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"M. Fessenheim" envisage un nouveau motif pour arrêter la centrale

Le gouvernement envisage d'invoquer un motif politique pour procéder à la mise à l'arrêt en 2016 de la centrale nucléaire de Fessenheim, uniquement possible jusqu'ici pour des raisons de sécurité ou économiques, annonce le nouveau "M. Fessenheim" dans un entretien publié mardi.
la centrale nucléaire de Fessenheim
la centrale nucléaire de Fessenheim © MaxPPP
"Le ministère réfléchit à une troisième voie pour procéder à la mise à l'arrêt d'une centrale nucléaire", déclare Jean-Michel Malerba, nommé la semaine dernière délégué interministériel en charge de la fermeture de Fessenheim, dans un entretien aux Dernières nouvelles d'Alsace.

"Jusqu'ici, une fermeture ne peut être décidée que par l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) pour des motifs de sécurité ou par l'exploitant pour des raisons économiques", rappelle-t-il. "Mais un troisième motif de fermeture pourrait être la politique énergétique, à l'initiative de l'État", ajoute-t-il, précisant par ailleurs que la "réduction de la part du nucléaire à 50% à l'horizon 2025 relève" de la politique énergétique du gouvernement. Fessenheim, exploitée par EDF, est la seule des 19 centrales françaises (58 réacteurs au total) dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande, pour fin 2016.

Mais l'ancien délégué interministériel Francis Rol-Tanguy, devenu en octobre directeur de cabinet du ministre de l'Ecologie Philippe Martin, avait estimé que son démantèlement proprement dit ne pourrait pas commencer avant 2018. En service depuis 1977, Fessenheim est dotée de deux réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts chacun. Elle est très décriée par les écologistes qui réclament sa fermeture en mettant notamment en avant des risques sismiques et d'inondation. Par ailleurs, l'étude d'impact sur les conséquences de la fermeture en termes d'emplois, confiée à l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) "devrait être rendue avant la fin du mois", a également précisé le délégué interministériel.

Jean-Michel Malerba a prévu de se rendre en Alsace "au plus tard la semaine prochaine" pour rencontrer les élus, les représentants administratifs et la direction de la centrale.
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