Rassemblement des anti-nucléaires à Chalampé

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Rassemblement des anti-nucléaires dimanche 10 mars
Rassemblement des anti-nucléaires dimanche 10 mars © A.S.

Quelque 600 personnes, dont une majorité d'Allemands, ont manifesté dimanche après-midi à la frontière franco-allemande à Chalampé pour demander la fermeture immédiate de la centrale nucléaire toute proche de Fessenheim, à la veille du 2e anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

"Fermons Fessenheim, abschalten!" ont scandé les manifestants dans les deux langues, sur le pont franchissant le Rhin, à une dizaine de kilomètres
en amont de la centrale alsacienne. "Nous sommes ici pour rappeler que deux ans après Fukushima, Fessenheim est toujours là", a dit Gilles Barthe, du Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR). La manifestation a été douchée par un violent orage. "Les pieds mouillés, c'est moins grave qu'un accident à Fessenheim", a commenté M. Barthe. Mise en service en 1977, la centrale de Fessenheim est la doyenne des installations nucléaires françaises. Le président François Hollande s'est engagé à la fermer avant la fin du quinquennat. Mais les mouvements écologistes réclament une fermeture immédiate, car ils estiment la centrale alsacienne vétuste et dangereuse.

Samedi, plusieurs milliers de personnes (20.000 selon les organisateurs, 4.000 selon la police) ont formé une vaste chaîne humaine dans Paris pour réclamer l'arrêt du nucléaire civil et militaire en France, deux ans après la catastrophe de Fukushima. 




Haruko Boaglio, qui habitait à 45 km de Fukushima  le 11 mars 2011 était présente ce dimanche pour apporter son témoignage.




Un accident nucléaire coûterait jusqu'à 5.800 milliards d'euros; des chiffres de 2007 aujourd'hui dépassés, selon l'IRSN
L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) chiffrait jusqu'à 5.800 milliards d'euros le coût d'un accident nucléaire majeur en France dans un rapport de 2007 publié par le JDD, mais ces estimations ne sont plus aujourd'hui aussi élevées, a précisé l'auteur du rapport à l'AFP.
Selon ce rapport confidentiel cité par le Journal du dimanche (JDD), le coût d'un accident majeur pourrait aller de 760 milliards d'euros pour un "cas de base" à 5.800 milliards d'euros, soit l'équivalent de trois années de PIB, dans le cas d'une situation particulièrement catastrophique.

Mais interrogé par l'AFP, l'économiste Patrick Momal, auteur du rapport qui n'a jamais été publié, a indiqué qu'il s'agissait de "vieux chiffres rudimentaires". "Nous avions à l'époque utilisé un code rudimentaire ne prévoyant qu'une seule météo, celle prévalant au site de l'accident" a-t-il précisé, ajoutant qu'une nouvelle étude avait été réalisée depuis, avec un code plus élaboré. Dans cette nouvelle étude rendue publique il y a un mois, l'IRSN avait évalué le coût d'un accident nucléaire similaire à celui survenu en mars 2011 à Fukushima à environ 430 milliards d'euros. Il s'agissait d'un "cas médian" pour un accident nucléaire majeur avec des rejets radioactifs, a précisé M. Momal, avec une fourchette allant de 250 milliards à 1.000 milliards d'euros au maximum pour le scénario le plus grave. 

Dans le rapport confidentiel réalisé en 2007 et dont le JDD affirme s'être procuré une copie, le coût maximum d'une catastrophe nucléaire en France, incluant les pertes économiques mais aussi les coûts environnementaux et les dépenses de santé, était évalué à 5.800 milliards d'euros. Il s'agissait, selon le JDD, du pire des scénarios possibles, dans lequel 5 millions de personnes devaient être évacuées, tandis que les répercussions économiques se faisaient sentir sur une région de 850.000 km2, abritant 90 millions de personnes au total. Le rapport reconnaissait également, selon le JDD, que l'ampleur de la contamination et donc son coût pourraient varier fortement en fonction des conditions météorologiques, des vents dirigés vers les zones habitées constituant clairement le pire des scénarios. Or, "la météo extrême prévue dans l'étude de 2007 n'est pas réaliste" a précisé
M. Momal pour expliquer les raisons de la revue à la baisse des estimations de l'IRNS. Il s'est également refusé à indiquer si le rapport serait publié dans le courant de l'année, après avoir été réévalué, comme l'indique le JDD. 

Greenpeace a réagi à l'article du JDD en demandant à la ministre de l'Ecologie Delphine Batho de publier immédiatement l'intégralité du rapport "afin de le verser au débat en cours sur la transition énergétique". "Il est irresponsable de cacher une telle situation aux Français qui auraient à payer les conséquences d'un accident grave pendant des décennies", ajoute Greenpeace dans un communiqué.

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