Les personnels de greffe ont organisé un rassemblement mardi 29 avril 2014 devant la Cour d'Appel de Nancy à 14 heures pour peser sur les négociations en cours.
Le mouvement des personnels de greffe qui a débuté le 18 mars dernier continue.
Un préavis de grève national a été déposé par les organisations syndicales pour la journée du mardi 29 avril. Une manifestation à Paris est prévue afin de peser sur les négociations en cours.
A Nancy, les greffiers ont organisé un rassemblement devant la Cour d'Appel en début d'après-midi. Ils se sont rendus en cortège en traversant la place Stanislas pour remettre les copies des motions votées dans les différentes juridictions du ressort à Monsieur le Préfet.
Ils feront le trajet en sens inverse pour remettre les copies des mêmes documents à Messieurs les Chefs de Cour.
Un mouvement parti d'Agen
Ce mouvement dure depuis près d'un mois, mais se cantonnait jusqu'ici à des rassemblements sur les marches de dizaines de palais de justice en France, sans interruption de travail.A l'appel des cinq principaux syndicats de la profession (Unsa-Services judiciaires, CGT Chancellerie et services judiciaires, SDGF-FO, CFDT-Interco justice et C.JUSTICE), c'est un palier qui est franchi avec la première grève d'ampleur nationale depuis près de 14 ans.
C'est le grand chantier dit de la "Justice du XXIe siècle", une réforme d'ampleur en gestation, qui a mis le feu aux poudres et déclenché cette grogne venue de la base.
Parmi les très nombreuses pistes évoquées pour cette réforme figure la création d'un greffier juridictionnel, aux missions élargies. Il pourrait notamment prononcer un divorce par consentement mutuel, compétence qui relève aujourd'hui du seul juge.
Beaucoup de greffiers n'y sont pas opposés, mais estiment qu'une revalorisation préalable est nécessaire.
Ça va au-delà de la justice du XXIe siècle, a déclaré Lydie Quirié, secrétaire générale du syndicat C.JUSTICE, aux journalistes de l'AFP. Sincèrement, tout le monde a trop de travail. Il y a une souffrance terrible parce que les salaires sont trop bas.
Manque de reconnaissance
Aujourd'hui, un greffier à l'échelon le plus bas (deuxième grade) ne gagnera pas plus que 2.315 euros bruts mensuels en fin de carrière. La grille des salaires n'a quasiment pas bougé depuis 2003.La grève se tient le jour d'une réunion entre les syndicats et la Chancellerie pour évoquer la réforme statutaire. Une première entrevue avait eu lieu le 11 avril, suivie par des rencontres bilatérales, sans avancée notable.
Pour l'instant, c'est très très timide, a précisé Isabelle Besnier-Houben, secrétaire générale SDGF-FO, à l'AFP. On ne connaît pas le montant de l'enveloppe (qui serait allouée à la revalorisation) et on nous parle d'une mise en place fin 2015. C'est non.
Au-delà de leur rémunération, les greffiers en ont assez d'un manque de reconnaissance chronique.