, lors de l’élection présidentielle de 2017. 

 

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