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Rachid Rafaa, présumé jihadiste marocain, assigné à résidence en France

Cet informaticien marocain, qui avait été placé en rétention jeudi à sa sortie de prison à Nancy, a finalement été assigné à résidence en France, alors que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a interdit à Paris son extradition vers Rabat où il pourrait être en danger de mort.

Par Jean-Christophe Dupuis-Remond

Rachid Rafaa, un informaticien de 37 ans établi à Metz, avait fait l'objet fin 2009 d'un mandat d'arrêt international émis par le Maroc,pour "constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes".
Il avait alors été placé en détention en France dans l'attente de son extradition.
Mais, exprimant la crainte qu'il puisse être torturé dans son pays d'origine, la CEDH a interdit de manière définitive fin 2013 son extradition.

La chambre de l'instruction de Metz avait en conséquence ordonné jeudi 9 janvier 2014 la remise en liberté de Rachid Rafaa. Mais, dès sa sortie de la prison de Nancy-Maxéville, il avait été interpellé, puis placé dans un centre de rétention administrative à Lille, à la suite d'un arrêté de reconduite à la frontière pris par le ministre de l'Intérieur.

"Nous avons fait un recours devant le tribunal administratif contre cet arrêté. Mais le ministère nous a coupé l'herbe sous le pied, en demandant une assignation à résidence. Or, si la juridiction administrative s'était prononcée, il serait aujourd'hui probablement dehors." L'avocate nancéienne de Rachid Rafaa.


Déjà torturé par les marocains


Pour motiver son arrêté, le ministère avait mis en avant le caractère irrégulier du séjour de l'informaticien en France.

"M. Rafaa ne souhaite pas dire où il se trouve assigné à résidence, car il craint les services secrets marocains. Je redoute un coup tordu et qu'il soit livré en pâture", a ajouté son avocate.

Les autorités marocaines soupçonnent l'informaticien d'être lié à des responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qu'il aurait aidés à diffuser leurs messages via internet. Ce soupçon est partagé par les services français de lutte contre le terrorisme, qui considèrent que cet homme est connu pour "son appartenance à la mouvance djihadiste internationale".
L'intéressé, qui réfute ces accusations, a affirmé pour sa part que le véritable mobile des poursuites à son encontre est lié à son soutien à la cause du Sahara occidental. Il avait ajouté avoir été, pour cette raison, détenu et torturé pendant vingt jours à Rabat début 2009, peu de temps avant de s'enfuir en France.

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