VIDEO. Tsunami : quels risques pour la Corse ?

Le nouveau système d'alerte et d'information sur téléphone, FR-Alert, devait être testé ce vendredi 3 novembre dans neuf départements littoraux qui pourraient être impactés par un tsunami. La Corse en fait partie. Le test est finalement décalé à une date ultérieure. Son objectif : préparer la population à un scénario catastrophe, alors que l'Unesco prévoit qu'un tsunami touche la Méditérrannée dans les 30 prochaines années.

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Le message sera bien réel, mais le danger fictif : dans le cadre de la journée mondiale de sensibilisation au risque tsunami, la Corse devait participer, vendredi 3 novembre, à une simulation d'alerte tsunami en Méditerranée. En raison des conditions climatiques, l'exercice est finalement reporté à une date ultérieure, prochainement communiquée, mais reste bien maintenu.

Son objectif : tester le déclenchement du nouveau système d'alerte et d'information FR-Alert sur le littoral. Un exercice qui concernera neuf départements littoraux - parmi lesquels la Corse-du-Sud et la Haute-Corse, donc - qui pourraient être impactés par un pareil phénomène météorologique, et sera mené en lien avec la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, (DGSCGC), la direction de la transformation numérique (DTNUM), le centre national d’alerte aux tsunamis (CENALT) et une équipe de chercheurs de l’université d’Avignon.

Les habitants des neuf départements recevront ainsi un message d'alerte sur leur smartphone, entre 10h et 11h15. Un SMS "Alerte extrêmement grave", qui sera notifié par un son spécifique, et qui apparaîtra sur l'écran du téléphone, même verrouillé.

Les consignes de sécurité à suivre seront indiquées dans ce SMS. Mais parce qu'il s'agit d'un exercice, aucune action n'est attendue de la part des personnes qui en seront destinataires, précisent les autorités préfectorales, qui demandent également de ne "pas contacter les forces de l'ordre (17), les services de secours (15, 18 et 112), ni le standard téléphonique de la préfecture et des mairies concernées, et de ne pas relayer de fausses rumeurs ou de fausses informations sur les réseaux sociaux."

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Quel risque de tsunami en Corse ©France 3 Corse ViaStella

Le bassin méditerranéen surveillé

L'exercice pourrait-il prochainement devenir une réalité ? Les tsunamis - du japonais tsu nami qui signifie "vague du port" -, ces ondes océaniques formant des "murs d'eau" hauts de plusieurs mètres, sont majoritairement engendrés par un mouvement brutal du fond de la mer, faisant suite à un séisme, une éruption volcanique, un glissement de terrain, ou d'autres perturbations.

Justement, le bassin méditerranéen se trouve être une zone à risque en raison de séisme sous-marin entre l'Afrique du Nord, l'Italie et la Corse. La région est ainsi traversée par des failles actives, responsables de plusieurs séismes au cours des vingt dernières années, à Cagnes, Nice, Menton, Monaco, la vallée de la Vésubie ou le littoral italien.

Des phénomènes dont la puissance modérée n'a eu pour conséquences que quelques bâtiments endommagés... mais des séismes qui surviennent en mer - soit la majeure partie de l'activité sismique dans la région - pourraient bien donner naissance à des tsunamis. Au risque de les voir frapper les côtes ?

En juin 2022, l'Unesco estimait "proche de 100%" la probabilité qu'une "vague d'un mètre, donc catastrophique" frappe la Méditérannée dans les 30 prochaines années.

Un phénomène qui ne serait pas nouveau : en 1887, un séisme et un tsunami frappent la Ligurie, faisant 644 morts. Plus près de la Corse encore, le 16 octobre 1979, un tsunami s'abat sur la ville de Nice, inondant l'aéroport, faisant onze morts et provoquant d'importants dégâts. En 2020, un autre séisme, au large de la Turquie, créé un tsunami sur les côtes de l'île grecque de Samos et à Izmir.

D'où l'appel de l'Unesco aux pouvoirs publics, dans ce cadre, à mieux réfléchir à des mesures de sensibilisation, d'alerte et de prévention de la population côtière, afin qu'elle sache comment réagir si une telle catastrophe venait à se produire. Des préparations qui incluent notamment la connaissance du risque par les personnes concernées, une organisation efficace et détaillée des secours en cas d'alerte, et l'installation de panneaux et zones refuges.