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La centrale de Fessenheim ne sera pas mentionnée dans le projet de loi sur la transition énergétique

Le projet de loi sur la transition énergétique, attendu cet automne, ne dressera pas de liste de réacteurs à fermer pour remplir l'objectif de réduction de la part du nucléaire, a annoncé jeudi le ministre de l'Ecologie Philippe Martin.

La centrale nucléaire de Fessenheim
La centrale nucléaire de Fessenheim
Cette loi de programmation, qui s'inspirera du débat national sur la transition énergétique, doit mettre en musique l'engagement du président François Hollande de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% actuellement à 50% d'ici à 2025. "Ce ne sera pas une loi qui fixe un agenda ou une liste de centrales à démanteler", a souligné M. Martin dans un entretien au Nouvel Observateur, mis en ligne sur le site de l'hebdomadaire.

"Il s'agit d'une loi-cadre qui cible des objectifs à atteindre: un meilleur +mix+ de nos sources d'approvisionnement en énergie, une meilleure efficience des bâtiments, un effort sur les énergies renouvelables, un plan d'économies d'énergie", a précisé M. Martin. La réduction de la part du nucléaire dans le parc électrique avait été un point de désaccord majeur du débat sur l'avenir de la politique énergétique française, organisé ces derniers mois. Faute de consensus et face notamment à l'opposition farouche du Medef, la synthèse du débat s'est contentée de prôner une "étude de faisabilité pour préciser les trajectoires" qui permettraient d'atteindre les 50% en 2025. 

Le gouvernement s'est seulement engagé à fermer la centrale de Fessenheim  d'ici à fin 2016, parallèlement à la mise en service de l'EPR de Flamanville, si bien qu'à la fin du quinquennat le nucléaire représentera toujours environ 75% du bouquet électrique français. Greenpeace a aussitôt critiqué ces déclarations. "Combien de réacteurs nucléaires vont être fermés et quand ? C'est bien à cette question que la loi de programmation énergétique devra répondre", a indiqué l'ONG dans un courriel à l'AFP. "Des objectifs d'efficacité et d'installation de renouvelable ne suffiront pas s'ils ne sont pas couplés à la fermeture de réacteurs nucléaires additionnels", a ajouté l'ONG, en se demandant si "le chiffre de 24 réacteurs nucléaires fermés d'ici à 2025 défini dans l'accord électoral PS-EELV", mais qui n'avait pas été repris dans le programme du candidat Hollande, "sera respecté". 

Concernant le calendrier du projet de loi, initialement attendu dès juin dernier mais repoussé à plusieurs reprises, M. Martin a précisé que "l'objectif, c'est un dépôt du texte avant la fin de l'année et un vote avant les élections de l'an prochain", c'est-à-dire d'ici aux municipales prévues en mars. Le programme parlementaire présenté mardi par le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, qui court jusqu'en janvier prochain, ne mentionne pas de créneau pour l'examen de ce texte. 

Le gouvernement pourrait envisager une loi spécifique pour Fessenheim


M. Martin a réaffirmé que "la fermeture de Fessenheim doit être actée d'ici à fin 2016", tout en admettant que les modalités n'étaient pas décidées, le gouvernement se posant toujours "la question de savoir s'il faut une loi spécifique pour pouvoir ensuite prendre le décret permettant de fermer cette centrale". L'entourage du ministre a précisé que par "acter", le ministre voulait bien dire une fermeture effective de Fessenheim d'ici fin 2016. Autrement dit, le gouvernement s'en tient à son calendrier, lequel suscite de nombreux doutes.

Enfin, M. Martin, qui participe jeudi aux Journées d'été d'EELV à Marseille, a redit son opposition catégorique à l'exploration et à l'exploitation du gaz de schiste, et indiqué qu'il ferait le 5 septembre des "annonces fortes" sur la rénovation thermique des logements avec sa collègue chargée du Logement, l'écologiste Cécile Duflot.

Rassemblement des anti-nucléaires sur la passerelle Mimram, entre Strasbourg et Kehl.

 Les manifestants réclamaient une fois de plus la fermeture de la centrale de Fessenheim. Et parmi eux,  des élus français et allemands.  Les  "Grünen" sont d'ailleurs en campagne pour les élections législatives qui auront lieu dans un mois outre-Rhin. Ils estiment que la poursuite de l'exploitation des réacteurs à Fessenheim serait irresponsable.

 

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