#PasDeMatchLe5mai : la rencontre de Ligue 2 finalement décalée au 4 mai après une vive polémique

L'annonce avait mis le feu aux poudres au sein des amateurs de football, et plus généralement de la population insulaire : la LFP prévoyait le report d'un match de Ligue retardé au 5 mai prochain. La date a finalement été décalée au 4 mai.

Chaque 5 mai, les hommages affluent pour saluent la mémoire des 18 personnes décédées et des 2.357 blessés.
Chaque 5 mai, les hommages affluent pour saluent la mémoire des 18 personnes décédées et des 2.357 blessés. © FTV

"Manque de respect", décision "inacceptable", "honteuse" ou "indécente"... L'annonce de reprogrammation d'un match en retard de Ligue 2 le 5 mai prochain par la Ligue de football professionnel (LFP) a déchaîné les critiques des politiques et de la population insulaire. Sur Twitter, plus d'une centaine de messages ont été relayés avec le #PasDeMatchLe5Mai, demandant à la LFP de reconsidérer cette décision.

"On ne comprend pas cette obstination à vouloir programmer des matchs le 5 mai", s'est émue Josepha Guidicelli, présidente du collectif des victimes du 5 mai 1992. "Ce jour-là, il y a des commémorations, des gens qui se souviennent. C'était il y a 29 ans, mais c'est comme si c'était hier."

L'instance sportive est finalement revenue sur cette date peu après 15h, ce vendredi 23 avril, par le biais d'un communiqué. Un message dénué de justification, annonçant tout simplement la reprogrammation de quatre rencontres, dont celle opposant l'équipe du Havre à Toulouse, au centre de la polémique. Le match est désormais annoncé pour le soir du 4 mai.

Sacralisation de la date

Le 5 mai 1992, la tribune nord du stade Armand-Cesari s'effondre lors de la demi-finale de coupe de France de football qui oppose le SC Bastia à l'Olympique de Marseille, causant la mort de 18 personnes, et en blessant 2.357 autres. Une tragédie qui reste encore aujourd'hui ancrée la mémoire corse. 

De ce drame est né un collectif éponyme, le collectif du 5 mai 1992, qui se bat depuis pour sacraliser la date de la catastrophe, en appelant notamment à ce que plus aucun match ne soit joué en France les 5 mai. Une demande relayée par plusieurs élus, et qui a fait l'objet d'une proposition de loi, porté par le député de la première circonscription de Haute-Corse Michel Castellani

Un texte adopté à la très large majorité par l'Assemblée nationale, le 13 février 2020 (85 voix pour et 1 contre). Problème, navette parlementaire oblige, la proposition de loi doit encore être examinée, puis validée, par le Sénat avant d'entrer en vigueur.

"Mépris total" des victimes et du vote des députés

Et c'est justement sur cette "faiblesse du système", selon les mots de Michel Castellani, que se serait appuyée la LFP pour décider, dans un premier temps, de planifier la rencontre entre les équipes du Havre et de Toulouse le 5 mai. "Ils profitent du fait que notre proposition de loi n'ait pas encore reçu l'aval du Sénat, qui ne fera aucun doute, mais s'assoient au passage sur un vote quasi-unanime de l'Assemblée nationale, s'offusquait avant l'annonce d'un nouveau report du match le député. Ces messieurs se considèrent au-dessus des lois, en mépris total avec les victimes du 5 mai, leurs familles, et le vote des députés."

Une position partagée par le député de la deuxième circonscription de Haute-Corse, Jean-Félix Acquaviva. Dans un message posté sur les réseaux sociaux, il indiquait ainsi que "la programmation d'un match de L2 par la LFP est indécente", apportant son "soutien total au collectif du 5 mai 1992".

Le maire de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini y voyait lui un obstacle "à la reconnaissance d'un drame national".

Pour Jean-Charles Orsucci, il s'agissait d'une action "plus que maladroite de la part de la LFP", de la part de personnes "qui ne sont pas imprégnées de ce drame corse, plus grand drame sportif français". Le maire de Bonifacio appelait la Ligue à présenter des excuses, précisant que "la plus belle excuse serait de ne pas recommencer". Il invite désormais le Sénat a adopter rapidement la proposition de loi du député Michel Castellani.

 

Devoir de mémoire

Impossible de dire avec certitude pour l'heure si la décision de reprogrammer la rencontre Havre-Toulouse au 4 mai est en lien avec la polémique née autour de la date initiale de report du match.

Mais nombreux sont ceux qui espèrent désormais un gel définitif du 5 mai dans le calendrier du football français. Un devoir de mémoire aux victimes.

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